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le Mar 03 Fév 2009, 11:30
Edward Charles Hogg entrait dans sa trente-cinquième année. C'était un homme de stature moyenne, environ 1m75, roux, un pur écossais de souche et fier de son pays. Avant l'entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Edward vivait avec sa femme, Emily, dans l'embouchure du Firth of Forth, non loin d' Edimbourg. Il sillonnait les côtes britanniques et la mer du Nord avec son chalutier. Bien que non militaire dans l'âme, Edward n'hésita pas à s'engager au début du conflit et, comme beaucoup de ses amis d'enfance, il opta tout naturellement pour la Royal Navy. Si beaucoup d'entre eux choisirent l'aventure au sein des sous-marins, la claustrophobie de notre capitaine le mena à postuler pour commander un navire de surface. Edward connaissait les dangers des convois et il avait pu assister impuissant à quelques naufrages causés par les forces de l' Axe. Pour lui, le ravitaillement était un point central de l'effort de guerre et il comptait bien y participer.
Après avoir rejoint la base de Scapa Flow, le capitaine Hogg se précipita au bureau de l' Amirauté. Il était à la fois impressionné et nerveux à l'idée de recevoir ses premiers ordres. Alors qu'il entra dans le bureau de l'officier commandant la base, il y trouva également un homme d'une cinquantaine d'années et un jeune quartier maître de première classe. Ces deux gaillards faisaient partie de son équipage et représentaient à eux d'eux l'expérience et la jeunesse.
Marchant d'un pas décidé vers le port, les trois hommes se jaugèrent. Ce fut le chef-mécanicien qui brisa le silence et demanda au capitaine quels étaient ses premiers ordres. Hogg lui répondit qu'il souhaitait appareiller sous 24 heures, que la destination serait, pour des raisons évidentes, gardée secrète pour le moment. Il souhaita que le navire fut chargé à la hâte. Et c'est en arrivant devant son marchand côtier qu'il vit son équipage déjà à l' oeuvre. L'amirauté avait déjà ordonné d'embarquer le nécessaire et les hommes se pressaient. La température en cette fin de Janvier 1943 était digne de la réputation des Highlands.
Edward leva le nez et vit le nom de son bateau écrit en lettres blanches sur la flanc de la proue: The Lothian Mist. Il esquissa un sourire, le nom n'aurait pas pu être mieux choisi: lui qui venait des Midlothian, il ne connaissait que trop bien cette brume qui régnait au milieu du Firth of Forth lorsqu'il partait en mer avec son chalutier. Il demanda ensuite à ses deux compagnons de le suivre vers la passerelle, il souhaitait désormais faire un point sur les équipes et les marches à suivre. Il était désormais temps d'apporter sa pierre à l'édifice.
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le Sam 07 Fév 2009, 16:06
Le Lothian Mist entamait sa première croisière avec son nouveau capitaine à bord.
Hogg prenait enfin le temps de se réchauffer dans le carré des officiers, il y savourait un bon café chaud tout en étudiant soigneusement les cartes. Il avait voulu longer les côtes en toute sécurité et avait planifié un appareillage de nuit, malheureusement la mise en route fut plus longue que prévu et le capitaine dut se résigner à sortir du port en plein jour.

Après plusieurs heures, le phare de Fraserburgh fit son apparition, solidement ancré au bord de la falaise balayée par les vents et façonnée par le climat rude de la mer du nord. Le cap fut mis plus au Sud et, les conditions météo aidant, la vitesse du navire permettait d'espérer une arrivée plus rapide que prévue au large de l'Angleterre. Il ne fut pas surprenant de rapidement découvrir l'embouchure du Firth of Forth. Edward sortit sur le pont et s'appuya au bastingage. Il n'était maintenant qu'à quelques encablures de chez lui, il s'imaginait Emily quelque part sur le bord de mer à Portobello, se tenant là, debout, scrutant inlassablement les bateaux afin de voir son mari passer. Le jeune homme se résigna cependant à poursuivre ce rêve improbable, lui qui n'avait pas pu parler à sa femme depuis plusieurs semaines. Il put distinguer quelques unes des batteries anti-aériennes disposées tout autour de la capitale et tenues par les artilleurs ou volontaires de la Home Guard. A l'aube de ce conflit si soudain, et vu son âge, peu de possibilités s'étaient odderftes à lui: rejoindre le 603e escadron la RAF basé à l'aérodrome de Turhnouse, opter pour un des rares régiments de blindés ou d'infanterie locaux ou s'engager dans la Royal Navy. Finalement la dernière possibilité s'imposa de soi, Edward ne se vit pas renier sa vie civile et son amour pour le grand large.

