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A la barre du HMS Forfar Empty A la barre du HMS Forfar

le Dim 28 Sep 2008, 20:52
Attablé depuis plusieurs heures à l'intérieur du King's Own, le capitaine Alex Munro ne pouvait s'empêcher de penser à sa première sortie en mer à bord du HMS Forfar. Pour la première fois depuis qu'il s'était engagé, il commandait enfin un navire. Certains de ses compagnons avaient préféré un destroyer ou autre bâtiment de guerre. Alex était différent, persuadé que les transporteurs et autres ravitailleurs étaient tout aussi utiles à l'effort de guerre, il n'avait pas hésité une seconde lorsqu'on lui demanda de formuler un choix d'affectation. Son père, ancien officier dans la Cavalerie Ecossaise avait ses contacts et une simple lettre à son vieil ami l'Amiral Cunningham aurait suffit pour que son fils se retrouve à bord d'un bâtiment plus prestigieux.

L'aller-retour vers l'embouchure d'Amsterdam lui avait plu. Il s'était aventuré en mer, loin de sa terre natale et au milieu des submersibles ennemis. Il avait eu la confiance de son équipage dès qu'il avait mis un pied sur le pont. Il avait la chance de compter parmi ceux-ci un vieil écossais aussi calé en moteurs diesels qu'en bon whisky et, à vrai dire, le jeune Munro se demandait parfois si le pire était de tomber en rade en plein milieu de la mer du Nord ou bien en rade de whisky pour assouvir les besoins et inspirations de son mécanicien. Peu importe, se disait-il, après tout, nous avons tous nos vices.
C'était le dernier soir avant un nouveau départ. Les cales de son ravitailleur étaient pleines à craquer et les quelques caisses de rhum que certains capitaines encore au large lui avaient commandées étaient difficilement logeables dans l'espace restant.

Alex avait reçu une lettre de sa fiancée qui n'avait pu venir le voir depuis Edimbourg mais elle promettait à son bien aimé de le rejoindre lors de sa prochaine escale et c'est un peu ce qui contrariait le jeune homme. A l'heure où l'issue de chaque bataille est incertaine, il aurait aimé passer quelques jours avec la jeune femme. Il savait que les forces allemandes passeraient à l'attaque sous peu vu le cuisant revers qu'elles avaient subit quelques jours auparavant. Le jeune capitaine ne se faisait pas d'illusion, le prochain combat serait dur et ce n'est pas son ancien Cruiser Canadien reconvertit en navire marchand avec pour seule défense un simple Bofor qui parviendrait à mettre en déroute un navire de guerre avec à sa tête des soldats avides de vengeance.La cale du Forfar était précieuse pour ceux qui étaient en première ligne et avec l'hiver qui arrivait d'ici 2 mois, il ne ferait pas bon se retrouver à nager dans les eaux froides de la Mer du Nord. Un frisson lui parcourut alors le dos et il avala son dram de Lagavulin. Ce dernier ne le réchaufferait surement qu'un temps mais c'était déjà ça de pris.

Laissant ses rêveries de côté, il enfila son caban pendant que la chanteuse achevait avec peine sa chanson. Il était temps pour lui de regagner le navire. Ce soir Alex préférait le confort spartiate de sa couchette aux draps de la chambre qu'il prenait habituellement quand il descendait ici. Le départ était imminent, il voulait être prêt à appareiller au plus vite. La photo de la jeune Audrey bien en vue, il s'endormit confiant...pour quelques heures seulement.


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le Ven 03 Oct 2008, 21:18
Couché depuis quelques heures, une poigne vint secouer le capitaine sans ménagement! L'amirauté avait dépêché un officier: le ravitailleur devait appareiller de suite. La mission était très risquée, les détails réduits au minimum, la seule chose que le Capitaine Munro savait pour le moment c'est que les probabilités de retour étaient aussi grandes que le nombre d'heures qu'il avait passé à dormir cette nuit là. Autant dire, minces!

L'officier était reparti, il avait enfoncé sa casquette comme s'il ne voulait pas être reconnu,conférant ainsi un caractère encore plus grave et secret à la situation. Les moteurs tournaient déjà, les amarres étaient maintenant larguées et le HMS Forfar commençait à s'éloigner du quai et prendre la direction du chenal. A part les ordres classiques aucune parole n'avait été échangée parmi l'équipage. Alex pris la barre et mit le cap à l'Est à pleine vitesse. Le Forfar était un peu lent ce soir,était-ce du à sa cargaison ou aux quelques caisses de Whisky et de rhum embaqruées en douce? Il suffisait qu'un seul ennemi leur tombe dessus et tout serait fini. Munro commençait de plus en plus à regretter de ne pas avoir vu sa fiancée.

Seamus, le vieux mécano originaire de Glasgow, était monté sur la passerelle à la rencontre de Munro. Ce dernier, s'était absenté quelques instants pour aller voir l'opérateur radio et revenait vers Seamus, un papier à la main. Malgré leur différence d'age importante les deux hommes se respectaient grandement. Aucun des deux n'avaient l'habitude de tourner autour du pot. Alex regarda le mécano et lui tendit une bouteille de Scotch.

-Profitez-en bien, il se pourrait que ce soit la dernière
-Vous plaisantez, j'en ai fait monter deux caisses pleines
-Malheureusement, nous partons au milieu des deux flottes allemandes et je crains que notre périple soit sommes toutes plus mouvementé que notre escapade au pays des tulipes et des moulins à vent.
-J'ai juste fini de bichonner les moteurs, qu'est ce que ce départ précipité cache?

Munro, un sourire en coin, lui annonça la chose non sans humour: "nous sommes supposés aller ravitailler des batiments alliés aux portes de Berlin". S'il y en a bien une à laquelle le vieux Seamus ne s'attendait pas, c'était bien celle-là.
Les deux hommes éclatèrent de rire, des rires nerveux qui ne cachait nullement l'importance de la tache qui les attendait. Finalement, pour une première mission important, le Capitaine Munro n'était pas en reste!


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le Dim 05 Oct 2008, 11:55
Il y a longtemps que la terre n'était plus en vue. Munro se tenait immobile sur le pont avant du navire. Emmitoufflé dans son caban, un bonnet enfoncé jusqu'aux oreilles, le jeune capitaine bravait le vent glacial qui sévissait par ces latitudes. La nuit noire ne lui rendait pas la tache facile et chacun sur le bateau scrutait les alentours.
Munro avait réussi à déjouer les convois ennemis et s'était faufillé avec pas mal de chance jusqu'au point e rendez-vous. La cargaison qui devait être transvasée sur le sous-marin était prête. Encore fallait-il maintenant établir le contact et procéder au ravitaillement avant que le jour ne se lève. Alex ne pouvait imaginer procéder de jour avec les allemands dans les parages. Les deux batiments feraient une cible parfaite et les chances d'en réchapper seraient alors nulles, menant ainsi les deux équipages à une perte certaine.


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le Dim 05 Oct 2008, 14:31
"Capitaine! A tribord! Des signaux!"

Le contact était établi et la lampe sémaphore était en pleine action! Le submersible allié venait de faire surface et sans les signaux, il eut été impossible pour l'équipage de le localiser de visu. Alors que les 2 bâtiments commençaient à se rapprocher pour effectuer la ravitaillement, quelqu'un se mit à crier.

"Contact à 6 heures!" Ces quelques mots furent à peine prononcés que tout le monde se rua à l'arrière du bateau. Munro commençait à être tendu et se demandait ce qu'il se passait. Il s'empara alors mécaniquement de ses jumelles Barr & Stroud de 1934 qu'il avait acquis à Southend pour quelques livres sterling et commença à scruter la mer. Quelques secondes à peine s'étaient écoulées que le radio surgit et, s'adressant essouflé à Munro, lui tendit un cable.
"Capitaine, nous sommes votre escorte envoyée par l'Amirauté. Nous avons pris en chasse aujourd'hui un sous-marin allemand. Sachez qu'il y a quelques minutes seulement, le U_171 (Type IIa) vous a tiré dessus mais vous a fort heureusement raté. Procédez aux opérations au plus vite".
Munro faillit vaciller. Non seulement il avait eut toutes les peines du monde à localiser le sous-marin mais dans la foulée un des leurs avait surgit sans qu'il s'en rende compte et une torpille ennemie venait de le rater de peu. Maudite nuit!

