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angus Mac Leod
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Bonne brise
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le Dim 08 Mar 2020, 19:49
Marin de tuyaux d’égouts…
 
L’homme baigne littéralement dans un nuage de fumée de cigare, que tente à grande peine de dissiper l’énorme ventilateur du plafond. Son regard est masqué par une paire de lunette de soleil. Je me demande d’ailleurs comment il fait pour voir avec dans la pénombre de son bureau.
Il referme mon dossier doucement et en tapote la couverture de la main en se levant :
-          Bienvenu dans le Silent Service fiston !! me dit l’Amiral Commandant en chef des Forces Sous-Marines en me serrant la main…Vous intégrez sur l’heure les forces sous-marine Canadiennes. Un matelot va vous conduire à l’Arsenal où vous pourrez prendre possession de votre bâtiment ! il ajoute en me raccompagnant…Votre mission est on ne peut plus simple : Envoyer un max de jap’s au fond !!
-          Comptez sur moi Sir ! Je le salue et sort l’imposant édifice de l’Amirauté sous un soleil de plomb.
Comme par miracle, une jeep m’attend. Le matelot me salue et prend mon sac de mer qu’il jette plus qu’il ne le pose à l’arrière du véhicule tandis que je fais le tour de celui-ci pour aller m’installer sur le siège passager.
 
Il démarre en trombe jouant du klaxonne et zigzaguant entre les entre les obstacles qu’ils soient humains ou autres qui barrent la route.
Il fait ici une chaleur infernale, j’en arrive presque à regretter l’hiver et les aurores boréales de chez nous. Ma chemise me colle littéralement à la peau et je dois avouer que l’air frais en roulant me fait un peu de bien.
Nous arrivons bientôt dans la base sous-marine proprement dites.
Je montre mon ordre d’affectation au M.P à face de bulldog qui en surveille l’entrée. Celui-ci après l’avoir scrupuleusement étudié me le rend et fait signe de la main a son collègue qui lève la barrière d’accès. Avant que la jeep ne redémarre, il me lance :
-Le Briefing d’escadre ne va pas tarder à commencer…il me montre un bâtiment...là-bas : ‘Trainez pas ! l’Amiral Buchanan déteste les retardataires !!
Nous longeons rapidement un quai où son amarrer à couple une demi-douzaine de sous-marins et le matelot/chauffeur les désignant de la tête me dit :
-          C’est un de ceux-là que vous aurez !!...
-          NCSM Béluga…Dis-je lisant mon ordre de mission.
-          Je vous pose et laisserais vos affaires personnelles sur votre bâtiment.
Mon véhicule pile devant un bâtiment sans prétention, dont l’entrée est ornée de l’insigne de l’escadre. Je récupère juste mon porte document, et me dirige vers le hall d’entrée. Je salue le planton de faction, et trouve enfin la salle de briefing.
Rapide laïus de bienvenu de l’Amiral. Je constate non sans soulagement que nous sommes presque tous des nouveaux venus dans l’arme sous-marine : Cela m’évitera peut-être de passer pour une truffe.
Les murs de la salle sont couverts de dessins représentant les silhouettes de navires ennemis, marchands ou militaires, sous différents angles, sauf celui du fond : le mur devant lequel se tient l’Amiral. Lui, il est entièrement recouvert d’une immense carte de notre zone d’opération. Des drapeaux japonais, et alliés marquent les ports tandis que de grandes flèches de couleurs montrent les principales routes de convoies.
Nous notons scrupuleusement les consignes et ordres qu’on nous donne. La formation, du moins l’entrainement sera plus que succin : La guerre primant, nous apprendrons sur le terrain.
-          Départ Messieursil se reprend…et Madame, dans une douzaine d’heures à la prochaine marrée. Questions ? Réactions violentes ou autres ? …un temps…non ? rompez alors !
 
Nous nous levons tous dans un brouhaha de chaise ripant sur le parquet, et sortons du bâtiment.
Je redresse ma casquette sur le haut de mon crâne et essuie de la main la sueur qui perle à mon front.
Douze heures avant le départ ? j’ai le temps a mon avis d’une pinte.
Je me dirige vers le mess des officier, entre et commande une bière. Deux Officiers arrivent et nous entamons une conversation. Ils sont affectés sur un cuirassé, et éclatent de rire lorsque je dis, fièrement, que je fais partie des forces sous-marine :
-          T’entends ça Barth ? un marin de tuyau d’égout !!
-          Pardon ? dis-je…pourquoi ce nom ?
-          Sans rire !! Vous n’imaginez même pas l’odeur qu’il règne dans ces engins après une semaine de mer : Transpiration, cuisine, humidité…sans parler de…des évacuations naturelles !
-          Je vois…je bois une gorgée de bière et repose ma pinte…ça ne nous empêche pas de faire le boulot !
-          Si les sous-marins savaient se battre, ça se saurait.
-          Une preuve ? lui dis-je
Sans lui laisser le temps de répondre, je lui décroche un direct au menton qui l’envoie le cul par terre deux mètres plus loin. Devant son pote, hilare de la situation, j’ajoute :
-          Les marins de tuyau d’égout savent frapper les gros-culs par surprise.
 
Je règle ma bière et tandis que l’autre se remet de ses émotions, je vais regagner mon bâtiment.
Il est temps que lui et moi fassions connaissance.
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le Mer 25 Mar 2020, 21:42
En mer, plusieurs semaines après…


« Ils » avaient raisons concernant les odeurs, mais, finalement, on s’en accommode assez vite. De toute façon nous n’avons pas le choix.
La première partie de notre «  croisière se passa en surface. Nous avions été affectés dans une zone de patrouille assez calme. Aussi tout en maintenant une activité normale de veille et d’exercices divers, j’autorisais parfois les hommes de repos à venir prendre le soleil sur la plage avant.
Cela contribuait, je pense à maintenir un bon moral à un équipage confiné.
Les quelques lignes griffonnées dans le journal de bord attestaient de cette routine étrange, une sorte de « drôle de guerre » version pacifique : exercice incendie, exercice de tirs fictifs des torpilles, amélioration du temps de rechargements des tubes
 
Un premier incident qui aurait pu être grave survint.
Notre escadre s’était positionnée en embuscade autour d’un port ennemi, dans l’espoir de remplir un peu son tableau de chasse. Après des heures passées posé sur le fond, à guetter à l’hydrophone le moindre mouvement de navires, nous étions remonté en immersion périscopique.  Par chance, ou pas, la zone était étrangement calme .Le bâtiment glissait aussi silencieusement que possible entre deux eaux. Le  Second et moi faisions des exercices d’acquisitions de tir sur des points fixes de la cote. L’interphone du PCNO grésilla, et on entendit :
-          Commandant, ici les machines : Panne sur le moteur électrique n°1
Une panne moteur si près d’un nid de japonais n’avait rien de réjouissant. Je répondis un « j’arrive » et laissa le Central dans les mains Second.
J’entrais dans le compartiment machine : Le Chef et ses gars avaient déjà ouvert les panneaux au sol, dévoilant les batteries.
-          C’est grave chef ?
-          ‘ch’ais pas Commandant….dit-il grimaçanton va devoir les tester une par une à moins que ce ne soit l’alternateur qui a rendu l’âme, ajoute-t-il, …mes gars sont dessus ! On peut encore tirer sur le moteur Bâbord, mais pas longtempsil marque un temps….le mieux serait de faire ça en surface
-          Un coup à nous faire repérer !...je me tapote la tempe plusieurs fois de l’index….z’êtes cinglé !!
-          C’est ça ou alors pour rentrer à la base, ‘faudra hisser les voiles ! dit-il, tandis que de mon côté, je tente de calculer le retard que cette petite plaisanterie va nous coûter. Finalement, je me résous
-          D’accord on fera surface à la nuit, la brume nous couvrira….mais faites vite : Et ce n’est pas un conseil, mais un ordre.
Nous  avons donc fait surface à la nuit.
Comme prévu, la brume nous dissimulait d’autant plus que la lune était absente ce soir-là.
Bientôt, notre sous-marin pu reprendre le cours de sa patrouille.
 
