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angus Mac Leod
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Bonne brise
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le Ven 16 Aoû 2019, 19:46
Au large des côtes Italiennes…
 
Nous avions quitté La Valette salués par les sirènes des navires marchands qui faisaient de leur mieux pour forcer le blocus que les forces de l’Axe avaient mis en place pour asphyxier, ou du moins pour tenter de le faire, ce cailloux posé entre l’Europe et l’Afrique.
Maintenant, nous faisions route vers notre nouvelle zone de patrouille.
 
Forcément, outre les différentes veilles que je voulais intensives, que ce soit au radar, sonar et jumelles, j’avais insisté sur la surveillance des arbres de transmissions.
Pour l’heure tout ce passe bien : Aucun ennemis d’un côté et aucun problème mécanique de l’autre.
La mer est formée, mais le temps est encore beau et clément.
-          Passerelle ? ici radar : Contacts multiple gisement 120…vitesse lente…
Comme quoi en mer, le calme ne dure jamais bien longtemps.
Je quitte mon siège et vais rejoindre le compartiment radar.
L’opérateur, penché sur sa console, tente de donner une estimation du cap des contacts qui s’affichent en surbrillance sur son écran.
Je m’approche :
-          Ils font route au nord-ouest on dirait commandant : Ce sont des marchands
-          Ok fiston !... On signale ça à l’Amiral, et tiens moi au courant si les choses évoluent.
-          ‘vos ordres Commandant.
Je regagne la passerelle, et retrouve mon siège. Je croise le regard interrogateur du Second.
Je le gratifie d’un clin d’œil rassurant, du moins c’est mon intention, avant de lâcher :
-          Rien de méchant…un convoi Axien qui doit aller  en Lybie.
-          Un convoi a toujours une escorte…dit le Second.
Je ne réponds pas, il a raison. Je fais confiance à notre bonne étoile, c’est tout.
Il n’empêche que, il nous faut rester sur nos gardes.
 
Plus tard…
 
Le radar n’avait pas perdu la trace des cibles potentielles.
Dans un premier temps, l’Amiral avait même décidé que nous allions nous faire les dents sur eux. Mais surement après mûres réflexions, et l’aide d’une reconnaissance aérienne, une autre option s’offrait à nous.
-          Commandant ?!...grésilla l’interphone…l’officier de quart vous fais demander en passerelle.
-          J’arrive…
Je quitte le confort de ma cabine, et vais rejoindre le poste centrale me demandant de quoi il en retourne cette fois-ci.
Casquette relevée sur le haut du crâne, mon éternel vieux battle-dress de la R.A.F porté sur une chemise de propreté douteuse, mon entrée trouble à peine l’activité qui règne sur la passerelle de commandement, un matelot saluant juste celle-ci d’un «  Commandant sur la passerelle ».
Je ne suis pas très regardant sur la tenue de mes hommes, ni sur la discipline en mer, hormis en cas de combat pour celle-ci.
-          Repos…dis-je…Alors qu’est ce qui se passe ?
-          Message de l’Amiral :...dit l’officier de quart, me tendant une feuille manuscrite de vacation radio…une reconnaissance aérienne à découvert une flotte italienne dans le secteur 40/90. Nous avons reçu l’ordre, …il précise…toute la flotte, doit faire route vers cette zone.
Je parcours rapidement le document, en faisant une petite moue, et souris, en lisant le nom de code de l’opération.
Je décroche le micro de l’interphonie générale :
-          Votre attention s’il vous plait : Ici le commandant…dis-je…Nous allons nous diriger vers le carreau 40/90. Une flotte ennemie a été signalée par une de nos patrouilles aériennes. L’Amirauté compte sur la Force B pour leur montrer ce qu’on a dans le ventre…une série de « hourra » se fait entendre… Nom de code de l’opération : Al dente !...maintenant ce sont des rires qui montent…Messieurs, je vous rappelle que nous sommes dans une zone dangereuse : La méditerranée n’est pas l’atlantique !...et vu notre position, nous sommes entre le marteau le l’enclume, alors : il faut rester sur nos gardes !....terminé !...je raccroche.
 
Le second vient vers moi, déchiffre à son tour les ordres que nous venons de recevoir.
Je lui demande de venir à la table des cartes : En tenant compte de notre cap, et de notre vitesse actuelle, nous traçons une orthodromie jusqu’à la zone ou les bâtiments ennemis ont été aperçus.
Si pour quelques raisons que ce soit, la flotte venait à être dispersée : nous aurions cette route de secours.
Nous jugeons le résultat de nos calculs satisfaisant et décidons d’aller prendre l’air sur la plage arrière avant le repas. Accoudés au bastingage, nous regardons le sillage d’écume que laisse notre navire derrière lui.
-          Opération « Al dente »dit-il…j’espère que ce ne sera pas l’enfer.
-          Second, encore un jeu de mot comme celui-ci et je fais passer par-dessus bord. Puisse-t-il néanmoins avoir raison. Je soupire…Allons prendre un peu de repos : s’il doit y avoir de l’action, autant être au mieux le moment venu ! dis-je avant de regagner ma cabine.
 
Combien de temps ais-je dormi ? Aucune idée…Toujours est-il que lorsque le second est venu me tirer de mon sommeil, j’ai sursauté. Les yeux pleins de surprise, je vois son visage penché sur le mien alors qu’il me secoue en disant, du moins c’est ce que je crois comprendre : «  Commandant !! ….commandant…debout !! Réveilles-toi !! »
Le cœur battant je redresse sur ma couchette, et met un instant avant de retrouver la totalité des mes esprits :
-          Trois fois qu’on appelle à l’interphone !! dit-il…tu ne réponds pas !!
-          Surement que l’interphone ne marche pas ! dis-je, en mode mauvaise foi. Je regarde par le hublot : il fait nuit.
Pour me faire mentir, celui-ci grésille « Commandant de passerelle ».
-          Il est réveillé répond le second…on arrive !
Je peste un peu pour la forme tandis qu’il me pousse dans la coursive en me mettant ma casquette de service, tandis qu’il m’explique de quoi il en retourne. Deux de nos navires ont engagé un croiseur italien à deux miles de notre position : Celui-ci est mal en point mais, l’Amiral demande à ce que ceux qui sont les plus près vienne lui donner le coup de grâce.
-          Et les plus près, entre autre, c’est nous !Conclue-t-il
-          Je vois dis-je…en entrant dans la poste centrale…Très bien Messieurs !! Aux postes de combats !!
-          Nous sommes déjà aux postes de combats…me glisse à l’oreille le second.
-          Commandant, le bâtiment ennemi est un visuel sur notre tribord avant : Il est à portée des TLTs et nous avons une solution de tir dit l’officier d’armement.
Je sors sur la passerelle de veille, et regarde dans la direction avec un des binoculaires.
L’Italien accuse une gîte de quelques degrés, des incendies éclairs ses plage avant et arrières, il n’est visiblement plus en état de répondre.
-          Ok ! dis-je…finissons-en !! TLTs FEUX !!
L’ordre est répercuter, et l’instant d’après, nos « poissons » tracent un mortel sillage en direction du croiseur italien. 
Six explosions se font entendre, que l’équipage accueille avec une joie non dissimulée. Joie qui retombe vite, voyant que l’italien ne s’enfonce pas pour autant sous les flots.
-          Touché….dit le Second
-          Mais pas coulé…ajoutes-je.
 
D’autre navire de la flotte se mettent en position : C’est le Thorn Kiss et l’Alcyon2.
Je les regarde manœuvrer pour se mettre dans un axe de tir optimum.
Nuls doutes que « Belle Epine » et MacBener  vont  eux, lui régler son compte.
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le Mer 04 Sep 2019, 13:26
[ Tripoli pour être honnête…]
 
Cap au sud, notre navire fend les flots avec la régularité d’un métronome.
Encore une fois, la flotte navigue de concert, et se dirige à présent vers les côtes africaines, dans l’intention d’aller couper les ravitaillements des troupes italiennes en Lybie.
Pour l’heure, les exercices se poursuivent, et la vie de l’équipage est réglée entre les quarts, et l’entrainement dans les différents postes ou compartiments.
C’est ce qui semble perturber mon Second :
-          Commandant…dit-il…à ce rythme les hommes seront fatigués et le moment voulu…
-          Second, que crois-tu que les hommes préfèrent : Etre fatigués ? ou morts ?
Il hausse les épaules en disant :
-          Vu comme ça évidemment….
J’essaie juste d’appliquer un principe élémentaire, que nos ennemis depuis Frédérique II ont adopté depuis longtemps : «  La sueur épargne le sang ».
Je veux que mes hommes aient confiance en eux, en moi, et que le jour où ils seront confrontés à un problème, ils agiront plus par reflexe ou par devoir qu’en réfléchissant…de trop.
 