La suite se déroulait plus calmement: le carburant, les torpilles et les mortiers venaient tout juste d'être transférés, le coeur de Munro commençait à se calmer et il ne cachait pas sa joie de voir l'opération arriver à son terme. Alex n'avait aucune idée de la mission ou de la destination du sous-marin qu'il ravitaillait mais aux vues des derniers évènements, il ne souhaitait pas en savoir plus et n'avait qu'une idée en tête: changer de coin. Le U-boat qui les avait pris en chasse était toujours dans les parages et la plus grande des précautions s'imposait. Le Forfar se remit alors en route, suivit de près par son garde du corps.

Alors que la tension était retombée, tout le monde s'était organisé pour filer au plus vite. Les quarts avaient été soignesement organisés et la fin de la nuit avait été des plus banales.

Le lendemain après-midi, alors que Munro étudiait une nouvelle fois les cartes et que le reste de l'équipage vaquait calmement à ses occupations, un bruit sourd se fit entendre à l'arrière. Ce n'était pas le Forfar qui avait été touché mais le navire qui les escortait qui venait de lancer des ASM, l'un d'eux ayant visiblement fait mouche, une gerbe d'eau s'élevant à la surface et des débris remontaient à la surface.

Quelques minutes plus tard, le radio réapparut, la mine radieuse, et s'écria: "Capitaine! Le Capitaine Erikson vous fait dire que "ça a marché ! Nous avons coulé U_171 (Type IIa)!""

Tout le monde se mit à crier, cela faisait un poids en moins sur la mission qui touchait de plus en plus à sa fin. Munro, qui avait été très inquiet et qui avait très peu dormi au cours de ces derniers jours, commençait désormais à entrevoir une fin plus optimiste à la mission qui lui avait été confiée. Même si la tension et le stress avaient été intenses, il s'autorisait désormais à penser à des choses plus légères. Revoir Audrey était toujours d'actualité, mais pour le moment, la route restait longue jusqu'à son retour au port et rien n'empêchait l'amirauté de le dévier de son cap à tout moment, lui qui venait d'accomplir une mission risquée en territoire hostile.


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le Lun 06 Oct 2008, 23:12
Tout était calme, la quiétude régnait. La café était posé sur la table des cartes, Alex était très détendu et l'équipage semblait lui aussi apprécier ces moments de sérénité. Tous savaient que la situation pouvait basculer d'un coup, sans crier gare et qu'il faudrait alors au Capitaine et aux hommes le sang froid et les réflexes nécessaires afin que la situation ne bascule pas dans le drame.

Munro sortit sur le pont et une fois encore scrutait inlassablement l'horizon. Non. Rien... à part le Loki qui les escortait. C'était trop beau. Comment avaient-ils pu avoir autant de chance. Traverser les lignes ennemies, réchapper aux torpilles, effectuer la mission de nuit et rejoindre le port le plus proche sans être inquiété plus que cela. Alex savait désormais qu'il pourrait bénéficier de quelques jours de calme.

Le port était désormais en vue, ceux qui n'avaient rien à faire d'urgent s'étaient regroupés sur le pont pour profiter de l'instant. Ils pénétraient enfin dans la 3e plus grande ville d'Ecosse. La vue du Château de Dunnotar, au sud de la ville, était une vraie merveille même si les oiseaux en devenaient peu à peu les propriétaires naturels. L'arrivée à quai du Forfar ne signifiait pas que l'équipage pourrait débarquer pour autant. Il y avait de la marchandise à embarquer, des provisions à faire et vu l'urgence dans laquelle ils avaient dû appareiller à Southend, tous connaissaient l'importance de préparer le navire au plus vite.

Le vieux Seamus coupa les moteurs. Ca y était. Enfin. Munro décida d'aller se dégourdir les jambes et se dirigea sur Market Street. Il entendait bien ne pas perdre une seconde. Il voulait revoir Audrey. Le plus vite possible. Maintenant. Cela devenait comme une obsession. Finalement, se disait-il, le répis a ceci en commun avec le combat qu'ils sont tous deux à la fois brefs et intenses.


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le Mar 07 Oct 2008, 20:48
-"Alors, jeune homme, que pensez-vous de la Kriegsmarine?"
La question avait au moins le mérite d'être franche.
-"Monsieur, j'en pense que ce sont de redoutables adversaires et de valeureux soldats. Mais, vous savez, ils n'en sont pas invincibles pour autant. Je crois que tous les officiers de la Royal Navy s'accorderont à vous dire que la Marine de guerre allemande possède quelques fleurons, notamment le Bismarck et le U-666 Lily Marlène. Le premier a été sabordé il y a un an, je pense que nous arriverons à bout du second rapidement...tout du moins je l'espère. Ils ont quelques officiers qui forcent l'admiration, aussi bien en Mer du Nord que dans la Méditerranée. Nos alliés ne chôment pas non plus, leurs nerfs sont également soumis à rude épreuve."

Ce dîner avait été une merveille et tranchait incomparablement avec les repas qu'il prenait à bord. Munro avait eut deux jours de repos et c'était finalement dans le manoir familial que sa fiancée l'avait entraîné.
Sur le chemin du retour, Alex se remémorait ces quelques jours au calme et au chaud. Finalement le père d'Audrey l'avait ramené à la réalité. Au gré des déambulations, il ne pouvait s'empêcher de penser à l'appareillage dans quelques jours. Ce coup-ci pas de mission suicide.

Tout le monde s'afférait. Le jeune Munro était enfermé et étudiait minutieusement ses cartes. Il n'était pas question de traîner. L'officier d'intendance vint voir Alex et lui indiqua que tout était paré. Le Forfar avait de nouveau une cargaison complète et nul doute que celle-ci serait appréciée à l'arrivée. L'officier salua le Capitaine et s'en retourna. Alex n'avait toujours pas décidé de la route qu'il allait suivre. Le temps était changeant, il espérait un temps brumeux ou du brouillard, ce serait au moins une bonne couverture visuelle contre les bâtiments de surface. Il décida de quitter la pièce et se rendit à la salle des machines. Il avait toujours adoré descendre dans l'antre de la bête et se demandait encore comment les moteurs pouvait ainsi mouvoir les 16.402 tonnes d'acier. Alors qu'il était dans la coursive précédant le coeur du navire, il croisa Ernest Hardy qui venait tout juste d'embarquer afin de seconder le vieux Seamus. Nul doute qu'il allait en voir de toutes les couleurs avec le vieil écossais, mais après tout, c'était aussi une des meilleurs manières d'acquérir de l'expérience. Il passait l'écoutille et se retrouva enfin face à cette mécanique à la fois robuste et fragile qui engloutissait tant de litres d'huile. Décidément, il semblait que la consommation de liquide était une habitude en cet endroit précis du navire. Afféré à vérifier la pression le vieil homme ne vit pas son jeune capitaine. Il continuait à râler après l'Amirauté et tous ceux qui ne lui avaient pas livré les pièces de rechange qu'il attendait depuis si longtemps. Sursautant à la vue d'Alex, il esquissa un large sourire à l'idée que le capitaine avait entendu ses plaintes. Ce dernier scruta une nouvelle fois la salle des machines et réalisa à quel point cette belle mécanique devrait être poussée s'ils venaient à croiser le Lili Marlène de Dietrich Von Ludwig.