Encore quelques jours plus tard…
 
Ce sera encore une belle journée sous les tropiques.
Le secteur est calme, du moins je l’espère ce qui nous permet de naviguer en surface. Nous pouvons ainsi renouveler un minimum l’air dans le submersible.
Je suis dans ce qu’on appelle dans le jargon des sous marinier « la baignoire » avec une poignée d’hommes prenant leur tour de veille.
Soudain, un des matelots se raidit avant de crier : « Alerte ! Avion repéré !! »
-          Evacuez la passerelle !! plonger !!...plonger !!...plonger !!  Dis-je pressant les hommes vers l’écoutille.
Je m’engouffre à près eux, refermant le panneau étanche, puis me laisse glisser par l’échelle dans le PCNO. Une sirène rauque tonne trois fois.
-          Plongez ! Immersion périscopique ! dis-je au chef de quart
-          Avant montez baissez 10, arrière levez 15...le sous-marin prend de l’inclinaison ...stabilisez à 10 m.
-          Stabilisé à 10 m…répond un des matelots de barreéquilibré.
-          Nous sommes à l’immersion périscopique Commandant, me dit le Second.
-          Périscope…dis-je. Dans un sifflement hydraulique, le tube d’acier monte et crève la surface. Je colle mon regard dans les lunettes, et fait un lent tour d’horizon.
Rien…je ne vois rien.
Pourtant il y avait bien un avion, j’ai eu le temp de le voir scintillant dans l’azur du ciel juste avant de refermer le panneau.
Mais un avion ? ...seul…si loin de cotes ne laisse guère de place au doute : il doit forcément venir de quelque part, mais d’où ? …d’un aéroport ou pire, d’un bâtiment.
La réponse arrive rapidement, trop rapidement même :
-          Fumées repérées !! dis-je.il y a…je déglutis…Deux « gros cul » : croiseurs…un navire de soutient et un destroyer.
-          Hydravion de reconnaissance ? demande le Second
-          Sûrement de l’un des deux croiseurs ouidis-je en opinant du chefla flotte se dirige droit sur nous. Tous les visages pâlissent autour de moi. Je rentre le périscope.
Je me glisse vers le local SONAR.
L’opérateur, écouteurs sur les oreilles, tente de faire le tri dans les bruits de ce qu’on appelle faussement le monde du silence.
Il est concentré, les yeux fermés, …ses lèvres bougent à peine. Il semble réciter une prière, mais il n’en est rien : il compte mentalement les tours d’hélices que font les navires ennemis.
Il ouvre les yeux, je l’interroge du regard.
-          Ils sont toujours en approche, me murmure-t-il...mais ils n’ont pas augmenté leur vitesse.
-          Ils ne nous ont pas repérédis-je presque soulagé. Je me tourne vers le PCNO…en avant lente, silence dans le bord. Passez le mot …
Il s’en suit un jeu de cache-cache.
Un jeu dangereux qui peut, et va durer des heures. Les uns cherchant à grand coup d’ASDIC de repéré les autres, tapis dans les profondeurs.
Nous n’avons de notre coté pas le droit à l’erreur : elle nous serait fatale.
Tous les hommes non-indispensables à la bonne marche du sous-marin sont consignés dans leur bannette. J’espère que personne ne craquera nerveusement. Par précaution, je me suis assuré que mon revolver de service est bien à sa place dans ce qui me sert de cabine.
Le matelot de quart me fait un signe de la main, et me tend une paire d’écouteur.
J’entends, au loin, des explosions assez éparses : Ils cherchent
-          Ils s’en prennent à l’un des nôtres…
-          ‘faut croire…répond le matelot, avant de lever une main.
En même temps, je peux entendre le son glaçant des ondes du sonar ennemi, mais toujours loin.
Je regarde en direction du PCNO :
-          Cap au 025...en avant lente.
 La situation va s’éternisée un peu, même une foi l’ennemi passé.
Je veux attendre la nuit, remonter en surface et me tirer le plus vite possible de ce secteur.
C’est finalement ce que nous arrivons à faire profitant d’une fenêtre de mouvement favorable.
Plus de son dans l’hydrophone, mais je préfère encore que nous fassions route en plongée, du moins tant les batteries peuvent tenir leur rôle.
-          Maintenez le cap et la vitessedis-jemaintenez le silence à bord.

Je vais dans ma cabine, remplir le journal de bord.
Je tapote sur l’épaule du second, et vais regagner ma « cabine ».
Je m’assoie sur ma bannette, et ouvrant un des placards, me sers une rasade d’alcool.
En me servant, je regarde mes mains…elles tremblent…je serre les poings.
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le Sam 04 Avr 2020, 14:33
Océan Pacifique, en immersion périscopique…
 
La patrouille continue.
Notre cylindre glisse presque sans bruit, cherchant à capter des sons qui trahiraient la présence d’un navire. A bord, tout est calme. J’ai imposé le maximum de silence dans les compartiments. Tout ce qui pourrait venir heurter la coque est arrimée, et seuls les hommes de quart sont autorisés, sauf urgence, à quitter leur bannette.
Le PCNO, ainsi que l’ensemble du bâtiment, baigne dans une lumière rouge, signe qu’au dehors, il fait nuit. La mer doit être calme, car même a cette profondeur, nous ne ressentons aucune houle.
 
Penché sur la table de cartes, je d’estimer la position des bâtiments ennemis qui nous avaient été signalés par d’autres navires alliés précédemment.
En tenant compte de leur route, de leur vitesse, ainsi que de la nôtre, on ne devrait pas tarder a croiser leur route si mes calculs sont justes.
-          Commandant…le second me tapote l’épaule en parlant a voix basset’es demandé à l’hydrophone.
Je repose compas, et rapporteurs et vais au local sonar : C’est à peine plus grand qu’un placard a balais, et l’opérateur travail devant une console bardée de boutons et contacteurs divers.
Il manipule un volant, qui fait pivoter une sorte d’antenne fixée sur la plage avant, permettant de donner la direction d’un bruit.
Arrivé à ses coté, je m’accroupis, il me tend un écouteur.
J’entends un « tchouftchouftchouftchouf » rapide tandis qu’il me dit :
-          Croiseur japonais, il fait cap à l’Est…en rapprochement rapide…il marque un tempspas d’escorteurs…il opine du chefj’en ai un autre, beaucoup plus loin…signal faible, mais c’est encore un gros cul, c’est certain !
Je m’en retourne au PCNO :
-          Faites passer le mot : aux postes de combat ! ...prendre les dispositions de grenadages. Second, hisses le périscope !
Lentement, le long tube d’acier vient crever la surface de l’océan.
Je colle mes yeux dans les optiques, et fais un rapide tour d’horizon au cas où, avant de fixer l’imposante silhouette noire qui se dessine devant moi.
Une belle proie sans aucun doute !!
J’invite le Second à regarder à son tour, tandis que je donne mes ordres :
-          Préparer les tubes 1 à 4 pour un tir en salve : je ne veux pas lui laisser la moindre chance !
De nouveau au périscope, je donne maintenant les éléments pour le calcul de la solution de tir.
-          Distance du but : 2500 m…vitesse 22 Nœuds…Cap à l’Est… gisement : 263…je souris doucementil va en prendre plein la tronche !!
-          La solution est entrée commandant ; tubes 1 à 4 parés
-          Parfait ! …5 secondes entre chaque tir ...tube 1 : feu ! …tube 2 : Feu !!…tube 3 : feu !!!...tube 4 : feu !!!!
 Le sous-marin vibre légèrement lorsque nos anguilles sont éjectées hors des tubes.
Dans le poste central, chacun a les yeux rivés sur son chronomètre, en attendant les explosions des coups au but.
 