La proue du ravitailleur fendait l'eau froide d'une mer devenue, par la force des choses, inhospitalière. Dans le coin, même le Dogger Bank, qui n'était pourtant pas sur la route directe du Lothian Mist, était à redouter si la météo se dégradait soudainement. Chacun était des plus attentif et la vigie plus que tout autre à bord. S'il faillait à sa tache, les conséquences pourraient être dramatiques. Mais il en fallait plus pour faire peur à un écossais.
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le Sam 21 Fév 2009, 23:47
Alors qu'une bonne partie de la Home Fleet effectuait un recul vers Southend en ce début de Février, Edward arriva enfin en vue de sa destination. Il laissa Norwich et se dirigeait maintenant le long de la côte vers Ipswich. Il se savait plus en sécurité, même si les U-Boote rodaient dans le coin, les chances d'être envoyé par le fond si près des côtes étaient très minces.
Rentrant très lentement dans le port, Edward portait le regard partout où il le pouvait. Il voulait juste faire bonne impression et la manoeuvre de son transporteur nécessitait une attention particulière du fait de la longueur du bâtiment. La passerelle fut installée et Edward se dirigea vers le quai. Face à lui se dressait un officier supérieur de l'Amirauté. L'homme, la cinquantaine, eut quelques mots polis envers le capitaine et l'amena à l'écart. Les deux hommes discutèrent une dizaine de minutes pendant que sur le quai une équipe acheminait une cargaison à bord du Lothian Mist. Hogg salua son supérieur et remonta à bord à la stupéfaction générale.

"Retirez la passerelle! Que les officiers me rejoignent dans la salle des cartes!"

Quelques minutes plus tard, ces derniers reçurent les dernières nouvelles de la part de leur capitaine.
"Messieurs, je suis au regret de vous annoncer que nous repartons sur le champ, nous remontons sur Scapa Flow, nous sommes requis sur place pour assurer le ravitaillement de la Flottille, quelque chose se prépare et il nous incombe d'avitailler nos collègues. Nous procèderons néanmoins à un transordement de munitions après la sortie du port. Veillez à ce que vos équipes soient prêtes".

Alors que les hommes se dispersaient sur tout le navire, Hogg fit passer une liste à l'officier intendant. Le trajet se ferait à pleine vitesse, il n'y avait pas une minute à perdre et les consignes de l'Amirauté avaient été des plus claires. C'est ainsi qu'en fin de journée le transporteur repassait la pointe Sud-Est de l'Angleterre, leur vitesse semblait bien lente comparée à celle des Bombardiers de la RAF qui décollaient de Manston à quelques centaines de mètres de là. Il y avait finalement très peu de différences entre l'équipage du transporteur et celle des Lancasters, la même incertitude quant à leur retour sur la terre ferme, à la réussite de leur mission et à l'attitude de l'ennemi. Pourtant les uns et les autres se savaient investis d'une mission qui leur était chère et qu'ils étaient prêts à payer de leur vie.
Les appareils avaient maintenant disparu et la nuit tombait. Chacun s'afféra désormais à se concentrer sur la navigation, utilisant les lueurs de la côté et les cartes. Hogg décida d'éviter de trop naviguer en ligne droite pour ne pas se rendre trop vulnérable. La nuit, glaciale, ôta toute envie à quiconque de sortir sur le pont. Edward refusa d'aller dans ses quartiers. Il s'accrocha alors à as tasse de thé aux saveurs de pêches, c'était là la seule chaleur qu'il souhaitait. La nuit allait être longue.
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le Mer 04 Mar 2009, 09:14
Scapa Flow était à nouveau en vue. En un temps assez court, Hogg et son équipage avaient fait un aller-retour entre le Nord de l' Ecosse et le Sud de l'Angleterre. Ce ne fut certainement pas le voyage rêvé mais cela laissa le temps au capitaine de prendre son navire en main et d'avoir un aperçu des possibilités que ce dernier lui offrait.

Alors qu'il s'approcha des deux phares qui dominaient l'entrée de la rade, Edward fit stopper les machines au plus près du destroyer d'Olef Erikson. Les deux hommes se connaissaient bien, ils avaient fait connaissance par le passé et avaient déjà eu la chance de naviguer ensemble. Ce n'était pas un secret que Hogg appréciait le capitaine Erikson et qu'il le considérait comme un ami. Erikson avait sauvé la peau et le chalutier de Hogg en mer du Nord dès les premières heures du conflit, et l'Ecossais n'était pas près de l'oublier.

Après quelques heures de repos, les bâtiments des environs reçurent l'ordre de l'Amirauté de se mettre en route, cap plein nord. Tous les alliés dans cette zone étaient requis pour accompagner le convoi JW51B. Pour l'heure peu de choses avaient filtré. Les officiers apprirent que le convoi provenait de Loch Ewe et qu' une attention particulière devait être portée à sa sécurité, l'Intelligence Service ayant fait état de fortes activités ennemies plus à l'Est.

Hogg fit mettre en Flank et petit à petit le Lothian Mist s'ébranla. Erikson attendit que son compagnon de voyage s'éloigne pour l'escorter. Le jeune Edward se retrouva propulsé au début du conflit, il avait maintenant troqué son chalutier contre navire marchand.
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le Sam 11 Avr 2009, 14:46
Cela faisait maintenant plusieurs jours que l'équipage croisait au large de Bergen et enchainait les ravitaillements. Les capitaines Blake, Widow et Erikson malgré la proximité des bases ennemies tentaient non sans mal d'infliger le plus de dégâts aux forces allemandes. Et malgré la ténacité adverse, les trois capitaines s'en sortaient finalement bien.