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le Jeu 09 Oct 2008, 23:14
Alors qu'il quittait le port d'Aberdeen, Munro fut contacté par le PT boat afin de procéder à un ravitaillement rapide. L'équipage, fraîchement embarqué et reposé après ces quelques jours dans le nord de l'Ecosse, se mit immédiatement au travail. Aussitôt l'Américain éloigné, le Capitaine ordonna immédiatement de mettre le cap au Nord. Les ordres avaient été clairs: il fallait rejoindre Scapa le plus rapidement possible. Le Forfar, de part son tonnage et sa cargaison, représentait une cible de choix. A pleine vitesse, il atteint bientôt la pointe Nord du pays et laissa Fraserburgth côté babord. Munro modifia le cap, et filant plein Ouest-Nord Ouest, son navire vit très vite se dessiner les Iles Orkney. Tout l'équipage non indispensable aux manoeuvres d'urgence était sur le pont. La consigne avait été brève, il s'agissait d'ouvrir l'oeil et d'éviter de se faire surprendre. Le Forfar, comme beaucoup de bateaux, n'était pas équipé de radar. La mésaventure en pleine Mer du Nord lors du ravitaillement du sous-marin avait laissé des traces, il était hors de question de commettre deux fois la même erreur. Il y avait désormais plus de vigies sur le Forfar que de radars en Grande-Bretagne.
Le Forfar passa enfin Wick puis la pointe de John o'Groats. St Margaret's Hope était maintenant à quelques yards...et de l'espoir, ce n'est pas ce qui avait manqué à l'équipage!

Passant les filets anti sous-marins, le ravitailleur se dirigea à allure réduite vers la rade où il jeta l'ancre. Jusqu'alors la chance avait sourit à Alex, il attendait désormais les ordres de l'Amirauté afin de se mettre en route.


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le Ven 10 Oct 2008, 14:42
Le radio se précipita vers la cabine de Munro. Le capitaine,extirpé de son sommeil, mit quelques minutes avant d'en prendre connaissance. Le radio, immobile, regardait Munro se décomposer à la lecture du papier. Alex n'en revenait pas. L'amirauté lui enlevait le commandement du Forfar pour une durée indéterminée. Son ravitailleur devait être délesté de toute sa cargaison et se retrouverait en cale sèche d'ici quelques jours. Cette décision laissa un goût amer au jeune Munro. Lui qui avait choisi le ravitaillement se retrouvait désormais, et pour une durée inconnue, muté à bord d'une Frégate! N'avait-il donc pas fait bonne impression en risquant sa vie et celle de son équipage dans les eaux glaciales de la Mer du Nord? N'avait il pas pris de risque ne fonçant vers Scapa alors que plusieurs flottilles allemandes y avaient été localisées par les services de renseignement?

-Sir, voulez-vous que j'informe l'équipage.
-Non
répondit Munro, convoquez moi tout le monde sur la passerelle, je vais le faire moi-même.

Sa phrase à peine finit, le radio était reparti battre le rappel. Munro, quant à lui, n'arrivait pas à réaliser, il considérait cet ordre comme absurde et ne voyait pas pourquoi il fallait qu'il change maintenant de type de navire. L'équipage était désormais réuni. Munro, expliqua la situation et, après quelques hésitations, rajouta:

Messieurs, étant donné que je ne compte pas m' éterniser sur un tank des mers, je vous serai gré de bien vouloir veiller au bon déroulement de la maintenance du Forfar. J'espère qu'à mon retour je pourrai tous vous retrouver ici et que nous reprendrons notre route au plus vite.

Quelques minutes plus tard Munro décida de se rendre au bureau de l' Amirauté de Scapa et demanda à voir le commandant de la base. Voyant la colère qui animait le jeune capitaine, l'ordonnance de l'officier supérieur réussit à convaincre ce dernier de recevoir le jeune homme séance tenante.

-Sir, pourriez-vous m'expliquer pourquoi on me retire le commandement du Forfar?
-Capitaine, nous gérons actuellement une situation de crise. vous n'ignorez pas que la moitié de la Kriegsmarine est à quelques milles d'ici. Nous avons besoin de toutes les forces possibles.
-Mais Sir, en quoi est-ce que mon ravitailleur pose problème?
-Capitaine, vous avez démontré ces dernières semaines que vous étiez capables d'aller sur ds mers peu hospitalières afin de remplir -brillamment de surcroit- vos missions. Nous souhaitons vous voir diriger une de nos frégates. Aussi à compter de demain soir, vous serez officiellement le nouveau commandant du HMS Culloden. Vous vous joindrez à vos collègues officiers afin de mener à bien la tache qui vous est confiée. Vous retournerez sur le Forfar lorsque nous le déciderons. En attendant nous sommes persuadés que le Capitaine Spaekling assurera sa mission de ravitaillement comme il a su si bien le faire jusqu'à présent.
-Sir! Je peux comprendre que l' Amirauté m'astreigne à de nouvelles missions sur des navires différents, mais...
-Mais?
-... pas Culloden, Sir! Je ne peux pas commander avec un bâtiment avec un nom pareil!
-Mais si jeune homme, vous vous y ferez!


Munro n'en revenait pas. Lui, l'écossais, on le mettait à la tête d'une frégate qui portait le nom d'une bataille où l'armée écossaise avait été simplement laminée par les anglais. Quelle humiliation!

Alex était persuadé que quelqu'un lui avait jeté un mauvais sort. Même s'il n'était pas superstitieux, il ne voyait vraiment pas comment il pouvait expliquer autrement la journée qu'il venait de vivre.


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le Sam 11 Oct 2008, 19:24
Alors qu'il se dirigeait vers le port, Alex arriva à trouver un exemplaire de The Scotsman, le journal national écossais, auprès d'un jeune gamin de 15ans. Il préférait donner quelques pences à ces jeunes garnements dont le style vestimentaire lui avait toujours fait regretter de ne pas être né 10 ans plus tard...si tant est qu'il puisse choisir sa venue au monde! A la une, le journal faisait ses choux gras de la bataille qui faisait rage au large de Scapa Flow.
Les bâtiments britanniques encore engagés jouaient au chat à la souris avec les submersibles ennemis et force était de constater que pour le moment le status quo penchait très légèrement en faveur des allemands. Plusieurs navires étaient rentrés à quai ou avaient rompus le combat suite aux avaries et coups portés par les U-Boats. Le moral des alliés n'en avait pas pris un coup, mais ce qui s'était alors présenté comme une partie de billard tournait en une partie d'échec à l'issue incertaine. D'ailleurs, cela devenait tellement complexe que chaque Capitaine appelait successivement à l'aide et de l'attaque groupée, chacun en était réduit à faire de son mieux pour ne pas finir en chaloupe ou à la nage au milieu des bancs de saumons qui frayaient non loin des côtes.
A la lecture de ces aventures, dont la teneur relevait en partie de la réalité mais donc certains détails avaient été romancés, Alex commençait à percevoir la tâche qui lui avait été confiée et comprenait en partie pourquoi l' Amirauté l'avait transféré. Le caractère urgent de la situation ne lui échappait désormais plus. Il se demanda même un court instant si au lieu de la Royal Navy, il n'aurait pas mieux fait de choisir autre chose ou de fuir au fin fond des Highlands pour la durée de la guerre!
Reprenant ses esprits, le jeune Munro se retrouva à quelques encablures de son nouveau vaisseau. L'activité qui y régnait ne laissait aucune doute sur la nature de sa mission ni sur l'imminence de son départ. Il n'espérait plus qu'une seule chose, que cette chance insolente dont il avait fait preuve jusqu'à présent ne l'ait pas quitté!


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le Mer 15 Oct 2008, 12:13
Le HMS Culloden atteignait la sortie du chenal etétait suivi par quelques mouettes. Le temps était radieux. Munro, à la passerelle, était souriant. Il avait obtenu de l' Amirauté qu'il embarqua une partie de son équipage, les autres ayant la lourde tache de préparer le HMS Forfar pour son retour. Par ailleurs, il s'était amusé de cette anecdote racontée par un officier supérieur de la Navy: Londres avait dépêché des mousses sur des barques qui avaient pour ordres de faire des ronds dans la rade de Scapa avec des clés plates dans leurs chaloupes. Leur objectif était de repérer les SOus marins ennemis si ceux-ci pénétraient aux abords de Scapa et de frapper leur périscope avec les clés en métal!* Cette simple pensée avait mis Alex de bonne humeur, il savait que sa force de frappe était bien supérieures à quelques clés à outils!