 
En surface, on peut sans doute distinguer pour peu qu’on soit attentif le sillage des quatre engins explosifs filant vers leur cible à environ une quarantaine de nœuds.
Ce ne doit pas être le cas des vigies du croiseur ennemi.
L’immense bâtiment que j’observe toujours au périscope ne change pas sa route d’un iota…tant pis pour lui, tant mieux pour nous.
-          Toujours rien…dit le Second impatient.
-          Ça ne va pas tarderdis-je.
Une minute plus tard, nous entendons la première explosion. Je me jette sur le périscope et vois la deuxième gerbe provoquée par la suivante pile au milieu de la cible. Les troisième et quatrième frappent à leur tour le croiseur qui semble se soulever sur les flots avant de laisser s’échapper d’épaisse volute de fumée dégagées par les incendies à bord.
-          Salement touché…dis-je…mais il flotte toujours. Recharger les tubes pour une deuxième couchevers le local sonartoujours rien en vue ? pas de Destroyers en approche ?
-          Négatif Sir !...
-          C’est louche dit le Second….
A l’avant, dans le poste torpille, c’est l’effervescence : Les hommes s’échinent, sur les palans à faire rentrer dans leur tube respectif les engins de 533 dans un compartiment surchargé où chacun risque à tout moment de se faire prendre la main dans une poulie.
-          Tubes parés Commandant ! l’interphone de bord, me donne l’information.
A moi de calculer, voir recalculer une nouvelle solution de tir.
Un croiseur de cette taille sans escorte ? Décidément, le culte du sacrifice chez les japonais me semble incompréhensible. J’ai en tête une phrase d’un auteur Français : « on ne se bat pas dans l’espoir du succès, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ». Ils portent cet adage à son paroxysme.
La situation, bien qu’a notre avantage devient dangereuse : Il y a cet autre croiseur dans les parages, et lui, je doute qu’il soit sans escorte…où alors elle arrivera vite.
Les différents rapports que nous arrivons à capter indiquer une recrudescence de l’activité ennemie dans notre secteur.
-          Ok…on y va pour un tir…dis-je, gardons des « poissons » pour nous tirer de là en état si besoin.
-          Sage décisiondit le Second, essuyant d’un revers de manche la sueur qui perle à son front.
-          Tube 1…Coordonnées de la cible inchangées…réglez !
-          Tube prêt Commandant !
-          Tube 1 : Feu !
Je guette au périscope l’explosion tant attendue.
Elle survient au bout de quelques minutes, bien placée, mais pas suffisante pour envoyer le mastodonte rejoindre les abysses.
Déception au sein de l’équipage malgré notre pourcentage de tirs au but. Histoire de relativisé, je lance :
-          A la guerre, parfois…il plus gênant pour une armée d’être blessé que mort. Il finira peut-être par couler vu son état, avant de rentrer au port.
 
 
Nous avons sûrement alerté une bonne partie de la marine nippone dans cette zone du Pacifique.
Il est temps de mettre les voiles…discrètement.
L’océan est vaste…à nous d’être une aiguille dans une motte de foin.
-          Rentrer le périscope, …en avant lente, maintenez la situation silence.
 
 
Quelques jours plus tard, …
 
Par la grâce de dieu, nous avons réussi à éviter l’ennemi, et gagner une position plus sûre.
Lors d’une remontée en surface ordonnée pour recharger nos batteries, nous avion capté un message de l’Amirauté qui nous demandait de rejoindre le port allié le plus proche. De toute façon, c’est ce que je voulais faire, il nous fallait ravitailler.
 
Notre arrivée fut discrète.
La manœuvre d’amarrage finie, je remarque la voiture qui semble m’attendre sur le quai. Je descends de la baignoire, et vais la rejoindre.
 
La voiture démarre, et nous nous dirigeons vers le bâtiment abritant l’antenne du commandement de l’escadre.
Sur la banquette arrière, un haut gradé de la marine. Celui-ci m’informe que quelques grosses têtes dans un obscure bureau de l’Etat-Major avait décider de me confier le commandement d’un nouveau submersible. J’étais surpris, car je ne pensais pas que mes récents faits d’armes, et encore, tout relatifs, m’octroyaient cet honneur.
-           Commodore Hartman, dit-il se présentant, … Vous prendrez le commandement du « Narwal » …dit-il, le « Beluga » servira à la formation des nouveaux équipages. Vous gardez vos hommes, s’ils le souhaitent, sinon, …nous vous en affecterons des nouveaux.
-          A vos ordres Sir ! Dis-je toujours surpris.
Un nouveau bâtiment, quel commandant refuserait cette offre ?
La discussion continue, et le véhicule s’arrête devant le perron du mess des officiers de la base.
-          Je vous offre un verre dit Hartman…une promotion ça s’arrose non ?
 
Que faire, à part accepter ?
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le Dim 05 Avr 2020, 12:34
Après une nuit blanche, ou presque…
 
Nouveau sous-marin, ...nouvelles procédures, nouvelles manœuvres…
Après quelques verres au mess, j’ai passé une partie de la nuit à potasser le dossier technique de la classe Swordfish. Je me rends compte qu’il n’y pas de grandes différences : on devrait s’en sortir.
Après avoir pris un peu de sommeil, à l’aube, je quitte un bureau anonyme de l’Amirauté pour regagne mon nouveau bâtiment.
 
Je réquisitionne une jeep, et met le cap sur les quais où sont amarrés les submersibles du port. Salut et présentation des papiers et ordres d’affectation à la sentinelle, et bientôt, me voilà arrivé devant ce qui est mon nouveau bâtiment.
La grande majorité des hommes procède au ravitaillement du navire en vivres et matériels divers, tandis qu’une grue s’efforce de transvaser les torpilles dans le poste avant.
Plus loin, le Second semble faire l’appel d’une dizaine de matelots impeccablement alignés
Je m’approche, les saluant ainsi que le second de manière réglementaire.
-          Qui est-ce ? demandes -je
-          Les remplaçants Commandant…je donnais les affectations, dit le Second, l’amirauté a proposé aux plus anciens de finir leur tour de service comme instructeur sur « le Beluga », ils ont accepté.
-          Parfait…dis-je regardant les hommes alignés. Je me tourne face à eux…Messieurs, soyez les bienvenus. Nous partons en patrouille sous peu : tachez de vous familiariser avec le navire et son équipage, …ce ne sont pas de mauvais bougre, mais ils ont de l’expérience…alors un conseil, écoutez-le, et tout ira bien.
-          A vos postes !! Ordonne le Second.
L’équipage rompt les rangs, et le Second me tend une planchette de bois sur laquelle sont fixée les feuilles d’affectations et un bref résumé du dossier militaires de ces nouveaux venus. Je les regarde attentivement, opinant du chef.
-          Ils sont jeunes…dis-je pensif.
-          Ils vieilliront bien assez vite, une fois en mer…répond le Second.
 
Je m’approche du bord du quai, et longe mon nouveau bâtiment, regardant ses lignes, cherchant à savoir comment il se comportera en mer…et en mission.
Pour l’heure, il est retenu à ce quai, tanguant mollement dans les eaux du port, auréolé d’huile et de gasoil. Oui, un port de guerre n’a rien d’un atoll paradisiaque.
J’arrive à la coupée, salue le planton, et monte à bord.
En me faufilant dans les coursives, j’arrive jusqu’à ma cabine. Celle-ci n’est pas plus spacieuse que sur mon ancien bâtiment, mais elle est fonctionnelle, ce qui déjà est agréable.
Je range mes affaires dans les petits placards et installe mon nécessaire à écrire sur la tablette rabattable qui me sert de bureau. J’inscris la première ligne sur le journal de bord : « 5 mars 194X – Avons pris le commandement du « Narwhal » – Pleins et ravitaillement faits – paré à prendre la mer »
On tape à la porte, je réponds un « entrez ».
-          Ah, c’est toi Second. Assieds-toi…il tir un tabouret, et se pose…alors où on en est ?
-          Nous pourrons prendre la mer Comandant, dit-il, on vient de charger la dernière torpille et les pleins de vivres et matériels divers sont faits. Les hommes sont en train de les ranger.
Comme pour confirmer les dires du Second, l’interphonie du bord grésille avant d’annoncer que tout le bâtiment était paré.
J’ordonne aux machines de lancer les moteurs et tandis que le bâtiment commence à frémir sous la puissance des deux moteurs diésels, nous montons avec le Second dans la baignoire.
 