Profitant de la nuit pour s'éloigner des combats âpres qui faisaient toujours rage, le Lothian Mist avait remis le cap à l'Ouest. Alors que chacun pouvait savourer quelques instants de répis, le second revint sur la passerelle avec une transcription de l'Amirauté. Visiblement peu à l'aise avec le contenu du message, le capitaire Styles tendit la feuille à Hogg. Ce dernier commença à parcourir le document et Styles le voyait pâlir à mesure
qu'il lisait les quelques lignes.


...en conséquence de quoi nous ordonnons à toutes les forces de faire route au Sud au plus vite. Vous êtes attendus à Edimbourg dans les plus brefs délais. Le commandement du navire sera dès lors assuré par votre second. Votre affectation est effective à compter de votre arrivée au port. L'urgence de la situation nous commande la plus grande discrétion, votre équipage ne devra pas en être informé avant votre arrivée à quai.


Le malaise était visible et aucun des deux hommes ne savait que dire. Hogg se dirigea alors vers le carré des officiers. Il posa le cable sur les cartes et se versa un verre de crème de whisky. Il n'était pas dans ses habitudes de boire mais il lui fallait comprendre pourquoi on lui demandait de changer de bâtiment et de spécialité.
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le Sam 11 Avr 2009, 15:04
L'arrivée au port avait été des plus banales. Après quelques recommandations et un dernier salut à ses hommes Hogg avait été pris en charge par l'amirauté et s'était vu expliquer les tenants et aboutissants de ce changement aussi inopiné que surprenant. On lui avait assuré qu'il retrouverait le commandement d'un ravitailleur très bientôt. Mais la notion de temps était quelque chose d'absurde et irréel dans cette guerre où tous pouvaient disparaitre en l'espace de quelques secondes.

La lutte contre les marines de l'Axe avait franchit un nouveau cap. Alors que la Home Fleet prenait possession de nouveaux bâtiments plus à même de mettre l'adversaire en déroute, Hogg s'était vu confié le commandement de sa première frégate. Bien qu'ayant eu quelques cours lors de sa formation sur le bâtiments de guerre, Hogg restait assez nerveux face à ce nouveau type de navire et de combats.

En ce début d'avril, le HMS Argyll avait rejoint les côtes Anglaises. D'humeur joyeuse, le jeune capitaine s'était rappelé les premiers ordres reçus quelques mois auparavant et qui l'avaient déjà contraints à l'époque à faire un Aller retour express entre l'écosse et l'angleterre. Cette fois-ci, il semblait plus sur que l'Amirauté ne viendrait pas de nouveau empêcher le capitaine et son équipage de gouter aux joies de la navigation dans la Manche et aux rencontres fortuites avec les éléments de la Kriegsmarine et de la Regia Marina.

La Frégate avançait à bonne vitesse. Hogg, sur le pont, essayait de se rassurer et scrutait l'horizon avec une paire de jumelles en laiton qu'il trainait avec lui depuis qu'il était capitaine. La météo annonçait un vent de 5 nœuds et un ciel couvert, ce qui ne rassurait qu'à moitié Edward. Si ce temps mitigé pouvait lui permettre d'échapper à l'ennemi en cas de contact, cela pouvait également jouer en faveur de l'adversaire et surprendre l'équipage. La nuit allait être longue...
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le Dim 12 Avr 2009, 09:51
Hogg et quelques officiers finissaient leur repas. La relative bonne humeur ne pouvait pas cacher les inquiétudes des uns et des autres. La proximité de l'ennemi en cet endroit de la Manche pouvait à tout moment plonger l'équipage dans une situation critique.

Holsen, le second, entra dans le carré des officiers:
-"Nous avons un contact visuel avec le George V"
-"Parfait. On se porte à sa hauteur et on assure une couverture sonar. Contactez Widow pour la prévenir"
-"Aye"

Le second n'avait pas quitté la salle qu'on put entendre le sonariste hurler CONTACT!!

-"Blimey! C'est quoi ça!" s'écria Hogg. "Alerte générale, tout le monde à son poste"

Les coursives étaient désormais semblables à Princes Street le soir du Nouvel An, trop de monde pour si peu de place. Hogg se fraya un chemin à coups d'épaule et parvint devant l'écran du sonar.
-"Sir! On a un Sub en immersion périscopique"
-"Holsen, on fait un passage avec le Hedgehog et on se replace à côté de Widow. Prévenez-là"