A peine de nouveau en mer et le radio ne savait plus où donner de la tête. Le second de Munro ordonna que l'on réveille le second opérateur radio. Munro lisait les cables qu'on empilait devant lui.

"G.S.Sars de Bergen coulé en pleine mer entre la Norvège et l' Ecosse. Raison inconnue"

"Submersible 'Der Kaiser' repéré au Nord-Ouest de Scapa Flow, patrouilleur US coulé..."


Barre au 347, vitesse maxi ordonna Munro. Mettez l'équipage en alerte, tous à vos postes, Sous-marin Allemand dans les parages!".

Alex avait réagit immédiatement et voulait tenter le coup. Finalement l'ennemi ne devait être très proche et c'était là une chance de tester l'équipage et le Culloden. En réalité, c'était aussi une occasion de voir ce qu'il valait au combat. Il pouvait s'appuyer sur l'expérience de son second, qui, guère plus âgé que lui, avait cependant déjà défié la 7e Flottille Allemande en Mer du Nord.

Le sonariste avait repéré le 'Der Kaiser' en 4°30W 59°45N. Ce dernier, jusqu'alors en immersion périscopique, entamait une plongée en urgence afin d'échapper au HMS Culloden. D'abord tenté d'utiliser son canon de 100mm, Munro se rendit vite compte que le Hedgehog serait plus efficace. Les armuriers avaient préparé le mortier et le premier tir du Culloden fit mouche. Le sous-marin ennemi était disloqué et les différentes parties entraînées vers les fonds sous-marins.

Alex ordonna que le navire cercle afin de pouvoir recueillir d'improbables survivants dans l'hypothèse où quelques malheureux aient pu en réchapper. Il n'en fut rien. La puissance du Hedgehog n'avait laissé aucune chance à l'ennemi, la coquille de noix qu'était le sous-marin avait été pulvérisée.

Munro ordonna de prendre un cap vers l'Atlantique. La 7e flottille allemande avait subie de lourdes pertes ces derniers jours et le dernier cable avisant de la destruction du pétrolier "Kormoran" était un indice non négligeable de la mauvaise santé de la Kriegsmarine dans le coin. La bataille serait longue, personne n'était dupe.

*Véridique


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le Jeu 16 Oct 2008, 20:52
Alors qu'il se dirigeait vers des latitudes plus clémentes, Alex commençait à se sentir plus à son aise. La côté écossaise lui était familière et il trouvait très étrange de ressentir une telle quiétude par temps de guerre. Depuis son départ de Scapa Flow, l' Amirauté n'avait attribué aucune mission particulière à son groupe. Chacun était suffisamment occupé à patrouiller et, même si elle était dispersée, la flotte restait néanmoins aux aguets. Chaque capitaine savait qu'à la moindre alerte il pouvait compter sur les autres.

Munro trouvait toujours aussi étrange son face à face avorté avec Dietrich Von Ludvig. Il regrettait même de ne pouvoir être allé au bout. Il respectait cet homme qui l'avait suivi depuis Southend . Bien que temporairement reporté, le combat entre ces deux Gentlemen resurgirait à un moment ou à un autre.

Alex répondit à quelques messages et décida de poursuivre plus au Sud. Alors qu'il passait un port, la rumeur de la possible présence de bâtiments adverses se faisaient grandissantes tant auprès des capitaines que des équipages. Les radios étaient les seuls à être directement reliés à la terre et les allégations allaient bon train. Filant à 10 noeuds, le Culloden entra dans un passage entre deux bras de mer. Personne ne pouvait donc voir ce qu'il y avait de l'autre côté de cette masse imposante que créait naturellement cette partie du rocher. La traverser prendrait facilement 24h. La crainte majeure des officiers était de voir apparaitre face à eux quelque navire allemand. Munro et son second se retirèrent dans le mess. Ils avaient emporté quelques cartes et se mirent d'accord sur une possible manoeuvre d'urgence juste au cas où. Ainsi, il était convenu qu'à partir d'un certain engagement dans le bras de mer, si un obstacle venait à surgir, la consigne était de forcer le passage. S'arrêter reviendrait à sacrifier le navire et l'équipage. Munro préférait subir des dégâts et tenter ensuite crânement sa chance plutôt que de se laisser couler sans faire quoi que ce soit. Inutile de préciser qu'il comptait un peu sur l'effet de surprise et beaucoup sur la chance. Finalement, il n'en fut rien et après 24h, l'océan atlantique s'offrait de nouveau au Culloden.

Au moment du changement des quarts, l'alerte se mit à retentir. Le navire grouillait de nouveau telle une fourmilière. Le HMS Culloden faisait désormais face à un Cuirassé de poche Allemand et à son ravitailleur.


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le Ven 17 Oct 2008, 20:44
Munro ne pouvait pas faire machine arrière. Il était décidé à aller au bout. Désormais à portée des canons du Cuirassé et en mesure d' atteindre le pétrolier-ravitailleur sans problème, Alex se devait d'agir au plus vite. Il s'attendait à être touché le premier, les allemands ne pouvaient ne pas avoir repéré le Culloden: le ciel était dégagé, on était en plein milieu de la journée et la masse de son navire ne pouvait se dissimuler nulle part, même un radeau aurait été repéré depuis des milles. Alex savait que le moindre coup d'avance pouvait être décisif. Un choix s'offrait à lui: prendre le ravitailleur pour cible au risque de se voir infliger de lourds dégâts de la part du cuirassé, ou alors crânement tenter sa chance face au bâtiment de guerre et espérer sortir vainqueur de ce duel pour ensuite espérer prendre le pétrolier en chasse.

-Messieurs, nous prenons le pétrolier pour cible. Nous devons couper tout moyen de ravitaillement pour les bateaux de la Kriegsmarine. Peu importe le prix à payer, il faut absolument l'envoyer par le fond.

Les canons de 105 crachèrent simultanément et firent mouche. Le pétrolier adverse venait d'être touché de plein fouet mais pas suffisamment pour couler. Le cuirassé n'ayant toujours pas réagi, Munro décida de se replier momentanément. Le Culloden se plaça hors de portée de son ennemi mais à distance correcte pour observer l'affolement dont faisait preuve l'équipage allemand. Les allées et venues rassuraient les Britanniques. Le pétrolier, bien que flottant encore, était en mauvais état et se devait de réparer les dommages occasionnés. Il serait donc imprudent pour le cuirassé de s'en approcher pour venir récupérer des armes ou même du carburant. Munro ordonna donc d'attendre quelques heures avant de revenir à la charge.

La nuit était tombée au large de l'Irlande. Profitant d'une baisse de luminosité, Munro se rapprocha de nouveau. Ce coup-ci, il décida non pas de reprendre sa place initiale mais contourna quelque peu le ravitailleur de façon à ce que ce dernier face écran entre lui et le cuirassé. Une fois en position, le jeune capitaine fit lancer une nouvelle salve. Là encore le pétrolier reçut la volée d'obus de plein fouet. Mais au grand désespoir de Munro, la vieille coque allemande tenait toujours debout. Alors qu'il allait ordonner une nouvelle fois que l'on fit feu, un machiniste vint prévenir la passerelle que les moteurs étaient endommagés. De fait, le Culloden était désormais immobile et une proie facile et idéale pour le bâtiment ennemi. Le navire s'était lentement immobilisé. Il lui était impossible de manoeuvrer pour parer à toute attaque.


-Comment ça immobile? Vous plaisantez?
-Non Sir, les moteusr se sont arrêtés. Nous en ignorons la cause, nous avons besoin de temps. L'équipe s'y affère, nous ne savons pas pour combien nous en aurons. Nous maintenons les deux chaudières en pression.
-Superbe! 11000 cv en rade au milieu de la mer ...Bon messieurs, j'espère que l'heure tardive jouera en notre faveur. Que les hommes se tiennent prêts à une riposte allemande. Je veux que l'on m'informe de tout mouvement. Si le pétrolier bouge nous serons sous le feu direct ennemi!