Il est temps de prendre la mer.
Une partie des hommes est sur la plage avant, une autre sur la plage arrière.
Le Second et moi surveillons chacun l’une d’elle pour la manœuvre d’appareillage.
-          Larguez l’avant !!  dis-je dans le porte-voix
Sous l’effet du courant, l’étrave s’écarte peu à peu du bord du quai, tandis qu’a l’arrière, l’eau commence à bouillonner. Les hommes rester à terre, tirent les amarres
-          Larguez l’arrière !! dit à son tour le second, quelques temps après
Officiellement, nous avons appareillé. Je donne un long coup de corne de brume tandis que, sur le mat du kiosque est hissé le Red Ensign (*)
 
A allure lente, le Narwhal s’éloigne de la terre ferme, empruntant le chenal du port.
Bâtiment, et équipage naviguent ainsi vers leur destin…
 
 
Traduction et divers
(*) Drapeau des troupes canadiennes durant la deuxième guerre mondiale.
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le Dim 19 Avr 2020, 16:48
Océan Pacifique, toujours en patrouille…
 
Nous sommes toujours à la recherche d’un ennemi potentiel.
Toute l’escadre évolue, se partageant la zone de patrouille. Nous tentons d’agir en meute, reprenant la technique des allemands en Atlantique.
Voilà des jours que nous n’avons rien à nous mettre sous la dent. Nous avons bien plongé pour échapper une ou deux fois à une reconnaissance aérienne, mais jusque-là, nous n’avons pour ainsi dire croisé personne.
Le journal de bord indique presque tous les jours : rien…
 
Nous naviguons de jours, plongée, et remontons en surface de nuit pour recharger nos batterie, tentant ainsi de limiter les chances de détections adverses.
Durant le jour, l’intégrité du sous-marin dépend de la perspicacité de l’opérateur sonar.
Il tient pour ainsi dire, nos vies entre ses oreilles.
Laissant le quart au Second, j’ai décidé de faire un tour dans les différents postes du bâtiment, histoire de rester proche des hommes : je discute, plaisante avec eux de manière presque paternelle. Après tout, peut-être plus qu’ailleurs, nous sommes liés les uns aux autres.
Je suis dans la salle des moteurs électriques lorsque l’interphone de bord grésille :
-          Commandant ?!...Ici Sonar : j’ai quelque chose à l’hydrophone.
 
Il se passe quelque chose. Je m’engouffre dans le panneau étanche afin de regagner le PCNO
Je me dirige vers le local sonar, une sorte de placard à balais encombré d’appareils audios et d’écrans. L’opérateur me tend un écouteur 
-          On dirait un moteur en surrégime. Dis-je. L’opérateur opine du chef…Distance ?
-          Je dirais un miles Commandant…maximum.
-          Dans ce cas on devrait avoir un visuel dis-je me dirigeant vers le PCNO...hissez le périscope !
Un sifflement hydraulique plus tard, l’optique perce la surface de l’océan et je vois :
-          Un sub japonais en surface…je le décris précisément, tandis que le Second cherche dans la documentation du bord.
-          Sous-marin type Kaitchu VII…il doit avoir un problème de batteries sinon, il ne serait pas en surface.
-          Ils croient que l’océan pacifique est leur…dis-je amusé, me frottant les mains…mais ça nous fait une belle cible : C’est pas tous les jours qu’on tombe sur un sub’ avec le pantalon sur les chevilles !
-          Vu comme ça…
-          Préparez les tubes un à quatre…on va renvoyer ce gars au terminus des prétentieux.
Du poste avant, le message me retourne que les tubes sont prêts. Je donne les différents paramètres permettant d’entrer la solution de tir : distance du but, vitesse, etc…etc…
-          Ouvrez les portes tube 1 à 4…
-          Portes ouvertes…
-          Tube 1 et 2…feux !!
Deux anguilles sont éjectées à coup d’air comprimé, et filent vers leur objectif laissant derrière elle un sillage blanchâtre. Quelques minutes plus tard, une explosion se fait entendre jusque dans les entrailles du Narwhal. Au périscope, je peux voir le sous-marin japonais en masqué en grande partie par une fumée épaisse au milieu d’un tourbillon d’écume, prenant de la gîte.
L’équipage pousse un hourra de victoire.
Je tape sur l’épaule du Second, l’invitant à jeter un œil.
-          Il est salement touché…dit-il, …mais toujours à flot.
Je le repousse doucement, et reprend ma place d’observateur, m’attendant à voir à voir le commandant adverse tenté un manœuvre d’évasion désespérée, …mais rien de tout ça.
-          Il faut l’achevé, avant qu’il ne signale sa position. Tube 3 paré à tirer ?!
-          Tube trois paré !
-          Feu !!
Cette fois-ci c’est la bonne !
Toujours empêtré dans son tourbillon d’écume, le sous-marin ennemi est perdu.
Sa proue commence à se dresser petit à petit, comme une stèle d’acier marquant le tombeau de son équipage prisonnier de ce cercueil de métal avant de s’enfoncer dans les profondeurs
A l’hydrophone, on peut entendre les tôles se tordre sous la pression pendant la descente fatale.
-          Mise à mort confirmée…dit l’opérateur sonar.
Les hommes se congratulent joyeusement à bord, tandis que je fais un dernier tour d’horizon au périscope, avant de l’abaisser.
-          Beau boulots les gars !!
 
La première victoire officielle de Narwhal fait remonter en flèche le moral de l’équipage.
Pour l’occasion, j’ai fait distribuer une demi bouteille de bière par membre d’équipage.
Néanmoins la prudence reste de mise, et nous ne referons surface qu’a la nuit tombée, afin de rechargée nos batteries.
Pour l’instant, nous nous éloignons de la zone le plus discrètement possible. 
Si le japonais a eu le temps d’envoyer un message radio, on pourrait avoir de la compagnie sous peu….
angus Mac Leod
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le Sam 25 Avr 2020, 12:19
Les jours se suivent, et se ressemblent…
 
Ou presque…comme dirait l’autre.
Après avoir envoyé par le fond un sous-marin suicidaire ou en manque de veine, la patrouille avait repris son cours normal.
 
-          Alerte ! Contact gisement 057 ! dit l’opérateur Hydrophone…
-          Militaire ? demande le Second
-          Négatif ! …une seule hélice, Tournant lentement…c’est un marchand !
Du PCNO j’ordonne de hisser le périscope d’attaque et gagne la partie blindée du kiosque
Quand l’appareil a crevé la surface de l’océan, je fais un rapide tour d’horizon, guettant la mauvaise surprise : Un destroyer que l’on n’aurait pas repéré ou autre
La zone étant claire, je focalise mon attention sur le cargo dont la silhouette se découpe un peu plus loin J’augmente encore le grossissement de l’optique, et j’identifie le navire. Je sais qu’en contre-bas, dans le PCNO, tous les yeux sont tournés vers moi :
-          C’est un cargo japonais…visiblement sans escorte…salement touché en tous les cas.
Je fais un nouveau tour d’horizon pour m’assurer qu’il y a toujours aucun vaisseau de guerre ennemi dans notre immédiat voisinage.
Ma décision est prise :
-          Nous allons l’achever…dis-je…préparez le tube 4 pour un tir simple.
Je donne les paramètres nécessaires au calcul de la solution de tir et l’on m’informe bientôt que le tube est prêt à faire feu.
-          Tube 4 paré Commandant
-          Tube 4 …feu !
-          Tube 4 …feu !
Notre poisson quitte le tube et fonce vers sa cible.
Le Second vient de déclencher son chronomètre et égrène l’estimation de temps avant l’impact.
Et puis, presque comme un soulagement, l’explosion survient.
Je rejette un œil au périscope, et vois le cargo japonais s’enfoncer dans les flots, proue dressée vers le ciel étoilé des tropiques.
S’il reste des hommes à bord, …paix à leurs âmes.
Je redescends au PCNO, accepte contre mon gré les félicitations de l’équipe de quart : Où est la gloire du combat ? nous avons juste achevé un blessé, comme un vétérinaire achève d’une balle entre les deux yeux un pur-sang blessé.
-          Nous referons surface à la nuit…je me tourne vers le local hydrophone…gardes tes oreilles ouvertes matelots !!
-          A vos ordres Commandant ! Comptez sur moi.
-          Chef ? …le Central est à vous.
 