Sur l’écran radar, soudain, plusieurs spots apparaissent.
Le Second, qui observait, se raidit sous le coup de la surprise tandis qu’il demande à ce qu’on me fasse appeler. Je me précipite au poste centrale, parcourant les coursives du navire.
-          Commandant sur la passerelle ! dit un matelot me voyant entrer.
-          Repos…dis-je, en m’approchant du poste radar…Alors ? qu’est-ce qu’on a ?
-          Nombreux échos radars commandant…dit le matelot…Ils arrivent droit sur nous !
-          Marchands ?
-          Non …répond le matelot…trop rapides pour ça : Ce sont des navires de guerre.
J’écoute, un instant tandis qu’il me donne d’autres précisions sur eux concernant leur vitesse, leur cap, etc…etc…
-          Équipage aux postes de combats, dis-je.
L’ordre est répercuté, et exécuté dans la foulée. C’est là que l’on voit que l’entrainement paye.
Un à un, les postes rendent comptes de leur état de préparation. Mentalement, à chaque message, je visualise une petite lumière verte : machine ? Ok !...torpilles ? Ok….
Parfait, il ne reste plus qu’à avoir l’ennemi  en visuel. Ce qui ne tarde pas.
-          Commandement ? Ici passerelle de veille !...
-          Commandement j’écoute ! dis-je répondant à l’interphone.
-          Contact visuel : gisement 235 !...vitesse estimée : 25 Nœuds …contacts classés ennemis : Deux destroyers, un torpilleur et un navire identifié comme canonnière ou navire colonial !
-          Radio ? prévenez l’Amiral : Engageons navire ennemis…donnez notre position …je décroche l’interphonie générale…Ici le commandant : On passe à l’attaque ! A tous les postes, rendez compte dès réception, … à l’officier d’armement….attaque avec les armes principales : feux à volonté !
Voilà : Je ne dois pas être le seul à prendre cette décision.
Toute la flotte, du moins notre groupe se dirige machine en avant toutes vers l’escadre ennemie.
Bientôt, les premières gerbes viennent encadrées les bâtiments, que ce soit les nôtres ou les leurs. Par chance, nous ne sommes pas touchés durant cette phase de l’engagement.
Mais nous envoyions par le fond deux navires italiens et en endommageons deux, assez lourdement pour que le reste de l’escadre puissent les achever.
En quelques heures, la mer se couvre de mazout en flamme, de divers débris et canots de sauvetages.
Nous vérifions que toutes menaces sous-marines soient écartées, et, certains d’entre nous se hasardent à secourir les rescapés, l’arrachant à une mort lente et affreuse.
 -           Ok Second,…dis-je…fais rompre aux postes de combat. Mais je veux que les armes soient approvisionnées et servies en permanence jusqu’à nouvel ordre
Comme après chaque combat, je demande un rapport sur l’état des munitions et des éventuelles avaries que le bâtiment aurait pu subir. Un matelot me le portera dans ma cabine
 
Quelques heures plus tard, dans ma cabine…
 
La tasse de thé fume et rempli la pièce d’une légère odeur de bergamote, tandis que je finis de remplir le journal du bord.  Le bilan est assez positif : deux destroyers et un torpilleur coulés, et nous avons endommagé certains autres navires ennemis.
Une belle liste, mais je redoute que nous ayons suffisamment de munition pour continuer. Ce qui m’inquiète plus que tout, à ce niveau, c’est que nous avons tiré, certes par erreur, nos torpilles et que si un « gros cul » vient à croiser notre route, on va se retrouver avec le pantalon sur les genoux.
Mes craintes sont malheureusement confirmées par l’arrivée du second et de l’officier d’armement.
Ils me tendent le rapport, que je lis en grimaçant :
-          On en est là ?
-          On en est là ….répond-t-il…on a à peine de quoi tirée une salve.
Je hoche la tête, et jette le rapport sur le bureau, en disant :
-          Autant se défendre avec un lance-pierre…ma décision est prise. Transmettez au « MacInnis » : Sommes a cours de munition –stop- Faisons route sur La Valette –Stop-…j’enfile un pull-over, et glisse ma casquette sur mon crâne…je vous retrouve en passerelle.
Une fois là-haut, on m’informe que nous ne sommes pas seul à prendre la route de retour.
D’autre doivent même passer par le bassin de carène histoire de se refaire une santé.
L’escale ne durera pas longtemps pour nous, …le moins possible en fait : l’amirauté préférant savoir ses navires en mer, à harceler l’ennemis plutôt qu’à quai à servir de cibles statiques aux bombardiers ennemis. Bientôt, nous sommes paré à reprendre la mer.
Ce que nous faisons dès que possible.
 
Mer Méditerranée, au large…
 
Nos ordres sont de rejoindre un nouveau point de rassemblement.
En effet un de nos sous-marins, le « H.M.S.Unseen », a signalé une escadre italienne importante. Son signalement a été confirmé par une reconnaissance aérienne du Costal Command.
L’importance de cette armada affole l’état-major qui craint qu’elle vienne briser notre ligne de blocus en direction des cotes africaine, facilitant ainsi l’approvisionnement des contingents ennemis et mettant en péril l’armée du Maréchal Montgomery.
 
Nous avons rejoint le reste de la force B, tous les bâtiments naviguent en formation échangeant par signaux optiques des messages divers. Accoudé au bastingage, je regarde le soleil se coucher doucement. Les éclats de nos projecteurs semblent donner le signal  de départ aux étoiles qui commencent à scintiller.
-          Commandant ?
-          Humm…dis-je sortant de ma rêverie.
-          Contacts radar s…gisements 257….cap estimé : Sud-ouest….dit le second…tu devrais venir voir.
C’est ce que je fais.
Dans le local radar sur l’écran, apparaissent une nuée de points clignotant accompagnés d’un « Ping » glaçant. J’en dénombre au moins une dizaine.
-          Tout le monde a son poste….dis-je…rappelle aux postes de combat !
 
Sur tous les navires de la flotte, le rituel doit être le même : Sirène….branle-bas….klaxon….tandis que les hommes se précipitent à leur poste, refermant derrière eux les porte étanches qui compartimente le bâtiment.
-          Bâtiment paré au combat Commandant…
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le Mer 16 Oct 2019, 23:00
Beaucoup, beaucoup,…mais alors beaucoup plus tard…
 
Il y a une règle commune à presque toutes les armées du monde, qu’elles soient de terre, de mer ou de l’air. Et cette règle, la voici : «  toujours attendre le contrordre avant d’agir ».
Alors que militairement et, psychologiquement parlant, nous nous préparions à réduire en pièce la flotte italienne au moins dans sa plus grande partie au sein de celle que les romains appelaient la «  mare nostrum », entendez par là la Méditerranée, voilà que nous venions de passer Gibraltar en direction de l’Atlantique…le pire ? sans même avoir fait une escale le temps de prendre une bière.
 
Il y a une raison à cela…
L’amirauté avait décidé que nous devions aller porter main forte à une flotte alliée en difficulté.
Cap plein nord, j’étais avec le Second autour de la table des cartes, faisant le point de la situation.
Une chose me perturbait…il y avait trop de monde autour de nous, vu les échos radars.
« Yessir » me regarde, devinant mes pensées tandis que je mâchonne un bout de mon crayon à papier.
-          Tu sais commandant….dit-il…je ne serais pas étonner qu’on tombe sur quelques U-Boots.
J’opine du chef :
-          Moi non plus…dis-je….vu le nombre de marchand dans le coin, les allemands doivent protéger ces convois d’une façon ou d’une autre.
Le moins bon des élèves de la pire académie navale du monde peut facilement en venir à cette observation.  L’ennui, c’est que le golfe de Gascogne, du moins dans mes souvenirs est une sorte de nid pour sous-marins et je ne serais pas étonné qu’on puisse se retrouver nez à nez avec l’un d’eux.
Je relève ma casquette  sur le haut de mon crâne, et passe une main sur mon visage :
-          Veille Sonar, radar et oculaire accentuées…dis-je…le moindre écho, même furtive doit être pris en compte !
-          La routine quoi…répond le Second.
-          Je préfère être paranoïaque que  naufragé,…dis-je.
Sur ce, je vais prendre l’air sur la passerelle de veille découverte.
L’air iodé et les embruns me fouettent agréablement le visage. La mer est formée, mais le ciel est clair. Je profite encore de ce qui sera peut être le dernier instant de calme avant la tempête…qu’elle soit de météorologique ou guerrière.
Mon instinct ne m’avait pas trompé. Quelques heures plutôt, un navire allié détecta un sous-marin, et engageât l’ennemi en relayant l’info à la radio. Les bâtiments les plus proches dont le nôtre, firent route afin de l’achever.
L’ennemi était coriace : Arrivant sur place parmi les derniers, il nous fallut quatre tirs de mortiers pour voir enfin apparaître une nappe d’huile en surface accompagnée de quelques débris, marquant ainsi le tombeau de l’U-Boot.
L’équipage ajoutera une silhouette de sous-marin dorée à la peinture à la porte menant à la passerelle de veille. Je me tourne vers le Second :
-          Un de plus…dis-je…bon comme d’hab’ : Rapport complet sur l’état du navire et des armements le plus rapidement possible.
-          A tes ordres Commandant !
 
Encore un peu plus tard…

Le moral de l’équipage est au beau fixe.
Sans doute que le fait que nous remontons le canal  St George n’est pas étranger à la chose : Certain doivent espérer une prochaine escale dans un de nos ports. Ils vont être déçus…
La guerre, elle, ne demande pas de trêve ; Ou alors à de rares exceptions.
Je n’ai pas encore annoncé aux hommes que ce ne sera pas pour cette fois. Les ordres de l’Amirauté venaient de tomber et nouvelle opération se dessinait.
Notre croiseur, j’aime à le croire, tiendrait sa place dans celle-ci.
Cela faisait combien de temps que je n’avais pas vu Dorothy ?  J’avais commencé à compter…puis, la guerre prenant le dessus, j’avais arrêté. Mais comme dit le poète : « quand on aime, on ne compte pas »….par contre, on écrit.
J’avais sur mon bureau une pile de lettres attachée en elles par un lacet. Je m’étais promis de la donner à la prochaine escale. A ce rythme-là, je finirais par lui donner en main propre.
J’en suis là dans mes pensées lorsqu’on frappe à la porte. Je réponds un «  entrez » à peine motivé.
C’est le Second :
-          Commandant ?! …’scuse de te déranger mais….
-          Qu’est-ce qu’il y a ?
Sans répondre, il me tend une planchette de bois sur laquelle sont pincées plusieurs feuilles de papiers venant du local radio : les ordres…
-          Donnes, dis-je en tendant une main.
Je parcours d’un œil concentré les feuillets, en  les signant rapidement d’une écriture nerveuse.
Je me lève de ma couchette, et vais regarder pensivement par un des hublots de ma cabine.
Inquiet, ou impatient, le Second hésite :
-          Commandant...
-          Je vais parler à l’équipage, dis-je.
 