-Aleeeeeeeerte! Bâtiment ennemi à babord!! C'est un escorteur!!


La seule chose qui pouvait désormais empêcher quelque contre-attaque était la nuit tombée. Ce répit pouvait laisser à Munro le temps de réparer ou tout du moins de déplacer son navire hors de portée.

La nuit fut longue, et, à vrai dire, personne ne dormit. Au petit matin, tout était demeuré inchangé. Chacun des protagonistes était resté là. L'activité sur le pétrolier était semblable à la veille. Ce qu' Alex ne comprenait pas, c'était ce manque absolu de réaction. Pourquoi donc le Cuirassé avait laissé pendant presque 12 heures le bateau qu'il se devait de protéger à la merci des canons du Culloden? Etait-il, lui aussi, en panne?? Et l'escorteur? Il était venu se placer, se faisant menaçant. Munro n'aurait pu faire face à une attaque simultanée des deux navires. A quoi jouaient-ils??

Etrangement, cette situation dura jusqu'à la mi-journée. Soudain, sur la passerelle, on remarqua que les cheminées du ravitailleur se remettaient à expulser cette fumée noirâtre. Et alors qu'il entamait son déplacement, les hommes sur le pont remarquèrent que le cuirassé et l'escorteur agissaient de même. Les trois batiments n'étaient ni plus ni moins qu'en train de prendre la fuite vers l'Ouest! C'était tout bonnement incroyable. Le cuirassé qui aurait pu envoyer le Culloden par le fond à plusieurs reprises partait sans avoir engagé le combat! Munro n'en revenait pas, cela tenait tout simplement du miracle!

Alors qu'on l'informa des réparations en cours dans la salle des machines, Munro fit envoyer le message suivant à l'Amirauté:

"Nous n'avons pas réussi à couler le pétrolier. Celui-ci se replie accompagné de son escorte. C'est la déroute de leur côté. Sommes immobilisés suite à problèmes moteurs. Attendons les ordres.
HMS Culloden"


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le Lun 20 Oct 2008, 20:44
Munro s'entretenait dans la salle de machines avec le Chef mécanicien. Les moteurs avaient été intégralement vérifiés et réparés, les remettre en route n'était plus qu'une question de minutes. Remerciant l'équipe, Alex remonta sur la passerelle. Il devait maintenant se repositionner. Pendant tout le temps passé à chercher les avaries qui les avaient stoppés net, les allemands avaient eu le temps de se repositionner. Le cuirassé de poche, l'escorteur et le pétrolier venaient de recevoir du renfort: un nouvel escorteur et un second cuirassé. Au final, 5 bâtiments dont 4 de guerre faisaient désormais face au HMS Culloden. Le pétrolier était en retrait, les 4 vaisseaux de guerre formant un bouclier. Bien que courageux, Munro n'était pas suicidaire. Inutile d'envisager une attaque, ce serait de la pure folie. Le capitaine savait qu'il allait recevoir du renfort sous peu, le Capitaine Olef Erikson et son destroyer étaient tout proches.

Alors que la nuit venait juste de tomber, Munro décida, après en avoir informé son ami Olef, de tenter un hit & run sur le pétrolier. Cela le forcerait à contourner les 4 autres bâtiments mais après tout il avait suffisamment de ressource pour tenter sa chance et se replier sous la protection du Destroyer anglais. Aussi, vers 21h il ordonna de mettre les moiteurs en route et de filer à toute vitesse. 26 minutes plus tard, étant désormais en position, le Culloden ouvrit le feu sur le pétrolier, mais, malheureusement, le rata. Alors qu'il se préparait à envoyer une autre salve, les bâtiments de la Kriegsmarine se mirent également en mouvement afin de protéger leur précieux ravitailleur. Munro prit alors la décision de rompre le combat et de rejoindre le capitaine Erikson. Il put ensuite observer les allemands se placer en configuration de convoi, escorteurs et cuirassés serrant le pétrolier de près.

Le lendemain, Munro et Erikson convinrent de ne rien faire. Ils ne souhaitaient pas tenter la moindre action, leur infériorité numérique ne leur serait finalement pas profitable et la tentative de Munro s'étant soldé par un échec, nul doute que les allemands devaient les attendre de pied ferme.La preuve en fut qu'en fin de journée, les équipages britanniques se mirent en alerte. Les Allemands tentaient à leur tour de prendre leurs homologues par surprise. A deux doigts de se faire piéger, les deux capitaines Britanniques eurent juste le temps de sonner l'alerte et de se retirer de plusieurs milles devant la menace certaine d'allemands qui semblaient fortement décidés à en découdre. Indubitablement, le raid de Munro avait attisé un désir de revanche et la démonstration de force des allemands avaient eu un effet certains sur la Home Fleet. Durant les heures qui suivirent, les radios du destroyer et de la Frégate ne cessèrent de coder et décoder les dizaines de messages adressés tant à l'autre capitaine qu'à l' Amirauté. Il fut alors décidé que le HMS Culloden contourne les forces allemandes et se place à l'opposé du Destroyer d'Olef Erikson, de façon à faire douter leurs adversaires. Ainsi donc, Olef restait seul face aux 4 bâtiments allemands et Munro ayant contourné le position avait désormais le pétrolier interposé entre son navire et les bâtiments de guerre.

C'est sur ce status quo que la nuit commença. Munro rejoint alors sa cabine pour se reposer un peu. Après avoir bu un dram de Whisky il s'allongea sur sa couchette et s'endormit. Pas pour bien longtemps à vrai dire. Une situation fort inattendue laissa l'équipage du Culloden sans voix: ils essuyaient les tirs...du pétrolier!! Fort heureusement, les tirs approximatifs n'eurent aucune conséquence sur la Frégate mais il fallut plusieurs minutes avant que les hommes de Munro arrivent à réaliser ce qui leur arrivait. Ce dernier ordonna alors d'ouvrir le feu et les canons de 105mm envoyèrent 3 salves consécutives qui vinrent se loger dans la carcasse du pétrolier. Et c'est plein de dépit qu'Alex dut une nouvelle fois constater que ce fichu pétrolier n'était vraiment pas décidé à couler.
Ne souhaitant pas s'engager dans un combat long et étant pratiquement à cours de munition, le jeune écossais prit la décision de se diriger vers un port. Le voyage serait long mais il devait désormais rentrer et ravitailler. Il laissait son ami Olef sur place, ce dernier était épauler depuis quelques heures par les forces Américaines qui stationnaient dans le coin.

Retournant dans ses quartiers, le Capitaine ouvrit son carnet de bord et y écrivit ces quelques lignes.


Le 16/10 à 13h02 : Nous avons fait feu sur Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) et l'avons touché
Le 17/10 à 06h14 : Nous avons fait feu sur Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) et l'avons touché
Le 18/10 à 21h26 : Nous avons fait feu sur F7 (Escorteur Flottenbegleiter) mais le tir a échoué
Le 20/10 à 06h05 : Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) nous a tiré dessus mais nous a raté
Le 20/10 à 06h05 : Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) nous a tiré dessus mais nous a raté
Le 20/10 à 08h22 : Nous avons fait feu sur Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) et l'avons touché
Le 20/10 à 08h22 : Nous avons fait feu sur Westerwald (Pétrolier-ravitailleur) et l'avons touché
Le 20/10 à 16h07 : Rompons le combat. Besoin de ravitaillement.


Dernière édition par Alex Munro le Sam 25 Oct 2008, 10:36, édité 1 fois
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le Mar 21 Oct 2008, 20:31
Remontant vers le Nord, Munro contacta l'Etat Major et lui fit part de son intention de regagner Loch Ewe afin de s'y ravitailler en carburant et munitions. La passerelle était calme, la tension des derniers jours commençait à retomber et chacun était bien, commençant à envisager les choses sereinement. L'aller-retour vers le port écossais prendrait 4 jours à lui tout seul et il faudrait au moins une journée de plus pour réapprovisionner. L'équipage ne cachait plus sa joie. La Kriegsmarine était en difficulté au large de l'Irlande et une force suffisante se déployait et prenait la relève. Alex avait l'impression d'avoir été utile et ses harcèlements successifs l'encourageaient et le motivaient de plus en plus.