Je vais au carré des officiers, qui accessoirement est aussi « ma cabine », accompagné du Second.
Sortant deux verres d’un placard, je lui sers une rasade de gin, et l’invite à s’assoir.
Il boit une gorgée, fait tourner un peu le liquide dans son verre et lance pensif :
-          Un sub’…un cargo...pas mal pour un début.
A mon tour je bois une gorgée, et répond :
-          C’est la fin l’important…un clin d’œil…pas le début.
-          Que veux-tu dire Commandant ?
-          Rien…dis-je, reposant mon verre. Je remplis le journal de bord du « Narwhal » : le 19 Avril 194X…avons coulé Cargo Japonais…j’espère juste qu’on sortira entier de cette patrouille.
Nous n’avons croisé que des solitaires jusqu’à maintenant. Ce n’est presque pas normal…la zone est cruciale pour le ravitaillement de l’ennemi. Les matières précieuses et stratégiques transportées par les navires marchands nippons devraient être escortées….
L’interphone de bord grésille pour appeler au changement des équipes de quarts.
Nous finissons nos verres cul-sec et rejoignons le PCNO pour assister à la relève. Les consignes des différents postes sont transmises, et le sous-marin continu sa route le plus silencieusement possible.
Cela pourrait durer ainsi des heures…voir des jours…
D’ailleurs, cela tient deux jours : Deux jours où nous arrivons même à naviguer un peu en surface pour recharger nos batteries.
Et puis…
 
Ce jour-là nous étions à l’immersion périscopique. Le Second bataillait avec une boite de sardines récalcitrante tandis que je faisais un point succinct sur notre position avec l’officier navigateur. Celui-ci me disait qu’on aurait une idée plus précise de celle-ci dès qu’on aura pu faire un point au sextant en surface.
-          Commandant ?! L’opérateur hydro vient de m’interpeller. J’ai quelque chose dans notre 230...mais très loin.
Je me rapproche de lui, m’accroupie pour me mettre à sa hauteur et prends l’écouteur qu’il me tend. Autour de nous le silence se fait, et les yeux remplis d’inquiétudes de l’équipages se posent sur nous.
Je grimace, et hoche négativement la tête :
-          Je n’entends rien…l’opérateur me fait signe de me taire, et fronce les sourcils.
Au début c’est vrai, je n’entends rien.
Mais à force de concentration et …un peu de chance surement, je commence à distinguer un son parmi ceux de qu’on appelle faussement le monde du silence.
Pausant un index sur une de mes oreilles je fais comprendre au matelot que j’entends maintenant quelque chose : Des bruits d’hélices, rapides…très loin, mais bien réels. Et puis des explosions sous-marines : …un grenadage.
Mon sang se glace à ces sons lugubres. Je murmure :
-          « Ils » s’en prennent à l’un des nôtres…Je plaints celui qui subit cet enfer. Je tends l’écouteur au Second, et lui dis : …Toi qui voulait de l’action, tu risques bientôt d’être servi.
Je me redresse, et donne pour consigne au matelot Sonar de ne pas lâcher d’une semelle les évolutions de ce groupe d’affreux : je ne tiens pas me retrouver avec eux comme voisins du dessus.
 
Je vais jusqu’à la table des cartes, est à l’aide d’un compas à pointe sèche estime la distance qui nous sépare des combats dont nous entendons les échos.
Je tape du poing sur la table, et jette plus que je ne laisse tomber mon instrument de navigation.
-          On ne peut rien pour eux…dis-je…trop loin, et trop dangereux.
Quelques murmures dans le poste central plus ou moins emplis de déception se font entendre, mais nous ne pouvons pas faire autrement.
Je quitte le Central Opération, pestant intérieurement contre notre impuissance dans cette situation, et regagne le carré suivit par le Second.
Je tire le rideau délimitant notre espace privé et jette ma casquette sur la banquette avant de m’adosser à la cloison.
-          Quels sont les ordres Commandant ? demande le Second…on ne peut pas laisser les hommes sans consignes vu les circonstances.
-          Je sais… dis-je en soupirant. Je décroche l’interphone du bord : Central ? Ici le Commandant…On suit les ordres :  même cap, même vitesse. On rejoint le point de rendez-vous. Terminé !
 
Les jours se suivent, et ne ressemblent pas forcément finalement.
Hier, si j’en crois le journal de bord, la journée avait été plus calme.
Demain ? …Nous verrons…ou pas…
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le Dim 10 Mai 2020, 12:18
A quelques miles de l’équateur, océan pacifique…
 
Nous avons peint une nouvelle silhouette de navire à l’entrée du PCNO pour marquer notre dernière victoire sur un destroyer japonais, à ce rythme, nous rentrerons à la base avec un balais accroché au périscope…si tant est que nous rentrions.
Dans la partie du sous-marin qui sert de carré, je profite du calme de la situation pour mettre à jour le journal de bord. Nous ferons surface dans quelques temps, car nous devons recharger les batteries, et aéré le bâtiment si possible, entre autres…
 
Je mets un point final a ma prose du jour, et me dirige au poste central, passant pour cela devant le local sonar/hydrophone. Au matelot de quart, je demande s’il a quelque chose.
Il me répond par la négative, mais reste attentif au moindre son qui pourrait être signe de danger.
Je jette un œil sur la pendule, la nuit vient de tomber, c’est une bonne chose :
-          Immersion ? …vitesse ? demande-je
-          Immersion 10 m Commandant…vitesse 3 nœuds
-          Parfait ! …hissez le périscope !
Le long cylindre d’acier glisse doucement dans son tube et vient crever la surface de l’océan. Je colle mes yeux au binoculaire, et fais un tour d’horizon.
Rien en vue ? tant mieux…je fais quand même un deuxième, puis un troisième tour avant de faire rentrer le périscope dans son puit.
-          Surface !! dis-je. Je peux voir les sourires sur les visages fatigués des hommes présent dans le PCNO à l’instant.
Alors, montant doucement des profondeurs notre bateau vient à son tour émerger parmi les vagues de l’océan pacifique. J’ouvre le panneau donnant dans la baignoire, et reçoit avec bonheur quelques gouttes d’eau salée sur le visage. Mais, encore plus jouissif, je prends une grande inspiration d’air iodé, avant d’escalader l’échelle. La nuit est claire, le ciel étoilé comme jamais…mais la mer est formée. Une équipe de veilleurs, accompagné du Second vient me rejoindre.
Dans les premières minutes, personnes ne parle, profitant du moment, respirant à plein poumons l’air du large. Portant mes jumelles à mes yeux, je vérifie qu’aucun danger ne nous guette, qu’il vienne de la mer ou du ciel, avant d’autoriser l’ouverture des panneaux de ponts, pour que l’équipage puisse profiter un peu de l’air du large.
-          Commandant ? … me prévient-on depuis le PCNO …un message de l’Amiral vient d’arriver.
-          Faites monter dis-je
Je parcours le message des yeux : la flotte se regroupe, et nous devons nous rendre au point de rendez-vous le plus rapidement possible, jusqu’ici, rien d’infaisable…. Sauf que nous devons en chemin ravitailler en torpilles un autre sub dont elle nous donne les coordonnées. Je tends le message au Second.
-          T’as déjà fait ça ? demande-t-il après lecture.
-          Une fois oui…par temps calme…à Esquimalt
-          Hum…là cela risque d’être plus « sportif »
-          Ouaip….
Surtout qu’on n’a rien de spécialement prévu comme matériel à bord pour effectuer cette manœuvre.
Je fais rapidement un inventaire de ce que nous avons à disposition pour bricoler un système efficace pour le transfert.
 