Quelques minutes plus tard, je suis en passerelle de navigation, bien décidé à expliquer de quoi il en retourne à l’équipage.
Je décroche le micro de la diffusion générale du bord.
-          Votre attention Messieurs…dis-je…Ici le Commandant…je sais que certains d’entre vous attendaient une permission méritée, mais…je marque un temps...Ce ne sera pas pour cette fois. Je peux presque entendre d’ici les réactions négatives de mon équipage. Je poursuis…L’amirauté nous destine à une nouvelle opération : nous devons faire notre job !...l’Atlantique, messieurs, regorge de navires ennemis en tous genre,…je marque un temps…nous allons faire un peu de ménage la dedans ! Terminé
Je raccroche le micro.
Sur la table des cartes, je cherche  à l’aide des dernières consignes reçues, un point précis, pas très éloigné de nos ports et relativement à l’abri d’une attaque ennemie.
-          Timonier ?! …cap au 345 ! machines en avant deux tiers !
-          Vos ordres Commandant !  répond l’homme…cap au 355, en avant 2/3.
-          Parfait !...dis-je…Second ?! Réunion des officiers au carré dans 30 minutes !
 
30 Minutes plus tard…
 
 La houle c’est levée, la mer est de plus en plus forte
Je rentre dans le carré, la pièce baigne dans un brouillard de bleuté de fumée de cigarettes.
L’odeur âcre me prend à la gorge, je salue les présents d’un « Messieurs » rapide avant d’aller ouvrir les deux hublots.
-          Messieurs, comme je vous l’ai dit : pas d’escale !...Nous ravitaillerons en mer : préparer vos hommes à la manœuvre.
-          Par ce temps ? ‘fin je veux di
-          Naturellement Johnson, si vous me garantissez une météo clémente…quelques rires nerveux…ensuite, quand nous aurons le ventre plein, nous recevrons nos ordres pour la prochaine opération…Quelques hochements de têtes…Stuart ? vous êtes le bosco du bord ?
-          Yes sir
-          Repas amélioré pour ce soir, que les hommes gardent le morale.
-          Ce sera fait commandant !
 
Cela ne remplacera pas une bordée dans les bars, tavernes et autre pubs…
Cela ne remplacera pas les bras et le parfum suave d’une fille…
Mais la guerre, tout comme l’amour, a ses raisons que la raison ignore
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le Ven 15 Nov 2019, 14:56
Mer du nord, beaucoup  plus tard…
 
Le froid…nouvel ennemi de l’équipage.
Des paquets de mers viennent s’écraser sur le pont, recouvrant celui-ci d’une carapace de glace que l’équipage s’échine à dégager à coups de pelles et de pioches. Si l’on ne fait pas cette corvée, le surplus de poids occasionné pourrait faire chavirer le navire.
La zone est déjà assez dangereuse comme ça, pas la peine de rajouter un ou des risques supplémentaire.
 
Pour ma part, je suis bien au chaud dans ma cabine, essayant de mettre à jour le journal de bord.
C’est étrange comme une bataille acharnée se trouve résumée en quelques lignes, voir quelques mots : «   le 09 octobre 194x Sous-marin coulé position … » ….ou, « avons engagé torpilleur ennemi en… » .L’interphone grésille :
-          Commandant ?!...on vous demande en passerelle !
-          J’arrive…dis-je , refermant le journal de bord.
J’attrape ma casquette, et enfile mon battle-dress  de l’air force avant de me rendre au poste central de navigation.
Je grimace en voyant le temps qu’il fait dehors. Le ciel est complètement bouché le vent mêle embruns et flocons de neige, et la mer grise est plus que formée forçant le bateau a plonger dans la plume.
-          Des hommes dehors ? Demande-je
Le Second regarde sa montre avant de répondre :
-          Ils ne vont pas tarder à rentrer…un thé bien chaud leur fera pas de mal.
Je ne réponds pas, me contentant d’opiner du chef.
Ce qui me travail, c’est le message radio de l’amirauté que l’on vient de recevoir : Visiblement, une importante flotte de navire ennemis est à nos trousses.
Le Second partage sans aucuns doutes mon inquiétude.
Je me tourne vers lui :
-          Combien d’échos au radar ?
-          Euh…il grimace…une vingtaine environ. Et ils nous foncent droit dessus.
-          Taigh-siùrsachd ! (*)....peste-je….rien que ça !...je relève ma casquette sur le haut de mon crâneon a intérêt à la jouer fine sur ce coup. Rien au sonar ?...il répond négativement de la tête.  Du coup d’ajouteça nous fait au moins une bonne nouvelle.
Je sais ce qu’il attend : il attend des ordres, des consignes…n’importe quoi pourvu que ça permette d’occuper l’équipage. Il ne faut pas « penser » à la guerre, il faut juste la faire.
-      Alors ? demande-t-il.
Je me dirige vers la table des cartes, fouille un peu, et trouve celle que je cherche. Je lui fait signe d’approcher.
Alors c’est simple…je trace un cercle au crayon bleu…Ici, on a une flotte allié aux prise avec des coriaces : Italiens et Allemands….je marque un tempsvoir Roumains….nous, nous sommes ici…je marque notre position d’une croixet là, on les affreux …je trace un cercle rouge et anticipant les ordres de l’Amiral...voilà ce que nous allons faire : on va se positionner « en bouchon » et retarder l’arrivée des affreux vers les coriaces !
-          Pfffiou !...souffle –t-il…c’est  une mission suicide !
-          Non ! Dis-je….juste la guerre…on les retarde 24 h00…et on file dans cette directionje trace une flèche….et on les rejoint, histoire de finir les derniers éventuellement.
-          Prépares toi à écrire des lettres Commandant, dit-il en soupirant.

 

Je ne réponds pas.
Je ne réponds pas, parce que ma décision est prise de toute façon : c’est que les hommes attendent d’un officier.
Une action, une situation,… celle-ci appelle un acte, un choix…peut-être que la guerre ne tient qu’a cela finalement.
Je regarde ma montre, puis l’horizon :
-          L’aube ne va pas tarder…dis-jesoyons prêt.
Le Second hoche la tête. Je décroche le micro de l’interphonie.
-          Votre attention Messieurs, dis-jel’ennemi approche, mais nous avons encore quelques heures devant nous avant la bataille….je marque un tempsje ne vous cache pas que la lutte sera rude, mais je sais que chacun de vous fera son devoir avec abnégation.
 
C’est ce que nous avons fait, tous : du matelot en salle des machines à l’officier en passerelle, aucun ne démérita. Notre navire tira ces obus jusqu’au dernier avec l’aide des FNFL, l’’armada ennemie fut mis en déroute.
Bien entendu les rapports d’états que je demande en fin d’engagement confirmèrent la chose.
Je fis émettre un message radio demandant un ravitaillement en mer.
Une fois celui-ci fait, nous étions de nouveau prêt à en découdre ce qui ne devrait pas tarder si j’en crois le second :
-          Commandant ? l’Amirauté vient d’envoyer ce message, dit-il me tendant une feuille
Je la prends, et lis «  Soupçonnons présence d’U-boots  près de vos positions - stop- règle d’engagement libre – Stop- God save our queen –stop- ».
-          Quel cap ? demande-je en me tournant vers l’homme de barre.
-          Cap Est Commandant répond celui-ci
-          Parfait…je hoche la têtecontinuons comme ça pendant quelques nautiques.
 
S’il y un ou des subs la dessous, autant qu’on les trouvent les premiers.

Je tiens a ce qu’on garde le contrôle de la situation.
 
 
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse :

(* ) Bordel !!
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le Mar 03 Déc 2019, 16:47
Toujours en mer du nord, quelques temps plus tard…
 
Toujours ce froid qui met hommes et machines à rude épreuve, mais le bâtiment tient bon.
Sur l’écran radar, quelques points clignotent, indiquant les positions des navires alentours.
Nous naviguons cap au nord,  en essayant de rester groupés pour appliquer  le vieux dicton disant que l’union fait la force.
Une drôle d’ambiance règne à bord : à la fois détendue et studieuse, insouciante et inquiète
L’officier radio vient à moi :
-          Le bulletin météo Commandant…dit-il me tendant une feuille de papier.
Je le remercie d’un signe de tête avant qu’il ne retourne à son poste, et  la parcours en grimaçant avant de la poser sur la table des cartes.
-          Toujours cette foutue dépression venue du Spitsbergpeste-je. J’en profite pour tenter de faire un point précis, sur notre position.
-          Des jours qu’on n’a pas vu le soleil  dit le Seconddifficile de faire un point, mais grosso modo, on devrait être dans ce secteuril trace un cercle de l’index sur la carte.
Je jette, plus que je ne repose, le compas a pointe sèche que je tenais à la main en soufflant, un sourire amer aux lèvres :
-          Ça finira bien par se lever un jourdis-jetachons de ne pas perdre de vue le reste de la flotte.
C’est ce que nous fîmes, en mettant cap au Nord.
La météo s’arrangea un peu, ce qui permit enfin de calculer notre position.
A la nuit, nous  étions a quelques nautiques des côtes, et l’Amiral avait décidé de profiter de notre « balade » dans le secteur pour tenter de couper les lignes d’approvisionnement ennemies.
Si près des terres, je ne craignais pas, ou moins, les attaques d’U-boots. Je me méfiais plutôt des attaques aériennes. Par chance, le ciel encore assez couvert diminuait le risque de repérage.
Sur la passerelle de navigation tout le monde est en alerte.
Les veilleurs s’usent les yeux à travers les optiques des jumelles, cherchant l’ennemi. Un des officiers tape d’une main  au carreau depuis la passerelle couverte, agitant de l’autre un papier. Je rentre.
-          Commandant ?! Le Nelson signale un convoi faisant cap au Nord Est..
Je me dirige vers la table des cartes :
-          Nord Est hein ? ….je trace un axe au crayon  depuis notre positionquelle distance ?
-          Environ deux nautiques
-          Ils viennent droit sur nousdis-jeon a plus qu’à les attendre !
-          Ce serait presque trop faciledit le Second méfiant….c’est louche !
-          En attendant,  on maintient le cap, et l’allure, dis-je. ..que les hommes se tiennent prêts : ils seront là à l’aube.
 