C'est alors que le HMS Culloden fut contacté par l'Amirauté. Les commandants de la Royal Navy leur intimaient l'ordre de se dérouter plus à l'Est, de ne pas rejoindre Loch Ewe et d'entrer en contact avec le Ravitailleur du Capitaine Spaekling: le Lys Flower. Soudain la bonne humeur générale disparut. La désillusion était grande. Il semblait donc que le retour dans un port et quelques heures de repos à terre fussent repoussées. Mais à quand?

Munro ordonna de passer en vitesse lente et de cercler en attendant l'arrivée du ravitailleur. Il demanda au radio de contacter ce dernier après lui avoir remis un bref état des lieux de ce qu'il demandait à Spaekling de faire transvaser à bord.

Les deux navires étaient désormais bord à bord, les tuyaux et cables acheminant carburant, munitions et nourriture étaient déployés à quelques mètres seulement au dessus des vagues telle une toile d'araignée. Les hommes portaient leur gilet de sauvetage et coordonnaient la manoeuvre. C'était un ballet réglé au millimètre. Finalement, le Lys Flower entama la procédure de séparation et commença à se laisser décrocher par le Culloden. une fois à bonne distance, Munro fit augmenté la vitesse et mit le cap sur la zone de combat. Néanmoins pour le moment, il n'envisageait pas de passer à l'attaque dans l'immédiat.. Vu ce que l'équipage avait donné et affronté ces derniers jours, il était bien décidé à donner à ses hommes le plus de repos possible avant la prochain assaut de la Homme Fleet.


Dernière édition par Alex Munro le Sam 25 Oct 2008, 10:36, édité 1 fois
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le Sam 25 Oct 2008, 10:36
Cela faisait maintenant plus de 48h que l'équipage du Culloden était en retrait de la flottille. La Home Fleet s'était lancée à la poursuite des quelques navires allemands mais Munro avait jugé bon de ne pas y prendre part. Il avait déjà contraint ses hommes à beaucoup d'efforts et souhaitait maintenant les ménager.

En ce matin d'Octobre, il faisait assez froid. L'activité était réduite à bord. Sur la passerelle, chacun était détendu et savourait un thé ou café chaud. Le HMS Culloden continuait sa route vers le Sud, à son rythme.

Alors qu'ils discutaient de ce qu'ils feraient à la fin de la guerre, s'ils y survivaient, les officiers furent interrompus par un des radios.

-Sirs, voici un câble de l'amirauté
-Thanx chap!


Après quelques secondes, Munro ne put s'empêcher d'esquisser un large sourire:

-Messieurs, nous rentrons! L'amirauté nous sommes de rejoindre l'Angleterre au plus vite. Demandant à son second de s'approcher, Alex prit alors un ton solennel. Capitaine G.M. Watts, j'ai le plaisir de vous informer que vous serez officiellement le nouveau Commandant du HMS Culloden à compter de notre arrivée à destination. Pour ma part, l'Etat Major m'informe que le HMS Forfar, ayant été jugé apte à repartir, a été remis à l'eau et qu'il appareille pour Plymouth. Je dois en reprendre le commandement sous très peu.

Watts remercia Munro pour cette nouvelle. Les hommes savaient désormais qu'ils ne leur restait que peu de temps avant de pouvoir enfin remettre le pied à terre. Les espoirs envolés de Loch Ewe étaient désormais oubliés. A moins de rencontrer un convoi allemand en route, la fin Octobre s'annonçait particulièrement calme.
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le Sam 25 Oct 2008, 19:01
- Sir! message urgent de l'Amirauté! Nous devons nous regrouper. Toutes les permissions ont été annulées.

L'incompréhension la plus totale régnait sur la passerelle. Pour la seconde fois en l'espace d'une heure, le HMS Culloden était dérouté. Visiblement la confusion la plus totale touchait l' Amirauté. Munro était furieux, Watts embarassé. Un silence de plomb s'établit alors. Alex était pensif et soucieux. Il se dirigea vers la salle du radio d'un pas décidé, prenant tout le monde de court.
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le Dim 26 Oct 2008, 09:14
Le capitaine avait surement traversé le navire plus rapidement que quiconque auparavant. Le pas décidé de Munro ne laissait entrevoir rien de bon et trahissait ses intentions d'en découdre avec l' Amirauté. Alex ne supportait plus les contre-ordres. Il connaissait les conséquences de telles annonces sur un équipage. Même s'il ignorait ce qui attendait la Home Fleet dans les semaines à venir, il savait que le moral était la donnée la plus importante. Annoncer deux fois de suite à ses hommes qu'il fallait oublier une permission n'était pas positif en soi. Alex voulait un équipage prêt à tout instant. Si les plus anciens avaient les épaules suffisamment solides et l'expérience nécessaire, il jugeait néanmoins urgent et vital de s'expliquer clairement avec l'Amirauté. Le radio l'entendit arriver. A peine était il entré dans la pièce que celui-ci qu'il dicta:

Pour l'Amirauté du HMS Culloden.
Demandons confirmation déroutement vers le Sud. Moral très bas. Exigeons explications immédiates. Informations données jugées insatisfaisantes.
Cpt Munro.


Après quelques minutes d'attente, le radio se mit à écrire frénétiquement.


From: Admiraulty
To: H.M.S. Culloden

Vous confirmons de rejoindre la flotte. Executez les ordres sans discuter. Informations détaillées sous peu. Avisez réception du message.


Munro se saisit du livre de codes posé sur la coin de la tablette et le fit voler dans la pièce. Le radio ne pipa mot et resta stoïque. Ramassant le livre et le reposant à sa place, Munro quitta ensuite la pièce et rejoint la passerelle. Tout le monde le regarda et n'osa lui poser de question.
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le Lun 27 Oct 2008, 08:14
Le Culloden était balloté par les flots. La météo était mauvaise en ce 27 Octobre et les prévisions n'annonçaient pas d'amélioration pour le moment.

Vent Nord Nord-Ouest force 5 à 6, rafales à 33 noeuds. Orages.


Les bateaux en mer étaient au milieu d'un grain, le ciel était comme un rideau noir, la mer semblait engloutir tout ce qui s'était aventuré en dehors des ports. Les creux qui se formaient en auraient fait frémir plus d'un. Heureusement se dit Alex je ne suis pas à bord d'un caboteur ou d'une barque.

Le jeune écossais avait toujours adoré ce temps-là et les jeux de lumières lui apportaient une certaine quiétude. Cependant, les eaux dans lesquelles il croisait n'étaient pas des plus hospitalières et malgré la houle et les conditions climatiques défavorables, la présence proche de submersibles allemands ne le rassurait guère. Peut-être était-ce de l'intuition, toujours est-il que le Capitaine Wade Hampton envoya un message à tous les navires présents dans la zone: le capitaine Mike Eagle et son PT Boat venait de se faire torpiller par le Z51 et Z29.
Déjà sur leurs gardes, les hommes du Culloden furent mis en alerte, l'ennemi était plus proche que beaucoup le pensaient.
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le Lun 27 Oct 2008, 09:33
Alex était affecté par la disparition de Mike. Les deux capitaines s'étaient rencontrés ce mois lorsque la Home Fleet remontait vers Scapa Flow, Alex avait ravitaillé son ami peu après avoir quitté Aberdeen. Tous ignoraient le sort de l'équipage américain, la seule donnée dont on fut sur était le message envoyé par son radio: "avons été torpillés, nous coulons"

En ce matin de tempête, l'Atlantic Fleet payait un lourd tribu. A peine la disparition de Mike annoncée, un second message provenant de l'Amirauté glaça le sang de l'équipage: "Submersible US Capitaine Robert kefauver coulé -STOP- Ennemi non localisé -STOP- Alerte maximale pour tous".