Tout ce qui est à toi est à moi…

Nous voici au point de rendez-vous…en immersion périscopique.
J’imagine que dans les deux sous-marins concernés, ce doit être la même angoisse qui règne à bord, chacun attendant que l’autre fasse surface en premier pour être sûre d’avoir à faire à un « ami ».
Il faut que l’un de nous prenne la décision de faire le premier pas.
Je fais quelques tours d’horizon au périscope : ce qui m’inquiète, c’est qu’il fait jour…donc nos chances d’être repéré sont d’autant plus grandes.
Le Second m’interroge du regard, j’opine du chef et lance :
-          Ok les enfants ! …On y va : Surface !
-          Surface ! répète le Second
Les hommes de barre manœuvre et font en sorte que le sous-marin crève les flots doucement. Il
Hasard ? coup de chance ? ou synchronisation ? qu’en sais-je. Mais le fait est que l’autre est à l’heure au rendez-vous. En effet, un submersible allié fait surface presque en même temps que nous.
Je demande à ce qu’on fasse monter le projecteur, et nous échangeons en scope quelques mots, les hommes, eux, se saluent par de grands signes de bras
-          Ok Second, … on commence le transfert.
-          Je préviens l’officier d’armement et ses gars.
La manœuvre est risquée, pour plusieurs raisons… mais j’ai confiance en mon équipage.
Sur le pont, des matelots sont entrain de gonfler des dinghys et de es assembler entre eux, tandis que dans le poste torpille dont le panneau de chargement est ouvert, une autre partie de l’équipage extrait les « poissons » de leur râtelier et les monte sur le pont.
Je quitte le kiosque et vais vers les dinghys :
-          Ça tiendra ? dis-je, vérifiant les amarrages
-          faudra bien Commandant ! répond l’officier d’armement
Le but du jeu, si je peux m’exprimer ainsi, ça va être de poser une torpille sur les canots pneumatiques, et de les emmener vers notre « client » en évitant soit de couler ou au minimum de chavirer. Sur les conseils de l’Officier d’armements nous attachons quelques gilets de sauvetages aux torpilles, histoire de protéger le gyroscope des éventuels chocs.
Trop de volontaires vous vous en doutez pour amener les armes jusqu’au sous-marin allié : La perspective de voir de nouveaux visages est une forme de motivation comme un autre.
J’en désigne donc 6, dont deux sous-officiers, pour effectuer cette tâche.
Tous nous surveillons le premier transfert d’un œil inquiet, et nous voyons avec soulagement le premier « poisson » rejoindre son « aquarium ».
-          Bravo ! dis-je a l’officier d’armement… continuez comme ça.
Pour ma part, je regagne la baignoire, et les hommes assurant la veille tant en surface qu’aérienne. Il ne s’agirait pas qu’on se fasse surprendre par les jap’s dans cette manœuvre délicate.
 
 
Le dernier voyage vient de se finir.
Sur le pont, les hommes dégonflent les dinghys, et les ranges dans leurs espaces dédiés, faisant un peu trainer la chose pour profiter du grand air une dernière fois avant regagner leurs postes.
Le Second gravit l’échelle et monte en baignoire, me rejoignant pour me rendre compte.
-          Les canots sont rangés…les hommes à leurs postes Commandant.
-          Parfait Second…cap au 040, en avant ¾
-          Yes Sir ! … dit-il avant de répercuter l’ordre au PCNO
Le sous-marin se met route, et je demande à ce qu’on envoie un « bonne chasse » en scope a notre client du jour. Il répond la même chose.
Nous sommes restés trop longtemps en surface…
-          Paré à plonger ! ...immersion périscopique ! ouvrez les purges avant et arrière !!
 Dans le bord, trois sonneries brèves accompagné d’un « plongée ! plongée ! plongée » à diffusion générale se font entendre.
Une dernière bouffée d’air, et je redescends, refermant le panneau étanche derrière moi tandis que le Narwhal s’enfonce doucement sous les flots.
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le Sam 16 Mai 2020, 18:49
Plus tard…
 
Une vague un peu plus forte que les autres vient heurter mon visage, et me tire enfin des limbes ou j’étais plongé. Mon regard scrute les alentours, pendant que je cherche à retrouver mes esprits.
Ça me revient, petit à petit : … l’attaque du Croiseur japonais…et puis…et puis ce grenadage-surprise que nous avons essuyé.
Oui, je me souviens avoir ordonné de chasser aux ballastes, au radio de balancer notre position, et de faire machine en avant toute vu que nous avions déjà deux compartiments étanches complètement noyés. Je voulais donner aux hommes une chance, aussi maigre soit-elle, de sortir vivant de l’attaque.
Plus loin, un radeau crevé est échoué. Suis-je le seul à être sorti vivant de cet enfer ?
Je ne sais combien de temps je suis resté sur cette île, essayant de tromper la faim, la mort, et les éventuelles patrouilles japonaises…
Je vous passe les détails, quelques jours en mode « survie » sont difficilement descriptibles. Mais j’avais réussi à signaler ma position, et bientôt, un commando vint me tirer d’affaire et me ramena en territoire allié. Affaibli, épuisé, amaigri …mais vivant.
Cela aurait peut-être fait une belle fin de l’histoire, mais …. La machine militaire en a décidé autrement.
 
 
Un port Anglais du Pacifique, quelques semaines après encore…
 
Engoncé dans un uniforme propre, encadré par deux molosses des Royals Marines, je suis conduit devant une commission d’enquête.
Les huiles veulent savoir pourquoi ? comment ? j’ai perdu mon bâtiment et son équipage : comme si mon rapport ne leur suffisait pas !
Je rentre dans une vaste pièce lambrissée, et ornée des drapeaux des forces alliés. Devant moi, une rangée de tables occupées par des huiles de la Royal Navy. L’un d’eux se lève après les salues qu’ils soient réglementaires ou protocolaire :
-          Capitaine Archibald PIERCE…il me regarde…la commission ici présente demande à vous entendre sur votre…il marque un temps…votre « échec ».
-          A vos ordres…dis-je, me redressant…je n’ai rien à cacher.
S’en suit une discussion d’arguments et de contre arguments qui dure des heures.
Vous n’imaginez pas ce que cela peut couter en énergie d’expliquer la guerre, la vraie, …celle qui se passe sur le terrain a des ronds de cuirs sortis des hautes écoles militaires.
Heureusement pour moi, dans cette assemblée de « juristes » se trouve un homme…un homme qui a connu le combat en mer, et qui plus est en sous-marins.
C’’est peut-être ce qui me sauve, militairement parlant, mais je devrais vivre toute ma vie avec le poids de ces morts sur mes épaules, et attendre, ou espérer une absolution qui ne viendra jamais !
-          Après étude des différents rapports d’enquêtes et dépositions devant cette commission, il est établi que le Capitaine Pierce, n’était pas en mesure de voir ou « entendre » les destroyers qui s’avançaient vers lui alors qu’il lançait une torpille sur sa cible. La commission souligne le fait que le Capitaine Pierce a fait tout ce qui était en son pouvoir pour tenter de préserver sont bâtiment et son équipage dans les circonstances telles qu’elles étaient. En conséquence, aucune charge ne sera retenue contre le Capitaine Pierce, cet incident n’influencera en rien ses états de services.il marque un temps…le capitaine Pierce est reconduit dans ses prérogatives de commandant de sous-marin séance tenante…un coup de marteau…. La séance est levée… un coup de marteau.
Tous le monde se dissipe et va reprendre ses activités.
 
Je reste seul, au bout d’un moment, dans cette grande pièce vide.
Je reste seul, avec les fantômes de ceux qui malheureusement, resteront éternellement en patrouille.
Je revois leurs visages, …entends leurs voix…mes poings se crispent, tandis que je leur murmure un « pardon » : Ô seigneur, puisses-tu m’absoudre d’avoir failli à mon destin.
Une des lourdes portes grinces, je me retourne et vois arriver deux officiers qui viennent à ma rencontre :
-          Capitaine ? vous auriez un instant à nous consacrer ?
J’opine du chef, encore dans mes pensées, m’avance vers eux.  Nous nous dirigeons vers une autre pièce du bâtiment.
Nous entrons dans un bureau meublé de façons austère : un bureau en bois, une bibliothèque fournie, une petite table entourée de trois fauteuils club.
Ils m’invitent à m’assoir tandis qu’un des deux officiers nous sert trois verres d’un liquide ambré fortement alcoolisé.
-          Capitaine, vous l’avez compris : aucune charge n’est retenue contre vous, dit le premier.
-          Voici vos nouveaux ordresdit l’autre me tendant une enveloppe cachetée…vous reprenez votre place au sein des forces maritimes du pacifique de la Marine Royale Canadienne : Vous prendre le commandement d’un nouveau sous-marin…
-          Qui sera mon Second ? demande-je.
Un sourire nait sur le visage des deux officiers, ils me fixent du regard, je fais de même, allant de l’un à l’autre, puis l’un d’eux m’annonce la nouvelle.
-          Votre second a également survécu au naufrage de votre sous-marin. Il est complètement rétabli et, a ce que j’ai pu comprendre, il refuse de naviguer avec un autre que vous ! J’en reste abasourdi, … mais heureux. Vous prenez l’avion ce soir pour votre port d’attache, vous y serez demain et prendrez la mer dès que possible.
-          A vos ordres !
-          Bien l’affaire étant entendue et close, trinquons à vos prochains succès
-          Espérons, dis-je portant mon verre à mes lèvres.
 