Manœuvrant dans le noir, les hommes à l'arrière de la frégate finissaient de régler les détonateurs. Chacun à son poste, la première série de grenadage commença. Au bout de quelques minutes, rien. Était-ce la précipitation ou le manque de précision, pour cette fois-ci l'Argonauta s'en était tiré! Se repositionnant, Hogg ne fit pas faire un second passage. Il était évident que le bâtiment de Widow attirerait l'ennemi. Le capitaine ne voulait pas prolonger ce type de manœuvre en aveugle sachant que ce contact aurait pu être un leurre, permettant ainsi à d'autres subs d'attaquer le King George V entre temps. Il était essentiel de préserver ce fleuron de la Home Fleet.
Néanmoins une petite surprise attendait Hogg. Alors que la présence ennemie avait été signalée au reste de la flottille, les équipages britanniques virent fondre sur leurs positions le Tribal de John Blake. Ce dernier prit immédiatement la relève du HMS Argyll et se concentra à rechercher le fuyard. Après environ une demi-heure, des gerbes de feu firent leur apparition du HMS Mohawck. Le combat dura une poignée de minutes tout au plus. La radio crépita et annonce fut faite que Blake avait envoyé l' Italien par le fond. Hogg s'empressa de féliciter le capitaine anglais. Même s'il n'avait pu en venir lui-même à bout du sous-marin, Hogg se satisfaisait grandement de son premier repérage au sonar. Cependant, ce genre d'émotions n'était que passager, la lourde tache assignée à ces hommes et en ces lieux ne laissaient que peu de place à l'euphorie. Ici tout était bref: les combats, la joie, la vie.
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le Dim 12 Avr 2009, 17:38
Le pire s'était produit. ou était en passe de se produire. Une torpille venait de déchiqueter la coque du HMS Argyll. Devant l'affolement général, il fallait désormais parer au plus pressé. Tout le monde s'afférait pour maintenir le bâtiment à flots. La passerelle n'était plus qu'un lieu où chacun criait ses ordres dans l'espoir d'être entendu. Quelques secondes plus tard une seconde torpille atteint de nouveau la bateau. Holsen, le second, avait rejoint le radio et enchainait les messages auprès de la flottille et de l'amirauté.


Avons été touchés par deux fois. STOP. Situation sérieuse. Coque en très mauvaise été, Sonar détruit. nombreuses pertes à bord. Mettons cap sur Southend. OVER.

Le Argyll ne pouvait plus rien faire d'autre que prendre la fuite. Sans sonar et avec une coque qui pouvait lâcher à tout moment, la seule solution était désormais de rejoindre le port le plus loin. Mais les dégâts infligés par l'ennemi avait également sérieusement endommagé les moteurs.

- "Cap au Nord Nord-Ouest"
- "Sir, et le champ de mines"
- "On n'a pas 36 possibilités. soit on remonte au nord et on le contourne. Dans ce cas là, celui qui vient de nous mettre deux torpilles peut nous achever. On n'a plus aucun moyen de détecter quoi que ce soit. Il fait nuit et j'ai pas envie de rentrer à la nage. Soit on tente notre chance à travers les mines, on essaye de gagner du temps. Dans tous les cas, soit c'est le sous-marin qui nous achève, soit ce sont les mines. Vu la situation, les dégâts du bâtiment et les pertes à bord, on coupe au plus court. Vous maintenez tout le monde en alerte, on devra peut-être abandonner le navire. Utilisez les gars assignés aux grenades pour qu'ils aident les autres à parer au plus pressé."
-"Aye".

Hogg donna quelques ordres et quitta la passerelle. il se dirigeait maintenant vers la salle des moteurs. Il voulait lui-même évaluer la situation et voir ce qu'il pouvait utiliser pour sortir son équipage de cet enfer. Après quelques minutes, il arriva dans les compartiments partiellement immergés. La situation était aussi sérieuse qu'il le pensait. Il cherchait le chef mécanicien. Ce dernier avait réquisitionné toutes les bonnes âmes qui se trouvaient à proximité. Là où certains se démenaient pour colmater, les autres étaient plongés dans la réparations des moteurs. Ces derniers fonctionnaient encore mais il restait beaucoup à faire et réparer pour redonner de la puissance au navire.

- "Chef! dans quel état sont ils?"
- "Captain, honnêtement, ce ne sont pas les moteurs qui m'inquiètent mais la coque. C'est du costaud, on n'a rien de majeur à faire dessus. Par contre la coque est salement touchée, autant demander à un œuf de résister à un coup de hache!"

La comparaison était bizarre mais avait au moins le mérite de résumer les choses clairement. Hogg remercia et encouragea le chef mécano et remonta sur le pont. Il croisa les brancardiers qui tentaient d'amener les blessés à l'infirmerie. Ci et là gisaient des cadavres. Hogg n'avait pas le temps de s'émouvoir, il fallait penser en priorité aux survivants.

A l'aube, le HMS Argyll se trouvait désormais situé dans le champ de mines. Les hommes valides et non affectés à des taches prioritaires étaient sur le pont afin de détecter les mines en surface. Mais la crainte venait de celles que l'on ne voyait pas, qui étaient à quelques mètres sous l'eau et qui pouvaient achever le travail du sous-marin allemand.