La journée allait être longue, le trajet vers le rocher aussi. Les deux flottes avaient peiné à se regrouper, le voyage à peine entamé et déjà deux capitaines de poids se retrouvaient à nager dans les eaux glaciales de l'Atlantique. Les hommes du Culloden avaient rejoints leur poste de combat.
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le Dim 02 Nov 2008, 11:55
Cela faisait plus de 24h que le HMS Culloden avait accosté à La Corogne. Le capitaine et son équipage avait pris quelques heures avant de repartir. Munro se balladait dans la ville mais ne s'y attarda pas. Ce port du nord de l'Espagne faisat partie de ces ports dits "neutres" et qui, contrairement aux ports Britanniques, étaient réputés pour leur forte concentration d'espions. Alex savait que le Culloden n'était pas déjà à quai que l'état major de la Kriegsmarine avait déjà été alerté de la présence de la frégate. Evidemment, l'ennemi savait déjà où se rendait la Home Fleet et la destination du Culloden n'était plus un secret. Son arrêt à La Corogne était peut-être le seul "imprévu" dans l'histoire.

Munro hâta le pas. La ville ne lui plaisiait pas, ou plutôt la possibilité de rencontrer quelqu'un de l'axe. De plus des rumeurs circulaient ccncernant la présence du Pinguin, un des navires corsaires allemands, au large des côtes Espagnoles. Même si ce n'était qu'une rumeur, cela ne rassurait en rien Alex, il connaissait fort bien l'histoire légendaire de l'Altlantis, le "frère" du Pinguin torpillé fin 1941 après 500 jours en mer et avec 98000 tonnes ennemies coulées! La course poursuite entre les navires de l'Axe et la Home Fleet inquiétait suffisamment le jeune écossais, et un ennemi supplémentaire n'était pas la meilleure nouvelle.

A peine à bord, ordre fut donné de mettre en route et de larguer les amarres. La pause à La Corogne n'était qu'une courte escale dans ce long périple qui devait amener le Culloden jusqu'à Gibraltar. Munro avait néanmoins reçu une bonne nouvelle cette journée là. On l'avait informé de l'arrivée imminente du HMS Forfar à Plymouth.
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le Mar 04 Nov 2008, 19:05
Le Culloden se dirigeait à pleine vitesse dans le détroit de Gibraltar. Le rocher était en vue. Tout le monde sur le navire était en état d'alerte. Soudain, deux messages furent émis successivement par le navire amiral de la flottille:

"Présence d'ennemis dans le secteur, à vos sonars et efficacement"

"Un ravitailleur vient d'être coulé!"

Les sonars du HMS Unsikable et du Ironfire n'avaient pas détecté la présence ennemie. Celui du Culloden non plus d'ailleurs. Alors que Munro se demandait lequel des deux ravitailleurs présents dans la zone était en train de couler, le Capitaine Roby Everhere signala la présence d'un U-Boot type IIa en face de Gibraltar.
Les vigies du Culloden remarquèrent alors la présence du U-312 en immersion périscopique. Celui-ci allait sûrement lâcher ses torpilles contre un des trois batiments présents. Munro ordonna immédiatement un grenadage avec le Hedgehog. L'action ne laissa aucune chance au submersible allemand qui fut touché de plein fouet. Les débris jonchaient la zone. Dans l'urgence, Alex fit contacter le reste de la flottille.

Le 04/11 à 18h35 : Nous avons fait feu sur U-312 (Type IIa) et l'avons touché
Le 04/11 à 18h35 : Nous avons coulé U-312 (Type IIa)


Il ne connaissait toujours pas l'identité du ravitailleur coulé mais ce dernier avait été vengé. Il priait pour que ce ne fut pas celui de son ami William mais le pire était à craindre: le ravitailleur américain était désormais en vue.
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le Dim 09 Nov 2008, 10:02
Ce que tout le monde craignait s'avéra malheureusement exact. William Spaekling et son équipage avaient été attaqués par le U-312. Le Lys Flower avait sombré. La Royal Navy basée à Gibraltar avait pu envoyer un Hydravion de reconnaissance. Ce dernier avait repéré le capitaine et une partie de ses hommes dans des canots. La mer en avait épargné un bon nombre. A l'heure actuelle ces derniers étaient rapatriés vers le rocher. C'était le soulagement pour Alex.

Ce dernier venait de passer Oran et remontait plus vers le nord. Les latitudes où le Culloden croisait étaient nettement plus appréciables que la mer du Nord. Il y faisait chaud et beau, le temps était calme. Les officiers étaient attablés et savouraient leur diner. Le cuisinier avait fait preuve d'audace en préparant des calamars à la romaine, nul doute que la X° Mas aurait appréciée le clin d'oeil du chef. Alors que chacun échangeait sur les activités respectives des uns et des autres lors de l'escale de Gibraltar l'alarme retentit soudainement. Laissant les verres pleins sur la table et le cuistot à ses assiettes, les officiers rejoignirent la passerelle à la hâte.

-Sir, un bâtiment allemand. Un cargo au 010°

Munro et Watts se regardèrent. Qu'est-ce que ça cache pensa Munro. Un cargo au milieu de la Méditerranée. Sans escorte? Impossible. Il doit y avoir un submersible dans les parages

Alex ne croyait pas à la chance sur ce coup-là. Pour lui cela sentait le piège.

Mettez-nous à portée de tir du cargo. Je veux que les sonaristes me surveillent le moindre bruit. Que l'on soit prêt à grenader au besoin. Je veux tout le monde en alerte maximale maintenant. Préparez-vous à une manoeuvre d'urgence!

On aurait difficilement fait plus clair. Maintenant à portée de ses canons, Munro se retourna vers le sonariste. Rien. Pas un bruit suspect. Soit le Cargo était vraiment seul, soit les allemands avaient stoppé et étaient diablement discrets.


- Logez moi une salve sur ce navire!
.
Après quelques secondes, les canons de 100mm crachèrent en coeur.
- Coup au but Sir, nous avons détruit leur radio! Ils ne peuvent plus émettre.
- Parfait, préparez-vous pour une seconde salve


La nuit était tombée. Alex prit alors la décision de stopper le combat et de rester proche du cargo. Ce dernier n'était plus en mesure de signaler l'attaque ou d'appeler à l'aide. Le Culloden pris un peu de distance et stoppa les machines. Le cargo allemand était désormais immobile. Le chasseur et sa proie se faisaient face. La nuit proposa une courte trêve aux deux équipages. Munro se refusa à aller dormir. Faisant état de son attaque, Munro reçu alors la nouvelle que les ports de Rabat, Casablanca et Oran étaient tombés et étaient désormais des bases alliées. L'action de sape des Home Fleet et Atlantic Fleet réunies avaient été un succès. L'Amirauté ordonna alors à Munro de rentrer immédiatement à Gibraltar.
Alex était mitigé. D'un côté il allait rejoindre le reste de la Home Fleet, d'un autre il voulait en finir avec le Kaulogeïn.

Le jour se levait, il n'était pas encore 8h et Munro donna l'ordre de se repositionner à portée du cargo qui commençait à s'éloigneret de tirer une seconde salve. Celle-ci fit encore mouche et endommagea la coque du transporteur allemand qui prenait la fuite. Il fit envoyer un message à Gibraltar indiquant qu'il engageait une nouvelle fois le cargo avant de rentrer et qu'il souhaitait le poursuivre avant de rentrer.

Nous avons fait feu sur Kaulogeïn (Cargo ) et l'avons touché. Poursuivons cible et rentrons ensuite.


La réponse ne se fit pas attendre:
HMS Culloden. Abandonnez poursuite et rentrez immédiatement. Présence indispensable à Gibraltar dans les plus brefs délais!

A contre-coeur, Alex renvoya une réponse faisant état de l'abandon du combat. Il fit mettre la barre au 240°. Le Kaulogeïn filait maintenant vers Toulon pour réparer. Nul doute que l' Axe réceptionnerait la cargaison sans mal. Munro, déçu, se demandait maintenant pourquoi l' Amirauté exigeait qu'il revint aussi vite vers le Rocher.
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le Mar 11 Nov 2008, 09:33
Mardi 10 Novembre 1942.