 
Sur une des bases aériennes, au crépuscule…
 
Les moteurs du DC-3 tournent au ralentit tandis que les rampants de la base font le tour de l’appareil et chargent les divers matériels que celui-ci doit emmener : courriers divers, pièce de rechanges, vivres et fournitures diverses.
Avec le Second, nous nous présentons au pied de l’échelle qui permet d’accéder à la porte d’entrée de l’avion. Nous présentons notre ordre de mission, pour vérification et montons dans l’appareil.
Il va nous falloir trouver une place pour nous dans ce bazar. Tandis que je cherche encore, le Second se fabrique déjà un lit de fortune avec des sacs de courriers.
Vibrant à risquer d’en perdre ses boulons, l’avion s’élance sur la piste et quitte le sol dans un vrombissement sonore.
 
Le vol va être long, mais bientôt, nous aurons l’infini de l’Océan pour nous ….
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le Dim 07 Juin 2020, 11:29
Entre Capricorne et Cancer, en mer….
 
Ce bâtiment n’est pas si différent de mon ancien sous-marin.
Après tout, un submersible reste un submersible : à nous de nous en approprier les possibilités.
Certes, il est un peu plus grand, mieux armé peut-être, mais un soupçon moins furtif à ce que l’on dit.
Mon nouvel équipage, heureusement, n’est pas né de la dernière pluie.
Les hommes connaissent leurs manœuvres, et la mayonnaise commence à prendre entre ceux que désormais j’appelle pour l’instant, « Mes survivants » et mon nouvel équipage.
Nous avons rejoint notre zone de patrouille, effectuant des manœuvres et exercices divers pour préparer au mieux l’équipage au combat.
 
Je sais que nombres d’hommes à bord ne comprennent pas que l’on puisse passer autant de temps à « jouer à la guerre » comme ils disent. Pourtant, je continu à exercer l’équipage :  je veux que chacun à son poste connaisse ses manœuvres sur le bout des doigts, qu’ils agissent par reflexes…Qu’ils le nom et le rôle de chaque vanne, ou clapet… que l’on puisse plonger en moins de trente seconde tout en étant près à tirer une torpille, …à faire en sorte que le bâtiment soit aussi silencieux que possible lors que nous devenons à notre tour une proie après une attaque. Bref, j’essaie de les entraîner à rester en vie, tout simplement.
Nous naviguons en surface, une partie de l’équipage profitant de cet état de fait, prend l’air sur la plage arrière pendant que, dans la baignoire, nous assurons une veille tant aérienne que surface.   Une volée de « hourra ! » attire notre attention. En tournant la tête je vois une poignée d’homme exhibant un thon de belle taille qui ravira autant l’équipage que le cuistot du bord pour les jours à venir. Le Second arrivant à ce moment là près de moi me dit :
-          Dans ces instants, on pourrait presque oublier la guerre…c’est beau de les voir oublier ne serait-ce qu’un instant.
-          Oui…j’opine du chef… « ils » peuvent se le permettre…nous, non !
Comme pour confirmer mes dires, une des vigies signale une fumée à l’horizon.
Je fais évacuer le pont : reste que dans la baignoire le Second, une vigie et moi. Tout le reste des hommes, pêcheurs compris est rentré dans les entrailles du bâtiment.
Je fais mettre le cap en direction du, ou des, bâtiments repérés.
Au bout de quelques minutes, nous somme suffisamment près pour identifier un convoi japonais : quelques cargos, pétroliers et autres ravitailleurs.
-          Je ne vois aucune escorte…dit le Second, fouillant l’horizon.
-          Moi non plus…dis-je, …on ne va pas s’en plaindre. Ok ! ...on passe à l’attaque : paré à plonger, …immersion périscopique !
-          Evacuer la baignoire ! …reprend le Second.
Je me glisse en dernier dans le trou d’homme, et referme le panneau étanche derrière moi.
Lentement, le sous-marin prend de la profondeur continuant sa route vers les cibles ennemies.
Je rappelle aux postes de combat et fais hisser le périscope.
Dans le miroir de celui-ci, je vois très distinctement notre prochaine victime : Un cargo de bonne taille. J’augmente le grossissement, et il m’apparait encore plus gros. Les lignes du viseur se croisent exactement sur sa ligne de flottaison. C’est presque trop facile…
-          Préparer les tubes 1 et 2…dis-je donnant en même temps les paramètres nécessaires pour calculer la solution de tir.
-          Réglé ! dit l’officier d’armement se tenant près du calculateur.
-          Remplir et équilibrer …dis-je vérifiant une dernière fois mes coordonnées de tirs
-          Paré !
-          Tube 1…FEU ! ...puis, quelques secondes plus tard…tube 2…FEU !!
Les deux torpilles éjectées des tubes sous la pression de l’air comprimé filent dans un sillage de bulles en direction du navire japonais qui ne se doute pas du sort qui l’attend dans quelques minutes.
Les yeux rivés au périscope, j’assiste aux deux explosions qui viennent percer la coque du cargo.
J’imagine son équipage pris de panique lorsque des litres d’eau se ruent dans les cales, les coursives ou la salle des machines.
-          Touché …et coulé, dis-je, déclenchant un cri de victoire dans le poste central de navigation.
A travers la coque épaisse du sous-marin, nous pouvons entendre le chant lugubre de l’acier qui se tord sous la pression de l’eau alors que le malheureux cargo s’enfonce dans les abysses.
Nous poursuivons notre attaque, et endommageons un tanker.
Toutefois, nous sommes trop lents pour poursuivre le convoi.
Après quelques minutes de réflexion avec le Second et l’officier navigateur, nous décidons de changer de cap afin de tenter de venir couper la route dans quelques jours à nouveau a ce convoi. Nous l’achèverons à ce moment-là, le cas échéant.
Notre décision sera payante.
En effet, comme nous l’avions espéré, nous coupons à nouveau la route du convoi de ravitaillement japonais. Il semble avoir subi les assauts d’un autre submersible. Quelques navires sont plus ou moins touchés, voir manquants.
Nous lançons une nouvelle attaque, ajoutant une nouvelle victime a notre tableau de chasse.
Mais les munitions viennent à manquer.
Je décide de mettre le cap sur le port le plus proche : quelques jours de permissions ne feront de mal à personne.
 
