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Emilio Campolli
Vent calme
Autre pseudo : Aucun
Nation au Front Atlantique : Italienne
Nation au Front Pacifique : Aucune
Nombre de messages : 2
Date d'inscription : 05/05/2014

Un peu chanceux

le Lun 09 Fév 2015, 15:12
Le navire voguait rapidement, chaque homme était à son poste, chaque marin savait exactement la tâche qui lui incombait. Le commandant Emilio Campolli était serein, calme et détendu. Il partit du pont arrière pour rejoindre la proue. Il ausculta la mer devant lui, elle était paisible. Rien ne pouvait arriver au grand pétrolier-ravitailleur de la flottille Médusa-Gorgona. Le capitaine remonta vers la cabine de commandement. Les hommes s'y mirent au garde-à-vous avant de reprendre leurs tâches. L'officier de quart était un bon élément, Emilio pensa qu'il vaudrait sûrement lui trouver un poste de second sur un autre navire. L'avancement fait toujours devenir les hommes meilleurs. Emilio alla voir les derniers messages radio. Le HEM mettait en garde les navires de l'Axe, un sous-marin se trouverait non loin de Palerme. C'était la destination d'Emilio et de ses hommes. Il râla:
"Cette nouvelle a-t-elle été vérifiée? De quand date-t-elle? A-t-on plus de précisions?"
"Négatif Capitaine. Elle est parvenue ce midi, le second en a pris connaissance. Un hydravion aurait aperçu une tâche sombre, mais rien n'a été aperçu depuis" expliqua le marin.

Emilio alla vérifier les niveaux des cales avec l'officier d'intendance et le chef mécanicien. Ils échangèrent sur la nécessité de vidanger la soute. Emilio acquiesça et promit que cela serait fait lors du passage à Palerme. L'escale sera plus longue. Il remonta à la timonerie et déclara à ses hommes qu'il allait dans son bureau. Il fit convoquer le second, Andrea.

Emilio descendit dans les profondeurs de son navire, jusqu'à son bureau. Il sortit le journal de bord et consigna les faits importants de la journée. Il lui faudrait bientôt aller manger, la nuit ne tarderait plus. Il rangea un peu son bureau en désordre. Aucun objet personnel n'encombrait ce meuble sans prétention. Un cadre était accroché non loin, le diplôme de sa promotion y trônait. Quelques coups toquèrent sur la porte, Emilio exclama un "entrez" sec. Andrea se présenta devant son capitaine, se mit au garde-à-vous et attendit:

"Repos Andrea." L'homme s'exécuta.
"Andrea, avez-vous lu cette dépêche?" Emilio posa négligemment la dépêche radio concernant le sous-marin sur le bureau.
"Oui Capitaine, environ 45 minutes après son arrivée. Le sous-marin ennemi aurait été repéré au sud-ouest de Palerme, nous y arriverons sur son nord-est. Rien d’inquiétant pour nous Monsieur."
"Je suis d'accord avec vos conclusions. Néanmoins, merci de me faire parvenir la dépêche la prochaine fois. Dites aux hommes de quitter le branle-bas-de-combat, ne laissez que les hommes de quart pour la nuit, nous ne risquons rien si près de Palerme. Par ailleurs, nous devrons vidanger le réservoir une fois à quai. Faites en sorte que cela se fasse rapidement."
"A vos ordres Monsieur. Mais, si je peux me permettre, je souhaite laisser des hommes supplémentaires pour la nuit Monsieur. Il ferra pleine lune et, si ce sous-marin existe, nous sommes une cible de choix."
"Négatif. Un aviateur incompétent signale une vague tâche sombre et nous devrions laisser les hommes sur les nerfs pendant 24 heures?! Ce sera tout Andrea."
"Monsieur, je me permets d'insister et de demander à ce que mes propos soient consignés dans le journal de bord." insista le second. Emilio s'emporta.
"Soit! Je le note dès que vous aurez déguerpi de mon bureau. Rompez!"

L'homme sortit et Emilio dut reprendre son carnet de bord pour y noter les remarques de son second. Celui-là l'énervait passablement. Il faudrait lui trouver un poste de second sur un autre navire. Emilio pourrait alors prendre l'officier de quart en tant que second... il essaya de se remémorer son prénom mais n'y parvint pas. Il n'avait décidément pas la mémoire des prénoms... Il remarqua l’horaire avancé de la journée et fila au mess des officiers. Il y croisa Andrea, en grande discussion avec deux autres officiers. Il rappela à son second qu’il serait de quart pour la nuit. Ce dernier n’osa pas se rebeller.
Emilio alla manger avec l’officier d’intendance. Ils discutèrent à nouveau de la soute du navire et de sa capacité d’emport. Il allait falloir gérer les stocks de besoin de deux flottilles, notamment en obus moyen. Emilio promit de regarder dans la matinée et de prévoir les stocks. Il faudra également l’avis de Guglielmo Carrozzina pour savoir si cela complète son stock de consommables embarquées. Le sujet fini, les deux hommes échangèrent sur la situation des armées au sol. Ils ne comprenaient pas ce qui les empêchait de gagner facilement sur la Grèce. Cette situation était une insulte pour le peuple italien. La discussion s'éternisa jusqu'au mess des officiers où ils burent un verre de vin blanc.
Emilio rentra dans sa cabine lorsque la nuit était déjà fort avancée. Il reprit son livre actuel, Vingt mille lieu sous les mers de Jules Vernes, et continua cette formidable aventure. Il avait enfin réussi à oublier son imbécile de second...
Lorsqu'une immense explosion secoua le navire!
Un temps, les éclairages cessèrent de fonctionner. Emilio sauta de son lit et passa rapidement son imper d'officier. Il sortit en courant de la cabine lorsque les lumières se remirent en marche. Il courut jusqu'à la timonerie, croisant des soldats qui bougeaient dans tous les sens, certains portant des seaux, d'autres étaient en pyjama. Emilio pénétra dans la timonerie en hurlant:

"Rapport d'avarie!!! Fermez les circuits de fuel!! Radio, envoyez un message de SOS-alerte à l'ensemble des forces italiennes proches de nous! Rapport d'avarie bordel! Où est Andréa? Où est mon second?"
"Mort sur le pont mon Capitaine! Nous avons une légère voie d'eau Monsieur, j'ai pris la liberté de ralentir le navire pour que les hommes puissent la colmater. Un incendie fait rage à l'arrière du navire et..."
"C'était une torpille?"
"Oui Capitaine."
"Alors plein gaz! Remettez moi les gaz avant que nous ne prenions une seconde torpille!"
L'officier remit les gaz. Emilio jouait son va-tout. Il fallait que cela soit tenté, il fallait qu'il évite la deuxième torpille.
"TORPILLE A BABORD!!" hurla la vigie.
"BARRE A TRIBORD TOUTE!"
Lentement, le navire incendié tenta de tourner. Trop lentement, les secondes passèrent et la torpille était beaucoup trop proche d'eux. Elle explosa dans l'arrière du navire, secouant à nouveau le navire.
"Moteur touché commandant, moteur touché!"
"Bordel de merde! Contrôlez moi cette incendie, colmatez moi cette foutue voie d'eau. Nous sommes foutus Messieurs, à moins d'un miracle, nous sommes foutus!"
"Capitaine, message radio urgent!"
Emilio arracha la dépêche des mains de son officier, c'était une bonne nouvelle: Umberto Caminetto avait reçu le message et avait mis ses hommes en branle-bas-de-combat. Son destroyer Mirabello serait là au petit matin. Il fallait tenir environ 7 heures.
"Umberto arrive Messieurs!"Décrochant son téléphone, il appela le chef mécanicien. "Alors ce moteur?"
"On y est presque Capitaine, l'explosion a fait tremblé la machine et un conduit d'arrivée de fuel est fêlé. On arrange ça, comptez 10 minutes."
"10? Nous n'avons pas 10 minutes. 5 minutes! Et je vous paye à vous et vos hommes une caisse de Chianti!"
"Nous la boierons avec joie Capitaine!" s'exclama l'officier en raccrochant.

Le temps passa quelques minutes, les hommes anxieux guettaient la torpille suivante, les pompiers avaient bloqué l'incendie dans une poche du navire mais ne parvenaient pas à l'éteindre. L'équipe qui luttait contre la voie d'eau avait gagné son combat. Ils attendaient également le choc suivant. Un rapport arriva, comptant 12 morts et 22 blessés. Le médecin et son équipe d'infirmiers ne chômaient pas non plus. Le moteur se remit à fonctionner au moment où la troisième torpille était annoncée. Cela faisait 32 minutes depuis que la première torpille avait secoué le ravitailleur. Emilio donna des ordres clairs pour tenter d'éviter cette torpille. Elle avait été vue suffisamment tôt pour être esquivée facilement. Le moteur fonctionnait à plein régime pour tenter d'emmener le navire le plus loin possible de cette embuscade. Guglielmo faisait également route vers lui pour colmater et réparer le navire. Emilio semblait confiant, surtout que le ciel semblait se couvrir légèrement. Il pourrait plus facilement se faufiler jusqu'à Palerme. Sauf que le sous-marin était devant lui quelque part...

Plusieurs heures passèrent, les hommes étaient exténués. Umberto approchait, Gulielmo également. Plusieurs avions italiens avaient survolé les environs mais la nuit et l'absence de la Lune les avaient mis en échec. Personne n'avait vu la quatrième torpille partir, personne ne l'avait vu approcher le navire, prête à mettre un terme aux ambitions de son Capitaine... Elle explosa sous la ligne de flottaison, à l'avant du bateau, déclenchant un gigantesque incendie qui illuminait la nuit. Le rapport d'avarie était pire que le précédent: voie d'eau, incendie. Emilio hésita à plusieurs reprises de donner l'ordre d'évacuation du navire pour sauver ses hommes. Les minutes passaient et les hommes menaient ce combat avec l'énergie du désespoir. Emilio s'accorda encore 15 minutes avant de donner l'ordre d'abandon du navire. Les pompes fonctionnaient à plein régime mais déjà le navire sombrait avec flegme dans la mer Méditerranée. L'officier lui annonça finalement une bonne nouvelle: la voie d'eau était colmatée. Les pompes allaient enlever l'excédent d'eau, Emilio ordonna au barreur de filer vers Palerme et le rassurant Mirabello qui arrivait à sa rescousse. L'incendie avait été bloqué sur l'avant du navire, il ne progressait plus mais il consommait tranquillement les 2000 tonnes de fuel du navire.

Plusieurs heures plus tard, Umberto et ses hommes arrivèrent et escortèrent Emilio. Le navire était dans un état déplorable. Lorsque Guglielmo arriva, Umberto partit à la chasse au sous-marin. Emilio serra dans ses bras son vieil ami. Les réparations permirent à Emilio de rentrer à Palerme pour terminer le rafistolage de son navire. Il apprit qu'à la fin de la journée, un sous-marin anglais avait été repéré et grenadé par Umberto au midi. Il fut terminé quelques heures plus tard par un officier de la Médusa.  



HRP:
Histoire vraie qui s'est déroulée fin janvier. J'ai fini avec 4 points de coque.
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