Les hommes s'affairaient autour du Culloden pour l'amarrer. Alex quitta la passerelle et s'apprêtait à débarquer. Il ignorait pourquoi l' Amirauté l'avait contraint à revenir et il souhaitait en savoir plus. Alors qu'il allait descendre à quai et se rendre au bureau de Gibraltar, il fut surpris de voir son comité d'accueil. Une jeep de MPs, un équipage prêt à embarquer, le responsable de la Royal Navy et Peter Algernoon. Que diable venaient ils faire ici? Pour un tel accueil? Et cet équipage? A quoi cela rimait-il?

- Capitaine Munro
- Sirs!
- Capitaine, vous allez repartir dans quelques heures à bord d'un Destroyer. Nous vous demandons de transférer votre équipage sur le nouveau navire. L'équipage que vous voyez ici va prendre votre frégate.
- Sir, pourquoi? Je suis supposé rallier l' Angleterre et y reprendre le commandement du HMS Forfar. Cela m'avait été promis et confirmé par l' Amirauté à Scapa Flow!
- Je regrette Alex,
dit Algernoon, ce n'est pas possible. Le Forfar a été abîmé lors de son convoyage depuis l'écosse. Nous ne pouvons pas te laisser reprendre la mer avec où toi et ton équipage seriez condamnés. La transporteur a été de nouveau mis en cale sèche. Tu prends le commandement du destroyer et tu remontes. On se revoit d'ici une heure sur le HMS Tartar.

Dépité le jeune Capitaine remonta à bord et convoqua ses subalternes dans le mess.
- Messieurs, nous changeons de navire. Nous passons sur le HMS Tartar et nous remontons. Capitaine Watts, votre heure est venue. Vous deviez prendre le commandement du Culloden à Plymouth, finalement, ce sera ici. Votre nouvel équipage va embarquer. Félicitations Capitaine!
- Félicitations à vous aussi et bon courage. J'espoère que nous nous reverrons en Angleterre Alex!


Lorsqu'il traversa le port pour aller vers son nouveau bâtiment, Alex se rendit compte qu'une nuée de matelots était en train d'embarquer tout le nécessaire pour une nouvelle campagne en mer. Il sourit au passage d'un soldat du Royal Scots. Le kilt et Tam lui rappelaient sa terre natale. Face au Tartar, Alex était admiratif. Les 8 canons de 120mm de ce qu'il avait eu auparavant. Et s'il avait repris les rênes du Forfar l'armement n'aurait vraiment pas été le même. Finalement même en passant sur Destroyer il regrettait presque le Hedgehog qu'il avait sur sa frégate.

Alors qu'il s'apprêtait à monter à bord, il sentit une tape amicale sur son épaule. Peter Algernoon l'avait rejoint. Son ami l'accompagna jusqu'à la passerelle. Ils étaient là, seuls.

- Alex, l'Amirauté est bien consciente des efforts qu'elle t'a demandée. Nous sommes désolés pour le Forfar. Nous voulons que tu reviennes au large de l'écosse et que tu essayes de stopper tout batiment de surface qui pourrait épauler le U-666 de Von Ludwig. Il nous a fait mal au large de Scapa. Nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir un adverse aussi dangereux au large de nos côtes. Tu dois faire de ton mieux pour le trouver. Vois aussi le bon côté des choses: cela donnera le temps à nos gars de remettre ton ravitailleur en état. Comme neuf!

Alex était un peu déçu de ce nouveau changement. On lui demandait une fois encore de reporter ses projets ou ses envies. Mais n'était-ce pas la guerre au fond? Et puis, il n'était pas le plus mal loti! Alors qu'il était un peu perdu dans ses pensées, une jeep arriva en trombe et pila devant le navire. Un homme monta en courant jusqu'à eux, salua les deux officiers et, à bout de souffle, leur dit:

- Sirs! Le Croiseur Lourd Allemand Hipper est devant le port!


Dernière édition par Alex Munro le Jeu 13 Nov 2008, 18:44, édité 2 fois
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le Mer 12 Nov 2008, 14:39
Contrairement à ce qu'il pensait , il fut impossible à Munro de quitter le port et d'engager le combat avec le Hipper. Son navire était encore à quai et il n'avait pas d'idée de quand il pourrait appareiller. Il avait même du regarder partir "sa" frégate sous les yeux éberlués de l'équipage.

L'intendance et le chargement posaient problèmes. Il avait fallu plus de temps que d'habitude pour charger les munitions, et c'est ce qui inquiétait vraiment Alex! Il n'avait aucune connaissance d'un destroyer, tout du moins en pratique.

Alex se montra nerveux, beaucoup plus qu'il ne l'était lors de son premier commandement. Il était à la tête d'un monstre dont il ne connaissait pas bien les entrailles, il allait devoir parcourir une partie de l'Europe avec une nuée de sous-marins dans les parages et sur un bâtiment dont il ne maitrisait pas toutes les subtilités. Accoudé sur le pont, il regardait les matelots grouiller autour du navire, montant et descendant telles des fourmis. Alors qu'il tourna la tête vers le large, il ne put croire ce qu'il vit: un chalutier armé allait accoster avec à son bord le capitaine Spaekling et quelques uns de ses hommes, emmitouflés dans des serviettes! Incroyable! En quelques jours, William avait été coulé une seconde fois. Fou de rage, ce dernier sauta sur le quai et, toujours bouillonnant et faisant de grands gestes, expliqua à l'officier qui vint l'accueillir qu'il avait été coulé par le Hipper. Malgré son infortune il était vivant, ce qui réjouit son ami Alex. Ce dernier finit par esquisser un sourire face à la situation. Il était même tenté d'aller proposer à William de revenir en Angleterre à bord dur Tartar.
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le Mar 18 Nov 2008, 15:51
Le destroyer avait rejoint quelques bâtiments britanniques au large de Gibraltar et faisait désormais face au Hipper et à son Escorteur. Tout le monde se regardait en chien de faïence et chacun attendait de l'autre qui bougea le premier. Et à ce petit jeu là, les allemands surprirent leur monde. Les deux navires de surface teutons se mirent rapidement à portée de tir du HMS Tartar et ouvrirent simultanément le feu. LA panique gagna le navire britannique. Les coups au but s'enchainaient et la situation devenait de plus en plus préoccupante, pour ne pas dire critique. Munro hurlait dans tous les sens et la volée d'obus reçue ce jour-là aurait fait perdre son sang froid au plus expérimenté des capitaines.

- Faites feu bon dieu, vous voulez rentrer à la nage? s'époumona Alex.

Toujours rien. Les canons du Tartar restèrent silencieux.

- Barre à 180° nous rompons le combat!
- Sir, ce n'est pas possible!
- Pas possible? On n'a pas été capable d'ouvrir le feu ne serait-ce que sur leur Destroyer, on a un problème avec les tourelles. Que voulez-vous que j'ordonne? Qu'on reste sous leur feu continu pour réparer? Vous plaisantez?


Alors que le Tartar virait de bord et se dirigeait de nouveau vers le port qu'il avait quitté il y a quelques heures, la tension sur la passerelle était palpable, personne n'osait s'adresser à Munro, qui était planté là, livide. Ce dernier était dans une rage folle. Pas une seule des tourelles n'avait fonctionné! Pas une! Aucune explication n'avait pu lui être apportée et il devait maintenant rendre compte à l'Amirauté.

- Evans!
- Sir?
- Prévenez Gibraltar, nous rentrons et réparons! Ils ont 48h!
- Bien, Sir!


Le radio ne s'était pas fais prier et tapait frénétiquement son message. Munro laissa le commandement à son second le temps de descendre vois les mécaniciens et ingénieurs. Il voulait comprendre ce qui n'avait pas fonctionné. Le Hipper n'était plus à portée, il avait redirigé ses canons vers d'autres batiments anglais.
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