A l’aube, ou presque…
 
Je viens de reprendre mon poste en passerelle.
Le second à fait prendre les postes de combats, et tout l’équipage est sur le qui-vive.
Une grande partie des veilleurs tente de percer la brume en direction du Sud-Ouest, là où doit surgir l’ennemi, les canons et les tubes lance-torpilles sont prêt à faire feu dès que l’ordre sera donné.
-          Radar ?!...toujours rien ? dis-je dans le tube porte-voix
-          L’ennemi est toujours en approche, cap inchangé et vitesse constante
-          Parfait….ça devrait pas tarder.
Le ciel commence à se teinter de blanc et de rose à l’Est. La mer est étrangement calme, presque une mer d’huile. La couleur ambiante mêlée à la brume donne un air surréaliste à l’océan : pour un peu, on pourrait à voir surgir de la brume la silhouette fantomatique du « Hollandais Volant ».
Mais…Mais ce n’est pas lui qui surgit à cet instant, a en croire une des vigies :
-          Bâtiments par tribord avant !! azimut 340 !
Toutes les paires de jumelles se tournent dans cette direction, les miennes compris.
Je distingue des ravitailleurs, des pétroliers…rien de bien dangereux pour nous.
Je décroche l’interphone, déclenchant une sonnerie dans le local que je veux joindre :
-          Direction de tir j’écoute ?!
-          Ici le commandantdis-jeils sont à vous Thomas : faites votre choix !
-          M’ci Commandant !!
L’instant d’après, les tourelles de 133 pivotent, redressant légèrement les futs des canons. Et soudain, de toutes les pièces de la flotte jaillissent le feu et le fer.
En face ? C’est la surprise totale. Bientôt tous les navires ennemis sont qui en flamme, qui percé de toutes parts donnant de la gîte à plus ou moins forts degrés.
Le bilan n’est pas encore définitif, car si la bête est blessée, elle n’est pas encore morte.
Je rappelle la direction de tir :
-          Direction de tir j’écoute ?!
-          Thomas … dis-je…qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Pourquoi ces engins ne sont pas au fond?
-          ‘Sont plus coriaces qu’ils en ont l’air Commandant !
J’aurais pu répondre «  comme d’habitude » mais je n’en fis rien. A la place je me contente d’une remarque qui n’appelle pas de contestation, celle-ci :
-          Foutez les moi au fond,  et vite !!
-          Comptez sur nous Commandant !
-          J’espère bien, ouaisje raccroche.
 
Pendant encore quelques instants, les deux flottes manœuvrent tant bien que mal, l’une pour se placer en position de tir favorable, l’autre pour tenter d’échapper à un destin funeste.
Les fumées des incendies, masquent maintenant le lever de soleil.
De nouveau nos tubes crachent la mort, mais cette fois-ci, c’est avec un coup de 40mm que nous achevons un ravitailleur agonisant.
-          Sin agad e !!(*)…dis-je pointant mes jumelles sur la carcasse qui, déjà s’enfonce dans les eaux de la mer du nord…un de moins !
Chaque coup au but que ce soit de notre part ou d’un des autres navires de la flotte est salué à bord par des « hourra » et des applaudissements.
Mon attention est attirée par un navire, déjà bien mal en point, qui tente de profiter de la pagaille pour s’échapper : Un allemand tentant de filer à l’anglaise !!
Je me penche sur le porte-voix de la direction de tir :
-          Thomas ?!...ici le Commandant. On une cible qui tente de s’échapper à Bâbord : Achevez le moi !!
-          Reçu commandant !
De nouveau les tourelles qui pivotent et les flammes qui sortent des tubes.
Les cris de l’équipage montent lorsque le bâtiment ciblé explose, teintant d’un orange vif le ciel environnant.
-          Coulé…dit simplement le Second.
Je fais un tour d’horizon découvrant une mer libre de tout adversaire. Un léger sourire nait sur mes lèvres lorsque je laisse pendre doucement mes jumelles.
-          Transmettez à l’Amirauté : « route du fer coupée –stop- » dis-je. Puis je décroche la diffusion générale :..Ici le Commandant…félicitations à tous ! La mission est accomplie. Terminé !...je raccroche…Second ?! Comme d’habitude : rapports sur les états du navire au plus vite, et fais donner une ration de rhum à l’équipage pour fêter ça !!
 
Mission accomplie…pour l’instant.
Moi, je regagne ma cabine, j’ai une lettre à écrire…
 
 
 
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse :
(*) Et voilà !!
angus Mac Leod
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le Dim 05 Jan 2020, 12:59
H.M.S Braveheart, quelque part en mer…
 
Un matelot est venu me prévenir que, comme je l’ai demandé, tous les officiers sont réunis au carré.
Nous venons de recevoir les nouveaux ordres de l’Amirauté,  que je relis une dernière fois avant d’entrer dans la pièce, et force est de constater qu’ils ne vont pas faire l’unanimité.
J’ouvre la porte et avant que tous se lève je lance un « repos » que j’accompagne d’un geste de la main. Sur la table, une théière trône en bonne place, et déjà quelques quarts sont remplis devant les officiers présents. Avant de dire quoique ce soit, je m’en sers une tasse, ajoute un nuage de lait, et je prends le temps de les regarder un instant.
-          Messieurs…je prends une gorgée de thé…Je crains d’avoir de mauvaises nouvelles à vous annoncer…Dans la pièce, j’entends quelques soupires monter…nous venons de recevoir les nouveaux ordres de l’Amirauté.
-          On rentre à la maison ? demande l’officier d’armement.
Je fais non de la tête. S’en suit une discussion plus ou moins animées entre « les huiles » du bâtiment que je tente de calmer avec une autorité toute relative, jusqu’à ce que je finisse par taper du poing sur la table. Immédiatement, l’hystérie se calme.
Je sens que le message va avoir du mal à passer. Je me dirige vers le mur et dévoile une carte de l’Europe du nord. Sur celle-ci, tracée au crayon rouge, une ligne qui donne la route que la flotte devra suivre. Le silence qui suit ne dure pas.
Et je me mets à leur place : Passer ce détroit, nous fait entrer dans ce qui pourrait bien se transformer en nasse pour notre flotte.
-          Un peu de silence Messieurs….rien ne se passe : donc, de nouveau un coup de gueule….SILENCE !!...je soupire…  Taig-siùrsachd !! (*)
-          Ils veulent nous envoyer à la mort !! dit un des officiers.
-          C’est la guerre…dis-je simplement…nous ne sommes pas les seuls dans le monde à prendre des risques en ce moment.
 
Dans le brouhaha qui suit, difficile de dire qui est pour ou qui est contre cette option.
Il est vrai que, passer ce foutu détroit est un pari audacieux. Mais comme disent nos amis du Spécial Air Service : «  Who dare win » (**). Le bruit se calme peu à peu, et les regards de tous se portent sur moi.
Je me dois de faire revenir l’ordre à bord.
-          Un peu de calme Messieurs…dis-je, nous sommes sur un navire de guerre, et à ce titre nous ne sommes pas là pour juger les ordres, mais pour les exécuter…je marque un temps…vous, comme moi…Je me lève et fais quelques pas dans le carré. A l’académie navale, nos instructeurs nous répétaient sans cesse que «  Réfléchir, c’est commencer à désobéir »…nous passerons le Kattegat, si possible de nuit et par un temps aussi dégueulasse que celui d’aujourd’hui...je me tourne vers l’aumônier du bord…je veux une prière...
-          Une prière Commandant ?....il grimaceje. ..je craints de ne pas comprendre…
-          Une prière pour le mauvais temps….j’ajoute…je veux une nuit sans lune et un brouillard à couper au couteau !!
-          Il ne sait que répondre.
-          Et rapidement...je regarde toute l’assemblée, un peu surprise, et ajoute,…ce sera tout messieurs…vous pouvez regagner vos postes.
 
Bruissement des chaises qui glisse sur le sol, quelques commentaires plus ou moins pertinents que je fais mine de ne pas entendre tandis que tous quitte la salle.
Seul reste le Second, qui une fois le dernier sorti referme la porte doucement.
Nous échangeons un regard entendu avant qu’il ne me dise !
-          Commandant, …il soupire…je ne te contredirais jamais devant les hommes…il soupire à nouveau…mais je pense que là, ils ont raison.
-          Je comprends leurs inquiétudes…dis-je, un peu énervé…tu ferais quoi  à ma place ?
Il hésite à répondre, avant de lancer à mi-voix :
-          Probablement la même chose peut être…
-          Dans ce cas la messe est dite…dis-je. Puis le regardant…Nous sommes une équipe, un binôme, si nous avons confiance : « ILS » auront confiance. Je parle peut être sans savoir, mais c’est ce que j’attends de mon équipage…Nous suivrons les ordres, un point c’est tout.
-          Yes sir !...dit-il, un peu dépité me saluant avant de sortir. Il se dirige vers la porte, je le retiens, lâchant :
-          Second ?!...Il se retourne…plus que jamais, j’ai besoins de toi…ne me lâche pas…cela ressemble plus à une prière qu’a un ordre. Il opine du chef avant de répondre :
-          Je serais là.
 
Le second sorti, je me retrouve seul dans le carré.
Je ne remarque que maintenant qu’il avait été décoré, pour les fêtes de fin d’année par les hommes du bord. Sans doute avaient-ils prévu une petite fête : Ils auraient débouché quelques bières et auraient trinqué à la nouvelle année en chantant des chansons de corps de garde…certains auraient sans doutes pris un coup de cafard passager en pensant à une fille laissée dans un port lors d’une escale.
Lorsque je vais pour sortir, en ouvrant la porte donnant sur la coursive, je tombe nez à nez avec le cuistot du bord et deux matelots portant des plats divers.
-          S’cusez Commandant…dit le cuistot…on amène les plats pour la p’tite fête de ce soir.
-          J’vois ça…
-          Vous en serez Comandant ?
-          Je…je passe une main sur mon visage. Ma place est-elle parmi eux ?...je ne sais pas encore, j’ai...
-          L’équipage compte sur vous Commandant.
A mon tour j’opine du chef, la boucle est bouclée d’une certaine façon
-          Alors je serais là
 
Je me dirige vers ma cabine.
Sur la diffusion générale, le radio a pris l’initiative de passer quelques chants de noël.
J’imagine que d’autres, ou les mêmes doivent passer sur tous les navires alentours qu’ils soient de notre côté, ou de l’autre.
 