Après des heures éprouvantes à progresser lentement, l'équipage se retrouva enfin à l'entrée du port. Tout le monde était désormais sur le pont et avait hâte d'accoster. Les officiers étaient attendus à quai par l'amirauté. La frégate, quant à elle, devait être mise en cale sèche pour réparations.
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le Mer 15 Avr 2009, 15:28
Le bureau ressemblait au cabinet particulier que l'on pouvait trouver dans un château du XVIIIe et contrastait avec la vétusté et l'espace clos d'un bâtiment de guerre. Les sols en marbre et les moulures au plafond donnaient à ce lieu un côté surréaliste qui n'échappa pas au jeune Edward ni aux autres officiers présents avec l'amiral. Les hommes, assis dans des fauteuils en bois exotique, qu' aurait envié n'importe quel colon Britannique. Outre le luxe ambiant, il leur était offert de déguster quelques pâtisseries avec le thé. Vraiment rien à voir avec les conditions auxquelles n'importe quel soldat de l'Empire devait faire face au combat.

Reposant sa tasse, l'Amiral Cunningham s'adressa aux officiers en ces termes:
- "Messieurs, vous n'êtes pas sans connaître la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement en mer du Nord et dans la Manche. Le Capitaine Hogg, ainsi que vous tous messieurs, venez de vivre une infortune de mer dont, je le sais, vous vous seriez bien passés. Fort heureusement pour vous comme pour la Marine Royale, vous êtes saufs. Je connais le sentiment d'injustice qui vous anime et ce que vous pouvez ressentir face à la perte d'une partie de votre équipage. Il est évident que votre Frégate est amenée à rester en cale sèche pour quelques temps. Néanmoins, vous êtes bien conscient des combats que nous menons et nous ne pouvons faire l'économie de quelques officiers ou matelot que ce soit. Aussi, messieurs, vous allez reprendre la mer avec une nouvelle frégate..."

C'est alors que l'aide de camp fit son entrée dans la pièce.
- "Excusez-moi Amiral"
- "oui...faites-le entrer"
- "....Messieurs. Je vous présente le Commander Alex Munro*. Il sera avec vous lors de votre prochaine campagne. Il n'est là ni pour vous surveiller, ni pour vous gêner. Le Commander Munro revient de Gibraltar où il a été mis à rude épreuve par nos amis allemands. Il doit très bientôtt reprendre le commandement d'un bâtiment qui lui est cher et dont l'utilité est cruciale pour notre prochain projet d'envergure. Aussi messieurs, je compte sur vous pour faire en sorte qu'il soit accueilli comme il se doit. Je vous souhaite bonne chance. Hogg, vous serez content d'apprendre que notre Intelligence Service est persuadé que le Sous-marin avec lequel vous avez eu mailles à partir est La Mouette, commandée par Rudolf Zeus. Par ailleurs, le Capitaine Blake a laissé quelques consignes pour vous ce matin."
- "Sir!"

Après avoir salué, les quelques officiers prirent congés et se dirigèrent vers le port.

* Voir ICI
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le Lun 20 Avr 2009, 23:14
Alors que la Frégate faisait désormais route vers la pointe Sud Ouest de l'Angleterre, Hogg, Holsen et Munro se tenaient à l'écart sur la passerelle.

- "Allez Munro, dites nous pourquoi l'Amirauté vous a affecté ici" lança Holsen
- "A vrai dire, je n'ai pas rempli tous mes objectifs"
- "Qu'entendez-vous par là?"
- "Je me suis engagé comme transporteur. C'était ma volonté, c'est ce que j'aime faire. Pour des raisons aussi stratégiques que politiques, j'ai été comme vous, Hogg, soudainement transféré comme surfacier. Oh, certes, ce n'est pas un mauvais poste, au moins lorsque nous sommes pris en chasse, nous avons de quoi nous défendre. Mais j'ai tout de même enquiquiné la hiérarchie pour leur faire comprendre que reprendre un ravitailleur serait le mieux. Pour tout le monde".
- "Mon vieux, je ne voudrais pas vous décevoir, mais vous ne devriez pas vous faire d'illusions" répondit Hogg
- "Il y a longtemps que je ne gobe plus ce que l'on me promet. L'amirauté m'avait assuré le commandement de mon ancien bâtiment, ils ont annulé les ordres, les permissions. Je me suis retrouvé à Gibraltar sans avoir rien vu venir. Mon équipage a juste pu sauver sa peau".
- "Ne me dites pas que c'est simplement pour une divergence de vues que vous avez été muté avec nous"
- "pas exactement" repris Munro. "J'ai eu le plaisir de croiser le Hipper. Nous avons bataillé comme nous avons pu, l'équipage a donné tout ce qu'il pouvait mais nous avons du battre en retraite. L'amirauté n'a pas apprécié que nous laissions le croiseur allemand s'en sortir. Ce n'était pas notre faute mais vous connaissez comme moi les tenants et aboutissants politiques. J'ai eu le malheur de faire part, à Gibraltar, du ras-le-bol des changements d'ordres, des paroles non tenues et de l'impact sur les hommes. Devant le refus de l'amirauté de comprendre, et vu la situation là-bas, j'ai demandé un transfert."
- "Pourquoi avoir été affecté ici alors?" demanda Hogg
- "Je suppose qu'une remise en condition était un moyen pour l'amirauté de montrer son autorité. Une sorte de compromis. On vous affecte très loin mais on marque le coup. Et dans la mesure où je ne prends le commandement que dans quelques semaine, je suppose par ailleurs qu'ils ne souhaitaient pas me voir bronzer trop vite"
- "Bronzer? Où donc avez-vous été muté Munro?"
- "Nouvelle Zélande. Je vais servir au sein de la Royal New Zealand Navy"

Après un échange de regards entre les trois capitaines, des éclats de rire s'échappèrent de la passerelle. Il faut avouer qu e la situation était des plus cocasse. Lui qui avait toujours refusé le changement de spécialité, il partait incessamment à l'autre bout du monde.