 
Plus tard…
 
C’est une belle journée…
Nous avons fait surface, et nous nous dirigeons droit vers le port en question.
Le Narwhal fend les flots bleus de l’Océan pacifique, escorté par quelques dauphins jouant avec la vague d’étrave. Je regarde les hommes de quart qui sont avec moi dans la baignoire. Ils sont barbus, hirsutes…sales aussi. Mais ils sont vivants… et heureux !
-           Mr Millers ?
-          Commandant ?
-          Trouvez-moi un balai, s’il vous plait.
-          Un balai Sir ?
-          Un balai…je vois à son regard qu’il se demande si je ne travaille pas un peu de la cafetière, mais il s’exécute, et remonte quelques minutes plus tard avec un balai de paille.
Je fais accrocher l’objet au périscope d’attaque, et fais hisser celui-ci.
Nous avons réussi notre patrouille, il nous faut le faire savoir.
Respectant une tradition du Silent Service, le Narwhal entre dans le chenal du port arborant un balai attaché a son périscope, signifiant ainsi que « le ménage a été fait »
angus Mac Leod
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Bonne brise
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Un Canadien sous les tropiques... Empty Re: Un Canadien sous les tropiques...

le Sam 20 Juin 2020, 13:06
Une des bases navales Anglaise, Pacifique Sud…
 
J’ai l’air d’un mort…mais je suis vivant.
Allongé sur le lit, pâle, en sueur, je regarde tourner l’énorme ventilateur au plafond qui tente de brasser l’air moite de chaleur de la pièce. Un semblant de fraîcheur qui ne parvient pas jusqu’à mon corps, malheureusement. Je me redresse, essuie d’un revers de bras, la sueur qui perle sur mon front et bois une rasade de gin. L’alcool me brûle agréablement la gorge, et me tire définitivement de ma torpeur tropicale. Une douche me fera du bien…
 
Quelques minutes plus tard, j’ai revêtu un uniforme propre.
Le second et moi sommes convoqués par les huiles du coin : ça sent l’embarquement sous peu, pensais-je en allant le rejoindre. Reste à savoir pour où, et dans quelles conditions. La jeep qui me sert de moyen de transport file bon train dans les allées de l’arsenal.
Je récupère le Second dans ses quartiers, et nous dirigeons vers l’antenne de l’amirauté sur la base, spéculant sur qui nous attends là-bas. Une nouvelle mission, ça c’est certain, mais j’aimerais savoir quelle sera notre zone de patrouille. Le Second lui pari sur la prise d’un nouveau bâtiment.
Les freins grincent lorsque j’immobile la jeep devant le porche d’un bâtiment à la façade coloniale portant l’emblème de l’escadre.
-          Nous serons vite fixés, dis-je au second en quittant le véhicule.
Nous gravissons les quelques marches d’un pas alerte en saluant les plantons et nous présentons à l’Amirauté. Entre un cigare et quelques verres d’un alcool local, nous apprenons que nous avons gagné notre pari tous les deux.
Je prends le commandement, d’un Oxley, je garde mon équipage, et effectivement, une nouvelle zone de maraude nous est assignée. Tandis que la discussion autour de nous continue, mentalement, je visualise une partie du trajet que nous devrons faire, et déjà, un point m’inquiète.
Notre hôte clos la discussion en se levant et lançant un : « Bien Messieurs…bonne chance !! ».
Nous nous levons, saluons et répondons de concert un :
-          Sir ! Yes Sir !!
Nous reprenons la jeep, le Second conduit, et je décide d’aller voir ce fameux nouveau sous-marin que l’on nous confit. En chemin je lis à haute voix la fiche technique de ce submersible.
-          Sous-marins classe Oxley…Océanique…un sifflement admiratif…8 tubes de 533 ?!
-          On va pouvoir jouer un peu Commandant alors…dit le Second
-          Jouer ? …je le regarde, levant un sourcil dubitatif…jouer à quoi ?
-          Bah…aux « Oxley » (*) répond-t-il me laçant un clin d’œil amusé.
Je dois avouer que sa réplique m’a fait sourire.
 
Deux jours plus tard…
 
Nous avons pris la mer il y a quelques jours, profitant d’une bonne marée.
Tout l’équipage prenait petit à petit ses marques dans ce nouveau bâtiment tandis que nous faisions route vers notre nouvelle zone de patrouille.
Les hommes, dans les postes, prenaient des paris concernant celle-ci : quel sera le carreau qu’on nous assigné ? Seul le Second et moi avions la réponse…ils ne tarderons pas à être fixés de toutes façons, et l’un d’eux remportera le gros lot.
Plus ou moins isolé dans ce qui me sert de cabine, je mets à jour le journal de bord. Un regard sur la pendule murale m’informe que le changement de quart va bientôt avoir lieu. Je profiterais de ce moment pour donner les renseignements nécessaires à l’ensemble de l’équipage.
Je griffonne encore quelques lignes brèves et j’entends l’interphone grésiller avant d’annoncer le changement de quart.
 
Je quitte ma cabine et vais rejoindre le PCNO dans la confusion des aller et venu des hommes d’équipage.  Je vais vers la table des cartes, et assiste attentif au passage de relève entre le navigateur. J’ai comme ça une idée rapide de notre position.
Les hommes de quart étant à leur poste, et ceux qui viennent de le quitter n’étant pas encore « vraiment » de repos, je décroche le micro de la diffusion générale du bord :
-          Votre attention Messieurs, ici le Commandant …dis-je…Voici nos ordres…je marque un temps…nous nous dirigeons vers le carreau 54-90 afin de rejoindre une partie de l’escadre. Ensuite, notre boulot sera on ne peut plus simple : envoyer un maximum de japonais par le fond ! ...je marque un nouveau temps…je vous tiendrais régulièrement au courant en cas de changements …terminé ! Je raccroche, et dis au Second …Je serais dans la baignoire.
 
Après m’être assuré au périscope et à l’hydrophone que la zone en surface était claire j’ordonne une remontée en surface que L’Orca vient crever la dans un tourbillon de bulles et d’écume.
Agréablement aveuglé par le soleil du pacifique, je franchis le panneau, et me retrouve au grand air.
Je me lance de temps en temps à de brèves évolutions en surface. Il faut bien recharger les batteries. Dans la baignoire, Les hommes de veille sont à la recherche des convois ravitaillant les bases japonaises occupant le moindre atoll du pacifique sud es jumelles rivées aux yeux. Dans le même temps, deux autres scrutent le ciel à la recherche du prédateur redouté : l’avion. Plus tôt la menace, aérienne ou de surface sera repéré, plus les chances de lui échapper seront grande.
-          Kiosque pour central ?...donnez-moi le fond, demande-je dans le porte-voix.
-          80 m Commandant…et ça remonte doucement.
Hum pensais-je, il va falloir proscrire toutes plongée d’urgence au risque de percuter le fond. Si un danger survient du ciel, ou d’ailleurs, il va falloir l’affronter. Le ciel est particulièrement clair, la visibilité est exceptionnelle, ce qui me rassure un peu, la mer, elle est calme, avec une longue houle qui s’étale mollement.
       -     Permission de monter ? Ça, c’est le Second.
       -     Accordé !
Il monte à son tour en passerelle, et vient s’accoudé au bastingage près de moi.
Nous restons quelques instants comme ça, sans dire un mot, profitant du calme ambiant qui peut se rompre à tout instant.
-          Nous avons fait le point avec le navigateur…dit-il enfin…d’après lui et les données de l’Amirauté, nous devrions couper bientôt une ligne de convois japonais…
-          Bonne nouvelle
-          Seul hic…nous somme près d’un atoll important, avec une belle base aéronaval e japonaise
-          Erf…mon regard se porte vers le ciel…continuons comme ça, on les verra bien arriver assez tôt.
Nous continuons notre sur notre cap, aussi attentifs que possible à tout ce qui pourrait surgir de l’horizon.
-          Contact visuel !! hurle soudain une vigiefumées à l’horizon : Gisement 45 !!!
Par reflexe, tous les regards armés de jumelles se tournent vers l’endroit indiqué. En effet, noyées dans les brumes de chaleur, on distingue quelques fumées noires…j’en compte une demi-douzaine personnellement.
-          On évacue la passerelle !! plonger immersion périscopique !!
Nous évacuons la baignoire, moi le dernier, et referme le panneau étanche derrière moi tandis que le sous-marin s’enfonce doucement sous les flots.
 
A bord du Narwhal, un silence de cathédrale à pris place.
L’opérateur sonar, dernier maillon de la chaine d’écoute maintient les hydrophones orientés dans l’axe désigné pour tenter d’identifier la présence d’escorteurs et anticiper toutes menaces.
A l’arrière, on distingue le ronronnement des moteurs électriques qui tournent depuis la chambre des machines.
Fendant l’élément liquide à une dizaine de mètres de la surface, le Narwhal tel un loup solitaire s’approche du convoi, moteurs en avant demi.
J’ordonne je passe en avant lente, et fait hisser « l’asperge ».
-          J’ai un visuel …dis-je.
 
 
 
Traduction et divers
(*) Jeu de mots plus que douteux, …je sais…
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