 
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse et divers
(*) Bordel !!
(**) Qui ose gagne
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le Dim 02 Fév 2020, 20:08
Janvier 194X, quelque part en mer…
 
Au gui l’an neuf dit-on.
Espérons que cette année verra la fin de ce conflit. C’est du moins ce que j’espère, même si la guerre est mon métier. Pour l’heure, après avoir passé les fêtes en escale technique, la flottille est de nouveau partie en mission. L’Amirauté avait baptisé cette opération du nom de «  Patof »
Un nom qui avait grandement amusé l’équipage lors de mon annonce.
La mer est formée, et de de temps en temps notre bâtiment « pique dans la plume ».
Ce pourrait n’être qu’un effet esthétique, mais, pour les matelots de quart, c’est synonyme de longues heures à faire sauter la couche de glace qui se forme sur la structure des navires lors de ces températures polaires.
Je viens de gagner la passerelle.
Les officier me rendent compte de la situation actuelle : position, vitesse, veille radar et sonar ainsi que les derniers messages radio.
Un grésillement :
-          Commandant ?!...ici le Radar...Contacts multiple droit devant en rapprochement !
Je réponds :
-          Reçu radar, gardez un œil sur eux, j’arrive !
 
Quelques instants plus tard, après avoir revêtu mon uniforme non conformiste, je rejoins la passerelle.
Je jette un rapide coup d’œil sur la carte, et file rejoindre le local radar. En me penchant sur l’épaule de l’opérateur, je peux voir un nombre de point scintillants qui se rapprochent  de nous à chaque révolution de l’antenne perchée dans les superstructures du bâtiment.
-          Marchands ? Demande-je. Le matelot fait un signe négatif de la tête tout en peaufinant ses réglages
-          Non Commandant, on a fait a du lourd là…dit-il…au moins cinq croiseurs, et une escorte de destroyers…cap inchangé : ils viennent droit sur nous.
-          Aux postes de combat….dis-je.
L’alarme résonne dans le bord et le bâtiment semble pris d’une sorte de folie collective tandis que chacun rejoint son poste et se tient prêt à faire son devoir.
L’intercom’ me signale à la passerelle que tout le monde est paré, chaque canonnier ou mitrailleur se étant attentif à aux instructions du contrôle de tir.
Sur la passerelle de veille découverte, tous les binoculaires scrutent un secteur de l’horizon en espérant un contact visuel rapide.
Et puis…bientôt…
-          Navires repérés ! Gisement 260 !! …tous les regards se tournent vers ce point, et en effet, on peut apercevoir à l’horizon, les fumées des vaisseaux ennemis venant sur nous.
-          C’est parti…dis-je, en décrochant le micro de la diffusion générale…Votre attention, ici le Commandant !! …Feu à Volonté !! choisissez vos cibles !!!
J’ai à peine fini ma phrase que les premier obus viennent encadrer notre flotte, plus concrètement  notre vaisseau.
Les comptes rendus venant de tous les compartiments du bâtiment commencent à remonter jusqu’au poste centrale de navigation. Notre bâtiment tremble sous les coups de l’ennemi, mais, nous ne sommes pas du genre à subir trop longtemps.
Bientôt, nos pièces de 133 entament un duel avec un croiseur léger avec plus ou moins de précisions.
-          Un coup au but de plein fouet, droit sur sa ligne de flottaison dit le second, analysant un de nos tirs
-          C’est pas ce qui l’enverra au fond…dis-je, tandis que l’ennemi vient à son tour de mettre un coup au but.
-          Commandant ?!...le contrôle de tir a été endommagé, mais les gars font le nécessaire pour qu’il soit en état au plus vite !
-          Miorbhaileach (*)…lance-je, amer…il ne manquait plus que ça !!
Il fait nous falloir du sang froid, de l’audace, de la réactivité, mais plus que tout : DE LA CHANCE !!
Je fais une rapide analyse de la situation, avant de décrocher l’interphone.
-          A tous ! Ici le Commandant !....on met le paquet sur la manœuvrabilité le temps que le contrôle de tir soit réparé : Tirs de défense uniquement !!.....Plage arrière ?!...je veux un écran de fumé digne de ce nom et maintenant !!...je veux éviter les coups avant que l’on soit en état de riposter.
Les choses se mettent en place, et rapidement, nous somme noyés dans un nuage opaque tandis que j’ordonne une route en virages serrés afin de gêner les tirs adverses. Je mise sur le sang-froid, la réactivité, et la chance.
Cela est payant : Bientôt le contrôle de tir m’informe qu’il est de nouveau en état. Je fais cesser l’écran de fumée, et les tirs reprennent de par te d’autres.
Mais cette fois-ci, la chance est de notre côté.
Les Bâtiments ennemis, un à un, font demi-tour et cessent le combat
-          On les suit ? demande le Second.
-          Non…ce serait gaspiller du mazout pour rien : ils sont trop près de leur port.
Le Navire atelier aura du boulot, même si, à bord, tout l’équipage s’échine à remettre en état avec les moyens du bord le HMS Braveheart. Mais il faut croire que Paris ne s’est fait en une messe…
-          Commandant ?!...Voie d’eau dans la salle des moteurs…je blêmis…les pompes d’épuisements sont en action et ça devrait tenir tant qu’on ne prend pas un autre coup de ce genre !!
-          Reçu !...je regarde le Second…la passerelle est à toi : je vais voir sur place de quoi il en retourne !
 
En bas, c’est l’enfer : Du moins c’est l’impression que j’ai.
Les hommes ici, ne voient pas ce qu’il se passe à l’extérieur. Ils luttent contre eux-mêmes…voir contre la machine elle-même.
Et c’est le cas lorsque j’entre dans le compartiment. Je me dirige vers le chef ingénieur : il est en train de donner je ne sais quelles consignes à une des matelots de son équipe. Celui-ci opine du chef, me salut rapidement lorsqu'il m’aperçoit avant de vaquer à sa tâche.
-          Alors chef ?!...on en est où ? demande-je au chef mécano
-          Ça tiendra Commandantdit-il…mais ‘faut pas qu’on prenne un pruneau de plus : je ne garantis pas l’efficacité des pompes après !
Je lui tapote l’épaule presque paternellement en lui disant que tout ira bien.
A peine ais-je fini ma phrase que le « Braveheart » est de nouveau secoué par des coups qui font mouches, heureusement pas dans le compartiment où je me tiens.
-          On en prend plein la tronche !! on va tous finir au fond !!!...Hurle un des matelots tentant de m’attraper par le col.
Un direct du gauche de chef mécano l’en empêche.
Tandis qu’il se relève, la bouche en sang, je dis :-
-           Du calme les gars….Personne ne va finir au fond. Mon regard se pose sur eux, comme une demande de confiance…je compte sur vous tous, et on s’en sortira : Gagnez la bataille de l’eau, je me charge de la bataille du feu !!
 
Ma pour l’heure n’est pas ici.
Si suis responsable de l’intégrité du bâtiment, je ne suis pas responsable des postes : Pour ça, j’ai des officiers subalternes à qui je délègue.
En arrivant au PCNO, peu de temps après, la bataille bat son plein. Nous ripostons autant que nous pouvons, mais, malgré nos 133, c’est comme si nous tirions au lance-pierre contre les murailles d’une forteresse malgré quelques coups au but.
-          Commandant ?!...C’est l’officier d’armement qui m’appelle…nous chargeons nos derniers « pruneaux ».
-          Reçu…Dis-je, retenant un « déjà ? ». Je croise mon regard avec celui du Second. Je lui dis :...ça va être dur !
-          Autant qu’on se replie…filons à l’anglaise !
-          Tu dis ça a Ecossais !...mais il a raison…Radio : Envoyez a l’amirauté : «Sommes à cours de munition-stop- Nombreux dégâts en salle des moteurs- stop- Luttons contre voie d’eau –stop- faisons route au nord pour réparation –stop- »
 
Il me faut une décision, la survie du navire en dépend.
Je donne l’ordre à la Timonerie de prendre un cap qui nous fera quitter la mêlée au plus vite, tandis nos canons de tous calibres, au besoin, couvrirons notre retraite.
Avec l’aide d’un écran de fumée digne de ce nom et les tirs de la flotte, nous arrivons à quitter la zone de combat sans nous faire prendre à parti par l’adversaire.
Peu de temps après, la flotte reçoit un ordre de repli afin de panser ses blessures : Au pire, nous avons pris quelques heures d’avances sur eux.
Nous retrouvons un semblant de calme, que je sais plus que précaire.
La guerre continue…ici, ou ailleurs.
 

Traduction du Gaélique d’Ecosse.
(*) Super
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le Dim 15 Mar 2020, 12:00
En mer, au nord de l’Europe, un mois plus tard…
 
Je suis tiré de mon sommeil par des cris de liesse qui semble monter des entrailles du bâtiment.
J’enfile rapidement mon battle-dress et coiffe ma casquette en sortant de ma cabine.
J’ai l’impression que le navire est devenu fou…aurais-je raté l’annonce de la fin de la guerre ?
Les hommes se jettent dans les bras, se donnent de vigoureuses tapes dans le dos.
Je dois tirer les choses au clair.
 