"Message radio pour le Capitaine!"

Hogg alla à la rencontre du radio. Il entra dans la pièce des communications en trombe.
- "Sir, nous avons ordre immédiat d'accoster à Portsmouth. Il est ordonné au Commander Munro de débarquer. Désolé, je n'en sais pas plus".
- "Cheers".

Quelques heures plus tard, la frégate s'immobilisait. Hogg et Munro se tenaient à la proue.
- "Alex, je vous souhaite bonne chance pour votre commandement en Nouvelle-Zélande. Les Japonais sont coriaces et de très bons soldats. Faites attention à vous."
- "Merci Edward. Le conseil vaut aussi pour vous. La partie est loin d'être terminée ici. Si vous ne supportez plus les températures rudes ni la manche, pensez à rejoindre l'hémisphère Sud"
- "Merci pour la proposition, mais très peu pour moi. Je suis trop attaché au Pays. Good luck old chap"
- "Goodluck to you too".

Après s'être serrés la main et salués, Munro descendit la passerelle. Holsen vint rejoindre Hogg.
- "Il a de la chance. Une nouvelle vie, un nouveau théâtre d'opérations"
- "Je ne sais pas s'il a de la chance, mais je suis sur d'une chose, les Japonais ne feront pas de cadeaux. Je crains qu'aucune de nos situations soit plus enviable que l'autre"

Il était temps de se mettre en route pour Edward. La Home Fleet venait d'engager le combat avec le Bismarck dans l'embouchure de la Mer Celte.
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le Lun 27 Avr 2009, 15:47
Le combat faisait rage à l'Ouest de Brest. Tous les navires sans exception étaient engagés dans ce qu'il convenait d'appeler une bataille navale d'exception. On pouvait en somme résumer la situation ainsi: la flotte alliée s'efforçait de couler le Bismarck tandis que l'Axe faisit son possible pour préserver son navire amiral. Lorsqu'il rejoignit le reste de la flottille, l'équipage du HMS Ness n'en revint pas. Le spectacle qui s'offrait à l'équipage n'avait aucune mesure avec ce qu'il avait vécu jusqu' alors. L'engagement était total de part et d'autre.

Profitant de la nuit, Hogg fit manoeuvrer de manière à se rapprocher du croiseur Nurnberg. Profitant de la mêlée, il fut ordonné de faire feu. Les deux canons de 100mm crachèrent leur projectile et les gerbes de feu qui émanèrent paraissaient d'autant plus impressionantes que l'obscurité enveloppait les batiments, quel que fut leur camp. Le tir avait fait mouche. Edward comptait sur l'effet de surprise. Il savait que sa frégate nepèserait pas lourd face à un croiseur ou un Destroyer. Il ordonna alors de se positionner à hauteur d'Olef. Cela permettrait à la fois d'avoir une protection non négligeable en cap de coup dur et cela éviterait toute surprise désagréable pendant la nuit. Après quelques heures, chacun put commencer à apprécier la situation. Les alliés semblaient avoir forcé les Allemands à une retraite momentanée plus au Sud. Bien que le Bismarck et son escorte se soient éloignés, il restait quelques batiments ennemis à portée. La frégate prit un cap à l'Ouest et rejoint le batiment de John McBabord. Hogg vit alors la proue d'un escorteur. Celui-ci s'était approché suffisament près de la Home Fleet pour engager le combat mais ne semblait pas se résoudre à ouvrir le feu. Peut-être le capitaine avait-il des origines Françaises et voulait rééditer la bataille de Fontenoy en criant "Messieurs les Anglais, tirez les premiers". Si c'était le cas, le vacarme assourdissant des combats alentours ne permit pas à Hogg d'entendre quoi que ce soit. Les canons de 100 se remirent en action et l'escorteur fut touché de plein fouet. Encore une fois, les artilleurs avaient été parfaits et le capitaine écossais, ne voulant faire courir aucun risque à son équipage ordonna qu'on se mit en retrait et revint non loin du Tribal du capitane Erikson.

Le jour se levait à peine. Il y avait maintenant une période d'observation. La mer était calme, le temps clément...mais pour combien encore?
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le Jeu 08 Oct 2009, 22:38
Fatigué des combats de chefs et des successions d'ordres et contre-ordre au sein de l'Amirauté en Angleterre, Hogg avait finalement obtenu sa mutation au sein de la Force K en Méditerranée. Le climat y était plus propice mais les adversaires tout aussi tenaces et actifs.