Je me dirige vers la passerelle, et à ma grande surprise, ce n’est plus l’endroit calme et posé, même dans la tension la plus extrême que je connais, que je retrouve.
Le Second vient à moi, agitant une feuille de papier qui, visiblement est déjà passée de mains en mains. Lui aussi est tout sourire.
-          Message de l’Amirauté Commandant !!
Je prends la feuille et la lis attentivement.
-          C’est écrit là Commandant !! On rentre au Pays !!
Je me pince l’arête du nez en soupirant et entraîne le second dans un coin à part. Si lui aussi cède à l’euphorie générale, le navire sera dans une sacrée béchamel.
-          Taigh-sièusaschd (*) Second…dis-jene donne pas de faux espoirs à l’équipage
-          Mais ? ..., il me colle la feuille sous le nezregardes !!
J’écarte la note, et tente de le raisonner :
-          On regagne les eaux territorialesdis-jeau mieux on aura une escale. Mais ce n’est pas ce que j’appelle moi, un retour au paysmon regard se porte sur l’horizonon ne rentrera au pays une fois la guerre terminée…quand on aura fini le boulot ! Et pas avant…
-          Tu me fais penser au capitaine Achab…dit-ilcette guerre va finir par te rendre fou.
-          Tsss ! …je laisse échapper un rireavec Adolph dans le rôle de la baleine blancheje tourne mon regard vers luije tiens juste à préserver le moral de l’équipage.
-          Ton équipage là, il tend un index vers le PCNOton équipage espère rentrer au pays : Ne lui casse pas son rêve…ou tu le perdras. Je hausse les épaules.
Je fais quelques pas vers la table des cartes, et fais un rapide point sur notre position.
Je repose le compas à pointe sèche après avoir calculer une estimation de la distance qui nous sépare du point de passage à la vitesse où nous allons.
-          Le problème n’est pas là Seconddis-je, …approches. Je pose mon doigt et suit la route tracée au crayon par l’officier de navigation sur la cartePour rentrer au pays, il va falloir passer par ici tu vois ?je marque un temps, et lève mon regard sur lui… nos « exploits » dans cette partie de l’océan ne sont surement pas passés inaperçus pour l’Etat Major Allemand : ils seront sur le pied de guerreje tapote un point précis de la carteet ici, ‘va falloir qu’on se fasse discret…vraiment, vraiment, vraiment, discret, et passer un champ mine.
-          Hum…J’avais oublié ce détail, dit-il.
-          Et ce n’est que la première partie du voyagedis-je en soupirantdonc le Pays et encore loin, même si, en effet, on en prend la direction. Que les hommes ne se relâchent pas…pas encore du moins. Nous passerons à la nuit.
-          Yes Sir ! répond-il.
-          Foirfe (**) dis-jeon passera en alerte à 5 nautiques du port ennemi, … d’ici là, que tout le monde reprenne ses esprits.
 
 
Plus tard, toujours en mer…
 
Le calme était revenu à bord.
Sifflement et grésillement dans le haut-parleur, puis une voix nasillarde : « Commandant ? ici Passerelle…on approche du point sensible. »
Je saisi le bouton de communication :
-          Ici le Commandantdis-jej’arrive : réduisez la vitesse à 7 nœuds, les moteurs en avant lente !
-          A vos ordres Commandant !
Je revêts mon battle-dress de la R.A.F par-dessus mon pull-over et coiffe ma casquette d’officier en sortant de ma cabine.
Je monte jusqu’au PCNO, et fait un rapide point avec les officiers de quart en passerelle.
Aucuns navires ennemis en vue, malgré la proximité d’un port, c’est déjà une bonne chose. Par contre la mauvaise nouvelle est que le ciel est clair en ce début de nuit.
-          Les feux de navigations sont éteints ?
-          Commandant…tu nous prends pour des débutants ? répond le Second, un peu amusé.
-          Non, …je m’assure d’avoir toutes les chances de notre côté, c’est tout.
Bon, on va pouvoir y aller.
Je refais un tour d’horizon à la jumelle pour m’assurer que la route est dégagée et annonce d’une voix calme :
-          Cap au nord, … les moteurs en avant 2/3. L’ordre est répété à la timonerie.
Nous nous engageons dans le champ de mine, sur les flancs du bâtiment, des hommes veillent à la présence d’une mine flottante venant flirter d’un peu trop près avec notre coque.
 
La tension est palpable à bord, mais je dois avouer que l’ensemble de l’équipage fait son job. Je note encore non sans satisfaction, que c’est dans ces instants que la discipline et l’entrainement paient.
A la jumelle, je peux voir que les cotes se rapprochent…
Nous franchissons, profitant d’un épisode nuageux masquant la lune.
J’ai imposé le silence à bord ; Sur l’eau, le moindre son peu porter loin, et si près des côtes, je ne tiens à ce qu’une sentinelle ou une patrouille ennemie nous remarque. Un croiseur, même léger, est déjà bien assez remarquable pour un œil attentif.
Les rivages noirs garnis de sapins s’éloignent de nous a leur tour.
-          Nous sommes sortis du champ de mine Commandant…dit l’officier navigateur.
J’opine du chef : voilà une bonne chose de faite.
-          Monter a 17 Nœud, et cap au large...maintenir les consignes de veille et de furtivité jusqu’à la haute mer. On rejoint le point de rassemblement.
 
Sur la passerelle de veille, je peux voir, au loin derrière nous les silhouettes des autres navires de la flotte qui tentent de forcer le passage, en douceur.
La route pour retrouver les brumes d’Ecosse est encore longue.
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse
(*) Bordel !
(**) Parfait
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le Sam 28 Mar 2020, 19:08
Et le rêve devint réalité….
 
Je ne pensais pas ressentir une telle émotion, en engageant le « Braveheart » dans le chenal menant à la rade, et pourtant…
 
Tout l’équipage ou presque est sur le pont saluant de la main, agitant leur calots, poussant des « hourras » en guise de salut à chaque embarcation croisée, qu’elle soit petite ou grosse.
Nous nous dirigeons vers le quai qui nous est destiné. Par chance, notre bâtiment n’a pas souffert durant cette campagne,  et un simple réapprovisionnement est prévu. Les matelots le savent, et attendent avec impatience une permission à terre.
Deux remorqueurs aux moteurs asthmatiques nous aident à nous mettre à quai tandis que je surveille la manœuvre depuis la passerelle.
Les amarres sont lancées depuis le bord, et bientôt le bâtiment est étrangement immobile.
Je me tourne vers l’officier de quart :
-          Les machines stop…faire prendre les dispositions de veilles…j’ajoute, …faites sortir les échelles de coupée. Second ? appel aux permissionnaires.
De retour dans ma cabine, je m’empare du journal de bord et inscris quelques mots qui clôturent cette campagne : « 24 Mars 194X – Navire à quai – Dispositions de veille prises »
Ensuite, je fais rapidement mon sac, et me dirige a mon tour vers la terre ferme, en rejoignant l’échelle de coupée. Je salue le planton de faction avant de quitter le bord et rejoint la voiture qui m’attend sur le quai.
 
Je m’engouffre et le véhicule démarre, parcourant l’arsenal jusqu’au poste de contrôle.
Un MP vérifie mes papiers, avant de regagner sa guérite pour téléphoner à l’état-major de la flotte.
Il revient vers moi, me rend mes papiers en disant :
-          Tout est en ordre Commandant…mais vous ne devez nous donner une adresse ou vous joindre au cas où…
J’opine du chef et donne l’adresse des parents de Dorothy qu’il note scrupuleusement et la voiture quitte la base.
En traversant les rues de la ville je regarde les gens. Ils vivent presque normalement comme si l guerre ne les touchait pas…ou si peu.
Nous arrivons devant un cottage, ma voiture ralentie et s’arrête. Je refuse poliment l’aide de mon chauffer du moment pour porter mes bagages et jetant mon sac de mer sur mon épaule, je m’avance dans la petite allée de gravier menant au perron.
Je n’ai pas prévenu de mon arrivée…je ne le fait jamais, cela évite les mauvaises surprises.
J’hésite un instant avant de frapper, lève la main, et mon poing se serre avant de venir cogner à la porte.
Bruits de pas venus de l’intérieur, la serrure qui joue et la porte s’ouvre.
Une femme d’une cinquantaine d’années reste sans voix, tétanisée par la surprise et porte ses mains devant sa bouche retenant un cri.
-          Qui est-ce ? demande un homme en s’approchant.
-          Par St Georges !! Angus ?! dit la vieille femme
-          Angus !! Dorothy les bouscule en passant et vient se jeter dans mes bras.
Je respire son parfum, m’en imprègne longuement la serrant aussi fort que je peux. Ses parents m’invitent à entrer et à partager leur dîner.
Aux diverses questions qu’ils me posent, je réponds, parfois laconiquement parfois avec forces détails suivant les réponses.
-          Tu es là pour longtemps ?  Demande Dorothy
Tous les regards se tournent vers moi, tandis qu’un silence gênant plane dans la pièce.
Je pose mes couverts, et hoche négativement la tête avant de répondre.
-          La flotte est en alerte dis-je…l’Amirauté va nous donner une mission sous peu. Je dois avoir un deux jours devant moi au mieux.
-          Si peu…dit Dorothy…à croire que la Navy n’a que ta flotte à opposer aux Allemands.
Elle à tort, elle le sait, mais elle laisse parler son cœur.
Le repas fini, ses parents prennent le prétexte d’une sortie nocturne pour nous laisser seul. Ce sont de braves gens…
 
A l’aube, le lendemain…
 
C’est le bruit d’une voiture qui freine devant la maison qui me tire de mon sommeil.
Je dégage le bras de mon aimée qui me barre la poitrine, et sort discrètement du lit pour me diriger vers la fenêtre. J’écarte les rideaux et je vois.
Dehors, je vois le père de Dorothy discuter avec un officier de marine accompagné d’un matelot. J’ai compris…
Le rêve aura été de courte durée.
Je m’habille en vitesse et récupère mes affaires éparpillées dans la chambre. Je me penche, et dépose un baiser sur la tempe de la brune endormie. Elle dort profondément, ou du moins semble-t-elle.
En ouvrant la porte de la chambre je tombe nez à nez avec le père de Dorothy. Il venait me reveiller.
Nous descendons jusqu’au perron, il m’accompagne jusqu’à la voiture.
Avant de monter je regarde une dernière fois la fenêtre du premier étage et me tourne vers le vieil homme.
-          Vous lui expliquerez….
Il sourit le regard triste et répond :
-          Elle sait…prenez soins de vous. Je le remercie d’un signe de tête.
 