Le HMS Nubian faisait désormais route au Sud. Après l'affrontement contre les forces Italienness l'heure du ravitaillement avait sonné pour Hogg. L'équipage, bien qu'encore en alerte, fut soulagé d'apprendre la décision. Hogg se trouvait sur le pont alors que le soleil se levait et scrutait la mer avec ses Barr & Stroud qui ne le quittaient plus. Outre un autre bâtiment qui l'escortait, l'activité ennemie avait disparue depuis maintenant 72 heures. Hogg s'appuya contre la cloison de la passerelle et, ses yeux toujours accrochés sur la mer, il commençait à songer au bien qu'il lui en avait pris de demander son transfert définitif à la force K. Même s'il était nostalgique du temps passé en mer du Nord et si son écosse natale lui manquait, il appréciait ce mode de vie méditerranéen.
Arrivant par l'arrière du bateau, deux matelots profitaient du calme apparent pour prendre le frais sur le pont.

- ...sans rire? Ils ont tous été convoqués?
- tous! D'après ce que je sais, il parait que Mountbatten a failli en avaler sa casquette! Imagine, t'as dix officiers sous tes ordres et aucun ne t'obéit!

Hogg tourna la tête et se dirigea vers les deux hommes.

- Sir!
- Bonjour Messieurs. Mike, que disiez-vous à propos de l'Amiral?
- Sir! Il paraît que ça barde à Londres.
- Vous savez pourquoi?
- Une histoire d'ordres non respectés à ce que je crois.


Retournant vers l'avant du navire, Hogg fut rejoint par son second.
- Edward, on va devoir rentrer au plus court. On est très court en carburant.
- Contacte Erikson, informe-le de la situation. Vu l'état de son Tribal, si jamais on est engagé par l'ennemi, on va devoir agir vite.
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le Dim 11 Oct 2009, 11:46
Le compte rendu de la flottille signalait les bâtiments dispersés. Alors que le jour se levait de nouveau en méditerranée, Hogg étudiait les cartes avec son second. Les deux hommes devaient calculer au plus juste leur entrée au port après le signalement d'un U-Boot non loin de leur destination. Bien qu'équipé d'ASM, le HMS Nubian était à court de tout. Après 3 jours de navigation lente pour préserver le carburant, l'équipage touchait presque au but. Il atteindrait la côte cyrénaïque d'ici la mi-semaine et pourrait procéder à ce ravitaillement tant espéré. Les rapports diverses concernant le naufrage du King George V devant Oran laissaient à penser une prochaine campagne en mer plus chaotique que celle qui touchait à sa fin.
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le Mer 28 Oct 2009, 21:32
Lors des rares permissions, les hommes de la Navy et de la flotte soviétiques avaient partagé des rares moments de fraternité. Hogg, repensant à sa vie d'avant et aux raisons qui l'avait poussé à s'engager en était arrivé à un constat simple: les mers froides et glaciales de la mer du nord lui manquaient, le combat contre les allemands au milieu des tempêtes de glace, de ce temps inhospitalier aussi. Il voulait y revenir, il se sentait plus utile là bas, c'était ses eaux! Mais Hogg était contrarié. Outre le fait de laisser ses camarades rencontrés dans ces latitudes plus clémentes, une demande de mutation dans une des flottilles de la Home Fleet le verrait de nouveau confronté à ces querelles internes dont il ne voulait plus entendre parler. Il avait besoin de retrouver cette sérénité qui était la sienne.

Au cours d'une conversation avec son second, il se rappela soudain qu'une proposition avait été faite à des officiers volontaires de la Royal Navy de venir partager leur savoir faire avec leurs homologues soviétiques. Officiellement, la RN cherchait des officiers de liaison. Officieusement, elle voulait quelques hommes expérimentés pour venir combler les pertes soviétiques. La tache était ardue: si l'officier était britannique, il lui faudrait se battre avec un équipage soviétique. Hogg n'avait entendu que du bien de ces derniers, leur engagement, leur courage n'était plus à démontrer.

Assis à une table, Hogg fut surpris par son second.
- Charles, vous semblez rêveur?
- Ne vous inquiétez pas, je suis juste nostalgique du pays répondit -il en faisant glisser dans la poche droite de sa vareuse le formulaire qui était devant lui.
- Vous écriviez à votre femme?
Se rendant compte du caractère très personnel de sa question, le second rajouta quasi-instantanément: Veuillez excuser ma question, cela ne me regarde pas. pardonnez ma curiosité. Peut-être devrions-nous nous mettre en route
- Assurément.

Les deux hommes sortirent du café. Après quelques mètres, Charles se tourna vers son ami et ajouta:
- continuez seul, je vous rejoins, je dois faire un détour par l'Amirauté.