La voiture démarre, nous prenons la route de la base.
Dans le rétroviseur, un monde de paix s’éloigne…
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le Dim 05 Avr 2020, 22:03
Mer du Nord, quelques jours plus tard…
 
La mer à cette époque de l’année n’est jamais spécialement bonne.
Notre croiseur fend des flots agités, des vagues courtes, qui le secoue comme un fétu de paille, mais il tient bon. Toute la flotte se dirige vers notre zone de patrouille.
Je n’ai toujours pas digéré ce départ en catastrophe, mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur.
Et puis, comme on dit : « La guerre a ses raisons que la raison ignore ».
Aujourd’hui, c’était l’anniversaire d’un des officiers du bord, et le cuisinier a fait un pudding pour l’occasion. Nous tentons malgré les événements, de garder un semblant de vie normale.
 
En passerelle, la vie aussi continue. Mais une vie plus…opérationnelle.
Penché sur la table des cartes, avec l’officier navigateur, je fais le point sur notre position. Nous approchons d’un secteur que l’on peut qualifier de « sensible », il va falloir redoubler de prudence.
Nous sommes rejoints par le Second. Lui aussi soupçonne une mauvaise surprise dans le secteur vers lequel nous nous dirigeons. Je lève un sourcil amusé le regardant, et répond :
-          On appelle ça « la rançon de la gloire », Second. L’Amirauté s’attend tout au plus a quelques incartades de Schnellboots, voir quelques destroyers.
-          Soyons sérieux Commandant ! tonne le Second, …si ce secteur est vital pour nous, il l’est tout autant pour les allemands !! Ils ont oublié de parler des croiseurs et des U-boots !!
J’opine du chef : il a raison.
-          On s’adaptera …dis-je. On va intensifier la veille surface et sous-marine. Je ne tiens pas à ce qu’on se fasse prendre de cours.
Ça semble évident, mais c’est toujours bon de le rappeler.
C’est le moment que choisi l’opérateur radar pour balancer une alerte. Je me dirige vers son local, alors qu’il annonce dans l’interphone :
-          Alerte radar !! Contacts multiples dans notre Sud/Est, en approche rapide ! …classés hostiles !
-          Aux postes de combats dis-je
La sirène retentie dans le bord tandis que les hommes se ruent dans les coursives pour rejoindre leurs postes. Quelques minutes après, les premiers comptes-rendus me reviennent.
Autour de nous, je vois les autres bâtiments relayer en scope le même état de préparations : Au moins ils seront bien reçus.
 
Il se passent de longues minutes pour ne pas dire de longues heures avant que les vigies signalent le premier bâtiment ennemi repéré.
-          Escadre ennemie en visuel, gisement : 340 ! Toutes les jumelles se tournent vers ce point.
Effectivement, « ils » sont là. On distingue les fumées de leurs premières salves avant que les gerbes d’eau se créent autour de nous. Nous recevons un coup au but qui secoue le navire : On vient d’être touché de plein fouet.
Rien de méchant pourtant : Aucun organe vital touché, …il nous maintenant répondre.
-          Contrôle de tir ? ! feu à volonté ! dis-je.
Soudain, autour de nous les enfers se déchainent. Nous répondons coups pour coups et envoyons par le fond un des destroyers adverses un peu trop téméraires.
Victoire saluée par les « hourras » de l’équipage.
Les autres bâtiments de la flotte font aussi leur moisson de victoire, obligeant l’ennemi à se replier.
 
Tandis que la joie de cette victoire gagne le bord, c’est étrange, il y a toujours un pessimiste pour remettre l’église au centre du village comme dit.
Ce pessimiste, c’est moi :
-          Suaimhneas ! (*) …dis-je. On doit aussi se méfier des Subs’…
Les sous-marins, cette arme redoutable que nous sommes sensés combattre avec notre vénérable croiseur. Je demande aux veilleurs
 
Ces fourbes créatures d’acier hantent surement la zone, et je ne tiens pas à ce que l’on soit leur prochaine cible de prédilection…ni nous, ni le reste de la flotte…
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse :
(*) Prudence
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le Lun 20 Avr 2020, 12:10
Et ça continue encore et encore, c’est que le début …d’accord, …d’accord (*)
 
On appelle ça : se faire prendre par surprise…
Au moment où les sirènes d’alarmes sonnent dans le bord, les premiers obus, et pas du petit calibre, viennent nous encadrer.
Nous étions pourtant aux postes de combat. Les vigies auraient dû voir venir les sinistres silhouettes des navires ennemis, il en va de même des opérateurs radars !
Je me rue en passerelle, et demande au Second :
-          Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?! portant mes jumelles à mes yeux…Ils sortent d’où ?!!
-          Je … le déchirement de l’air d’un obus de gros calibre se faisant entendre, nous nous baissons…ils nous sont tombés dessus par surprise Commandant !
-          Sans blague…dis-je, amer. Stuama ? (**)
J’en connais quelques-uns qui vont devoir m’expliquer deux ou trois choses dés que ce merdier sera fini, ou dés notre prochain passage à terre.
Pour l’heure, il faut faire face.
 
La bataille fait rage, nous répondons pour ainsi dire coups pour coups à nos adversaires du moment, mais la situation devient de plus en plus préoccupante au fil des heures.
Nous avons plusieurs dégâts qui n’arrangent pas les choses.
Mais le pire reste à venir…ce qu’il ne tarde pas à faire.
Tandis qu’en passerelle, tous les postes tiennent bon, un rapport venant de la salle des machines, me glace le sang sort du haut-parleur au PCNO :
-          Alerte !! voix d’eau en salle des machines !!
Ce à quoi une autre ajoute :
-          Incendie en plage arrière ! Mortiers ASM menacés !!
Bordel ! il ne manquait plus que ça ! D’une voix qui n’appelle pas de réponses, j’ordonne aux équipes de sécurité de tout mettre en œuvre pour combattre au plus vite les incendies du bord.
Je ne tiens pas à ce que notre bateau finisse comme le Bismarck, …ou même le Hood.
Autour de nous, les obus continuent de pleuvoir, soulevant des gerbes d’eau immenses.
Peut-être que la bataille la plus importante qui est en train de se passer n’est pas celle que l’on croit.
Il règne une agitation sans nom à bord : coups de canons, cris, impacts et sirènes d’alarmes occupent l’espace.
Le Second vient à moi, l’arcade ouverte :
-          Commandant ! ...’faut qu’on se replie ! on va finir au fond sinon !
-          Un coup à finir en cour martiale !!...on tient bon !!
-          Jusqu’à quand ?
Je ne sais pas…je ne sais plus….
J’ai besoin de temps…j’aurais besoin de temps…et ce temps, je ne l’ai pas ! Je dois me faire à l’idée…
Ce sera ça, ou le naufrage !
Le Second d’un ton suppliant me souffle :
-          Commandant….
Je me dirige vers la table des cartes. Ici sont recensées dernières positions de notre flottille. J’hésite entre un retour au port, et faire appel au navire atelier pour tenter de mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Un dernier impact secouant notre navire achève de me convaincre.
-          Signalez à l’Amiral : « Sommes gravement touchés -stop- Voie d’eau en salle des machines -stop- Nous replions pour réparer -Terminé- » …au timonier : …Tires-nous de là Fiston !!
Nous faisons demi-tour pour tenter d’échapper à la mêlée et à un sort des plus funestes. Heureusement, les incendies nous procurent un rideau de fumée nous dérobant aux regards adverses.
 
Mais encore faut-il que le navire tienne jusqu’au point de repli.
Les incendies sur la plage arrière sont du moins maitrisées s’ils ne sont pas éteints. Le souci principal vient de la voie d’eau.
Laissant le Second en passerelle, je parcours les entrailles du navire et rejoints la salle des machines.
Ici, c’est presque pire qu’en surface : La salle baigne dans un nuage de vapeur donnant un aspect surréalise à l’endroit.
Je m’approche du chef mécanicien :
-          Alors ? demandes-je. Il m’entraine un peu à l’écart, où il y a un peu moins de bruits et me fait un rapport succinct
-          On tourne sur trois machines au lieu de quatre…je peux vous garantir 22 nœuds mais pas plus Commandant !
-          Ça devrait aller dis-je…, et la voie d’eau ?
-          Difficile de colmater Commandant mais les gars sont dessus ! ... s les pompes tiennent bon : ça ira. Je lui tape sur l’épaule en signe d’encouragement.
-          Bravo Floyd ! ...tenez moi au courant !
 
Je remonte en passerelle.
Le calme semble revenir petit a petit. Déjà, les tirs ennemis se font plus rares, jusqu’à disparaitre.
Le Second me fait un rapide point de la situation des incendies et nous nous penchons sur la table des cartes. Consultant les dernières positions connues des navires de la flotte, je cherche comment réparer au minimum notre rafiot.
-          Ce port…dit le Second, posant un doigt sur la carte.
Je réponds négativement de la tête :
-          Trop loin….
Nous optons finalement pour une manœuvre de réparation en mer, auprès du navire atelier de flotte. Je demande au radio de le prévenir de notre arrivée, un navire de la flotte nous couvrira.
Bientôt, le « Braveheart » pourra reprendre le combat, et finir ce qui a été commencé.
 
 
 
 
Traduction du Gaélique d’Ecosse et divers :
(*) tiré de la chanson de Francis Cabrel
(**) Sérieux ?
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le Dim 26 Avr 2020, 19:47
Mer du Nord, Avril 194X…
 
Trois coups de sirène viennent de retentir. Ils saluent le navire atelier qui vient de rafistoler notre bâtiment du mieux qu’il peut. Nous avons même eu droit à du ravitaillement en munition, et vivres par la même occasion. Légumes et fruits frais seront particulièrement appréciés par les matelots dans les prochains jours. Pour l’heure, nous devons reprendre le combat.
Les hommes de deux équipages se font de grand signe de la main tandis que les deux bâtiments s’éloignent pour faciliter leur manœuvre respective dans une mer des plus agitées.
Accoudé au bastingage de la passerelle d’observation je regarde notre allié s’éloigné de nous, pensif, tandis que nous reprenons la direction de la zone de combat.
-          Commandant ?!...nous avons repris le cap initial et faisons route vers le reste de la flotte.
-          Très bien Second…dis-je…qu’on soit particulièrement attentif sur la veille radar.
-          Yes Sir !
 