Hogg avait finalement pris sa décision, il souhaitait partir commander un bâtiment soviétique en mer du nord. Il venait d'en remplir le formulaire. Les dés étaient désormais jetés. Il devait désormais prendre son mal en patience et attendre une décision de l'Amirauté.
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le Jeu 29 Oct 2009, 00:14
L'équipage était maintenant au complet. Sur le quai, on défaisait les amarres, le chef mécano avait lancé les diesels depuis suffisamment de temps. Le second était à la manoeuvre. Le capitaine, pour sa part, discutait avec le chef ingénieur. Les deux hommes arpentaient le pont et passaient en revue les armes, dans leur moindre détail. S'il y avait une chose donc Hogg avait horreur, c'était bien de voir sa puissance de feu réduite à néant par négligence, il ne souhaitait tout simplement pas que sa mésaventure de la Mer du Nord puisse se reproduire.
Alors que le Nubian s'éloignait progressivement de son quai, il était assez impressionnant de voir les bâtiments qui rentraient. Il ne faisait aucun doute que les espions diverses en poste ici avaient déjà communiqué la présence d'une telle flotte dans une base aussi reculée du front. Étrangement, le départ du Nubian allait à contre-courant de ce qui se produisait. Tous ceux qui n'étaient pas affairés à leur poste pouvaient contempler ce balai incessant.
Les derniers rapports de la Navy ne semblaient faire état d'aucune présence ennemie dans le secteur. Hogg n'y voyait ici qu'une assurance limitée de rejoindre sans encombres le bâtiment à escorter.

Après une demi-journée de navigation à allure de croisière, chacun pouvait apercevoir les lignes du Duck Buoy. Hogg tripotait ses jumelles avec anxiété, passant et repassant ses doigts sur les marquages réglementaires de celles-ci. Sans pouvoir en expliquer la raison, il se méfiait de ce calme trompeur. La flotte Italienne était beaucoup trop discrète à son goût. Et même s'il n'en était pas à sa première mission de ce genre, Hogg avait tout du vieux renard.
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le Jeu 29 Oct 2009, 15:05
Le commandant Becker avait signifié aux capitaines Hogg & Erikson la nécessité de ne pas laisser le ravitailleur sans couverture anti-sous-marine trop longtemps. Le capitaine Flanagham ne pourrait tenir seul l'escorte de la "nounou". Sur une mer calme, le destroyer avait filé à pleine vitesse. Se tenant informé des positions respectives des autres bâtiments de la flottille, le HMS Nubian parvenait enfin à rejoindre les HMS Duck Buoy & Mohawk. Chaque Destroyer assurerait la couverture indispensable du petit ravitailleur. Il était inutile de se leurrer, le coin était inhospitalier et surement pas nul de toute présence sous marine ennemie. Les équipes étaient rodées, Hogg passa le commandement à son second et partit se reposer un peu.

Alors que le jour était maintenant levé depuis une bonne heure, le capitaine s'extirpa de sa couchette et se rendit au mess. Engloutissant café sur café, il finit par se pencher sur la carte et les messages radio à peine parvenus. Alors qu'il échangeait quelques mots avec le chef ingénieur, un des sonaristes fit irruption dans le mess:

- Sir, je pense que vous devriez venir. On accroché un écho.

Se dirigeant vers la pièce réservé aux sonaristes, Edward voulut en savoir plus:
- Etes-vous sûr de l'écho?
- Oui, bien que l'hydraphone soit resté muet, l'ASDIC nous confirme la présence d'hélices ennemies sous nous.
- Avez-vous une idée du type de submersible?
- Non , mais il y a du monde dessous, je peux vous l'assurer et ce n'est pas l'un des nôtres!
- Owens, vous me mettez tout le monde aux postes de combats. On passe en lente, on commence le grenadage maintenant. Une fois la première série terminée, vous commencez la procédure pour un second passage, vous connaissez la chanson.

Quasi immédiatement, les hommes à l'arrière réglèrent les détonateurs. Les charges prêtes, les racks commencèrent à se vider. On pouvait facilement imaginer les containers perler dans la mer. Les premières chargent explosèrent. Rapidement, il apparut que le sous marin avait été pris par défaut et fut touché. Le Destroyer entama la manœuvre et fit un second passage. Là encore, les charges ne se contentèrent pas de secouer l'ennemi. Ce ne fut qu'au bout du 5e passage que finalement le bâtiment ennemi succomba aux charges du Nubian. Des débris jonchaient ce coin de la Méditerranée.

Les sourires en disaient long sur l'état d'esprit qui régnait à bord. Hogg et Owens ne cachèrent pas leur joie, l'équipage venait de mettre fin à 21 jours sans victoire.

Edward fit transmettre un rapport auprès de l'Amirauté et des deux bâtiments qui l'accompagnaient. Quelques heures plus tard, le radio reçut le télex suivant:


From: Royal Navy Admiralty
To: H.M.S. Nubian

Captain,

l'Intelligence Service, après avoir capté plusieurs échanges de messages dans la région, vous informe que vous venez très probablement de couler Das Heimliche -un submersible de Type VIIa de la flottille Die lachende Schwertfische - dont le capitaine n'était autre que l'As Friedrich Fischer. Nous ne saurions vous mettre en garde contre une recrudescence de mouvements ennemis dans la zone dans les prochains jours.
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