Nous voguons, solitaire pour l’instant, fendant les flots à la rencontre du reste de la flotte.
Je prie mentalement pour qu’une bonne partie d’entre elle n’ait pas été envoyé par le fond durant le ravitaillement. Il est vrai qu’a notre repli, la bataille faisait rage.
L’officier de quart vient m’apporter les derniers messages reçus lors de la dernière vacation.
Je les parcours d’un œil concentré, et demande, concernant le dernier :
-          C’est confirmé ? dis-je, tapotant de l’index sur la planchette
-          Affirmatif Commandant !...
-          Merci, …rompez !
Je fais passer les messages au Second.
Celui-ci les parcourt et, sifflant, lève un sourcil me regardant.
-          Ça promet …dit-il.
Je redresse ma casquette sur le haut de crâne, me tourne vers lui et m’adosse au bastingage de la passerelle. Je le regarde un instant.
-          Second, l’Amirauté nous emmène au bal…dis-je … a nous de savoir danser.
Je ne suis pas sûre que l’on fasse un jour un ballet au Royal Albert Hall, mais l’expression me plaisait sur l’instant. Nous devisons de choses et d’autres, un peu plus légère avant de reprendre le cours de la guerre. Je propose que nous retournions en passerelle : il nous faut faire un point.
Nous parcourons les coursives, échangeant quelques mots réconfortant avec les matelots que nous croisons : Certains nous montre une photo jaunie d’un parent ou d’une fiancée, d’autres nous demandent quand est-ce qu’on va recroiser les allemands. Inquiétude ou vrai désir d’en découdre ? je n’en sais rien.
-          Commandant sur la passerelle ! dit l’officier de quart lorsque nous arrivons.
-          Repos …dis-je…Les officiers au rapport… nous nous dirigeons vers la table des cartes… Alors Messieurs ? ou en est-on ?
Le premier à prendre la parole, est l’officier de navigation. De son coté, rien à signaler, le bâtiment navigue bien suivant le cap donné à bonne allure. L’officier météo précise que nous sommes dans une zone de haute pression et que le temps sera normalement calme pour les deux jours à suivre.
L’officier mécanicien lui, nous informe que nous consommons un peu plus de mazout que la normal mais rien d’alarmant.
J’opine du chef, et interroge du regard l’officier d’armement :
-          Nous avons fait le plein de munition lors du ravitaillement Commandant. Les armes ont été vérifiées, chargées et sont prêtes au combat.
Nouveau hochement de tête de ma part :
-          Foirfe ! (*) …je regarde le dernier officier présent…Détection ?
-          Nous approchons du point de regroupement de la flotte Commandantil pointe un doigt sur la carte…les allemands basés ici…ici …et ici devraient montrer le bout de leur nez : le tout étant de ne pas se faire surprendre.
-          Comme la dernière fois, ouais…. Dis-je, pensif.
Bref, si je les écoute, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Je prends donc à mon tour la parole, et leur fait part des derniers ordres de l’Amirauté que nous venons de recevoir. Certains restent de marbre, d’autres ont la même réaction que le Second tout à l’heure. S’en suit une discussion plus ou moins animée qu’il me faut trancher :
-          Messieurs !  Dis-je, tapant du plat de la main sur la table des cartes…un peu de calme ! ...surtout devant les hommes ! ...je les regarde, un à un… je vous rappelle juste que nous ne sommes pas à la chambre des Lords : Personnes nous demande de débattre les ordres, mais juste de les exécuter ! ...un silence s’installe. Avec un sourire j’ajoute…mais on peut les commenter. Légers rire dans l’assemblée … il n’est reste pas moins que nous avons un boulot à faire ; et nous le ferons !
-          Yes Sir !! répondent-ils en chœur.
 
Bien !
La chose est entendue. Je m’approche de l’homme de barre et, tenant compte des derniers ordres reçus lui donne les paramètres de notre nouvelle direction :
-          A droite toute Matelot ! ...cap au 220 !!...dans le cornet donnant en salle des machines…Machines ? ici le Commandant…montez à 25 Nœuds !
-          Reçu Commandant : Montez à 25 Nœuds !
La machine est lancée. Je vais en passerelle d’observation. Le Second vient me rejoindre et s’accoude au bastingage à coté de moi. Les yeux posés sur l’horizon il dit, presque fataliste :
-          Alea jacta est (**). J’opine du chef
Nous filons vers notre destin…
 
 
Traduction du gaélique écossais et traductions diverses :
(*) Parfait
(**) Le sort en est jeté
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le Sam 11 Juil 2020, 20:50
Siège de l’Amirauté Britannique, Juillet 194X….
 
Le Contre-Amiral Edward Defoe venait d’entrer dans son bureau lambrissé d’acajou.
Comme tous les matins, son secrétaire particulier lui porta une tasse de thé fumant et les derniers compte rendu des différents secteurs d’opérations.
Il versa un nuage de lait, dans le breuvage, et posa la tasse avant de quitter la pièce refermant derrière lui la lourde porte capitonnée de cuir.
Edward fit tomber une cuillère de sucre dans sa tasse qu’il tourna d’une main parcourant du regard les différents rapports reçus.
Il but une gorgée, et manqua de s’étouffer en lisant l’un d’eux avant de jurer :
-          Nom de D… !! Qui m’a foutu un crétin pareil !!...il hurla pour appeler son aide de campsHAROLD !!!!!
 
Ce qui venait de mettre dans tous ses états le Contre-Amiral c’était in rapport concernant les opérations en méditerranée. Le siège de Malte battait son plein, il avait envoyé là-bas une bonne partie de ses navires pour tenter de maintenir ce verrou de la méditerranée en place malgré les coups de butoir des forces de l’Axe.
Or, dans cette zone, un élément venait de perdre deux navires en moins d’une semaine.
Lorsque le secrétaire entra, le Contre-Amiral lui tendit le rapport le lui collant presque sur le visage :
-          Je veux ce …ceil relit le nomAngus Mc Leod :  Ce foutu Ecossais a réussi l’exploit de se faire couler deux fois en moins d’une semaine !! …il tente un record ou quoi ?
-          Le Costal Command à signalé qu’il sera à Alger sous peu Sir.
Edward Defoe se rua sur son téléphone, demanda qu’on lui passe Alger, et plus particulière le Colonel Henry-Côme du kyste du Pylore des F.A.F.L (*)
-          Henry ?!...Edward à l’appareil ! …il grimace et fait un geste d’impatienceoui, oui, je vais bien…Henry…un de mes gars va débarquer avec son équipage ou ce qu’il en reste chez vous d’ici peu…il fait un signe négatif de la têteNon, je veux que vous les receviez en grandes pompes…hein ? ? Non pas de fanfares non plus !!! ce type vient d’envoyer par le fond deux navires…quoi ?  Non pas des allemands !! LES SIENS !!...il hausse les épaulesNon, ce n’est pas un héros de guerre Henry. Vous me le collez dans le premier zinc direction l’Angleterre sans ménagement avec sa bande zouaves !!...Comment ? ...Oui je saluerais sa majesté de votre part ! Merci Henry !!...Il raccroche. Apportez-moi le dossier et les états de service de ce cinglé d’Ecossais Harold.
-          Yes Sir…
Furieux, il allume un havane qu’il tir de la poche de sa vareuse.
Comment peut réaliser une telle ânerie en temps de guerre ?
 
Quelques minutes plus tard, Edward est assis dans un fauteuil club et parcours d’un œil intéressé les pages dactylographiées. Il ne remarqua même pas que son aide de camp venait d’entrer, sans frapper, dans le bureau.
Poliment, l’aide de camp toussota en s’asseyant dans le fauteuil en face.
Le Contre-Amiral le regarda, et lui tendit le dossier en disant :
-          Ce type là…il aurait dû passer en cour martiale depuis belle-lurette !!...il énonce…insubordination…il prend son équipage pour des copains de chambrée…port illégal d’uniforme : Une vareuse de la R.A. F…et la cerise sur le gâteau : Un Dido et un Destroyer au fond en moins d’une semaine ! ...il souffle un nuage de fumée…on frise le sabotage!!
-          Hmmm…dit l’autre…il a de bons états de services en mer, et de belles victoires…Edward, la discipline en mer n’est pas la même que dans les bureaux de l’état-major : On n’a pas les moyens de perdre un homme de sa trempe…
-          Pas plus que les moyens de perdre des navires bêtement…il le regarde…ton avis ?
-          Gardons le…dit l’aide de camps…on manque de capitaines et il a de l’expérience.
-          Nom de D… ! John !!...ce type a lui seul nous fait plus de mal que la Kriegsmarine !!...il écoute néanmoins son avis, se trouve pris sous les arguments de son aide de camp et s’avoue vaincu. Il soupire, soufflant un nouveau nuage de fumée...d’accord on le gardeil fronce les sourcils et pointe du doigt le dossier…mais s’il recommence ces idioties, je lui arrache moi-même la peau des cou…es avec mon coupe papier pour en faire une cornemuse !!...’foutus Ecossais !!
-          On verra…
 
A peine cette conversation était elle finie qu’un avion du Costal Command se posait près d’Alger.
Les hommes qui en descendaient, hirsutes, vêtus de vêtement civils ou militaires selon ce qu’on avait trouvé embarquaient dans un DC-3 en direction de l’Angleterre après un bref en-cas sur une base aérienne des F.A.F.L
 
 
Traduction et divers
(*) Force Aérienne Françaises Libres
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